Des jeux d'évasion... pour souder une équipe

Publié : lundi 5 décembre 2016

Les sorties en entreprise sont en plein essor ces derniers temps. Parmi les nouvelles tendances du team building émergent depuis peu les jeux d’évasion. En petits groupes, les participants se retrouvent enfermés dans une pièce. Ils ont alors 60 minutes pour s’en échapper. Enigmalock, à Namur, propose trois salles. Reportage.  

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Dès leur arrivée à Enigmalock, les joueurs sont directement mis dans l’ambiance. La grande pièce d’accueil est décorée façon « époque victorienne » et respire l’esprit Sherlock. Les présentations faites, Matthieu Rooman, le « maître du jeu », donne les premières consignes avant d’emmener le petit groupe dans la salle choisie : «meurtre à la citadelle ». « Vous devez retrouver les fiches des différents suspects pour un meurtre. Une fois que vous aurez repéré le coupable, vous disposerez du code pour sortir. Un conseil : devant une énigme, sortez tout ce qui vous passe par la tête. Vous avez soixante minutes, pas une de plus. Bon amusement et bonne chance. » Le maître du jeu sort de la pièce, la porte se verrouille laissant les quatre joueurs livrés à eux-mêmes pour s’en sortir.

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A la recherche des indices

Nous suivons le maître du jeu dans les coulisses. Il s’installe devant un écran de surveillance. Très vite, cela s’agite dans tous les sens. Les joueurs déplacent les objets à la recherche du moindre indice, sans savoir quoi chercher. Les minutes s’écoulent et les premières indications tombent enfin, permettant d’ouvrir un premier coffre, amenant à une nouvelle énigme. Le casque vissé sur les oreilles pour entendre ce qui se dit dans la salle, le maître du jeu suit attentivement les faits et gestes des joueurs. Devant lui également, des tas de notes reprenant toutes les énigmes et le temps idéal pour parvenir à s’en sortir. « Tout le monde n’y arrive pas, mais environ 70 % des participants parviennent à sortir. Il faut vraiment une cohésion du groupe. C’est très important d’écouter les autres », explique Matthieu Rooman.

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Ouvert en novembre 2015, Enigmalock compte trois salles avec des difficultés variables, pouvant accueillir quatre, cinq joueurs, le nombre idéal pour s’échapper avant le tour de l’horloge. « A deux, il n’y a pas assez d’idées. Mais au-delà de six, c’est l’inverse. Ça fuse dans tous les sens. Du coup, certains joueurs gardent une idée en tête, explique encore le maître du jeu, tout en gardant un œil attentif sur ce qui se passe dans la pièce. Le début de cette équipe était un peu compliqué, mais maintenant le groupe se débrouille plutôt bien. » Le jeune homme regarde ses fiches, les joueurs sont en avance sur son programme type, même si la nouvelle énigme semble poser plus de problèmes. « On va encore les laisser se creuser la tête. Mais si à 40 minutes de jeu le groupe est toujours bloqué, je leur proposerais un indice. »

En un an, Matthieu a déjà vu défiler pas mal de joueurs et beaucoup d’entreprises. «Cela représente 30 % de notre clientèle. » Des PME, mais aussi de grosses boîtes comme ING ou Sonaca se sont essayées à l’évasion. Malgré la très grande variété de travailleurs ayant participé, il semble qu’il n’y ait pas de fonction spécialement plus habile. « Les énigmes ne sont pas culturelles, de façon à donner les mêmes chances à tout le monde. On fait donc vraiment appel à la logique. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait croire, les ingénieurs ne sont pas spécialement plus rapides. Parfois, ils vont beaucoup trop loin dans la recherche, explique le jeune homme. J’ai aussi eu un groupe de policiers d’un commissariat de la région de Charleroi. Ils n’étaient pas forcément les meilleurs », sourit l’homme.

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Nouvelle épreuve de recrutement ?

En observant les quatre participants, on se prend vite à cerner les comportements de chacun. Au fil du temps, Matthieu est devenu un fin psychologue. « Par exemple, on peut observer ici que deux joueurs sont plus en retrait et les deux autres ont plus une attitude de leader. » Pouvoir observer ainsi le comportement de travailleurs doit susciter l’intérêt des équipes RH et des recruteurs. « C’est vrai qu’on voit pas mal de choses, mais je n’ai jamais eu de demande directement d’entreprise. En revanche, je pense que cela existe en France et au Royaume-Uni où des recruteurs ajoutent ce genre d’activité dans la sélection. »

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Le maître du jeu ne serait a priori pas contre si on lui en faisait la demande .D’ailleurs, un coach de basket a fait venir son équipe. « Il m’a demandé d’observer celui qui menait le plus » , raconte le maître du jeu. D’autres attitudes peuvent aussi être décelées. « Certains groupes cherchent à peine et après 5 minutes demandent un indice. On repère assez vite les plus persévérants », précise encore le maître. Les minutes s’écoulent. Finalement, le maître du jeu sent que les joueurs y sont presque. L’équipe s’agite autour de la porte, essaye un code, la première tentative est la bonne. Il était temps : le chrono n’affichait plus que 5 minutes 01. 

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