Des indépendants en mal de vie privée

Lancer son affaire : un pas que 82.571 Belges ont franchi en 2015, s’exposant des répercussions dont ils ignoraient peut-être l’importance. « Nous constatons que, pour les indépendants, il y a surtout un déséquilibre sur le plan privé » , constate en effet Fabienne Evrard, directrice d’Acerta, qui a sondé 2.000 indépendants sur le sujet. « Un tiers d’entre eux (31 %) se disent insatisfaits de ce qu’ils peuvent faire pour leur famille ou pour leur épanouissement personnel. Un cinquième (20 %) se dit insatisfait des réalisations sur le plan professionnel. »

Heureusement, l’enthousiasme du départ perdure quelques années. « Les personnes qui viennent de se lancer sont contentes d’avoir sauté le pas et débordent d’énergie pour développer leur business. Ensuite, pas moins de 46 % sont insatisfaits de leur équilibre vie professionnelle-vie privée entre six et dix années d’activité. »

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Six collaborateurs sinon rien

D’après ce sondage, le nombre de travailleurs en service joue un rôle déterminant dans la satisfaction. 35 % des indépendants opérant seuls déclarent que l’équilibre pourrait être meilleur, la situation s’aggravant… dès lors qu’ils engagent : 46 % des personnes ayant 1 ou 2 travailleurs en service ressentent une forme de mécontentement, 48 % des indépendants employant 3 à 5 travailleurs se disent insatisfaits de leur situation. « Au-delà de six collaborateurs, la qualité de vie s’améliore à nouveau. Plus le nombre de travailleurs est élevé, plus on délègue, et plus grandes sont les chances d’engager un collaborateur RH capable d’assister l’entrepreneur », estime Fabienne Evrard. La grande majorité des indépendants dénoncent le nombre d’heures de travail comme la cause du déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée : 87 % estiment prester trop d’heures (plus de 50 heures par semaine en moyenne), 74 % pensent encore que la part d’administration complémentaire à leur travail est trop élevée.

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D’autres causes d’insatisfaction sont les heures et situations imprévisibles auxquelles un indépendant doit faire face, la pression de la responsabilité, la situation financière ou le manque de soutien.

Du côté privé, les principaux facteurs d’influence sont la position dans la famille et le nombre d’enfants. Plus un indépendant a d’enfants, moins il est satisfait. Seulement 25 % des entrepreneurs sans enfant se disent insatisfaits alors que cette proportion passe à 34 % pour les parents d’un enfant ou deux et à 40 % pour les indépendants qui ont 3 à 4 enfants.

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