Des milliers de stages pour accéder à l'emploi

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Il y a un an était lancée la déclinaison belge de l' « Alliance for Youth », une initiative portée à l'échelle européenne par le groupe Nestlé. Objectif ? Permettre à des jeunes d'accéder à une première expérience professionnelle dans une entreprise ayant pignon sur rue. L'intérêt est réel : à l'exception de certains diplômés que tout le monde s'arrache (ingénieurs, informaticiens, etc.), de très nombreux jeunes même porteurs d'un sésame universitaire voient leurs démarches en vue d'une embauche sensiblement allongées, voire parfois vouées à l'échec, en l'absence de cette fameuse première expérience.

Les huit entreprises originellement membres de cette alliance en Belgique (Nestlé, Axa, Adecco, EY, IBA, IBM, Securex et  Sodexo) s'étaient engagées l'an dernier à proposer ensemble 1.300 opportunités d’emplois et de stages à des jeunes de moins de 30 ans en 2015 et le même nombre en 2016. « Un an plus tard, on constate que cet objectif a été atteint et largement dépassé (134 %), avec 1.746 emplois et stages créés », annonce cette Alliance qui précise que 1.186 nouveaux emplois ont été proposés, 560 jeunes ayant eu l’occasion d’effectuer un stage auprès d’un des huit partenaires fondateurs.

Un an plus tard, les partenariats ont aussi été élargis et, en conséquence, les objectifs augmentés à plus de 1.900 opportunités d'emplois et de stages pour 2016, portant le total pour la période 2015-2016 à 3.600. Parmi les nouveaux arrivant au sein de l'Alliance, Deloitte s'est engagé à accompagner 419 jeunes, les objectifs d'Engie (ex-GDF Suez) n'étant pas encore précisés.

Appel à de nouvelles entreprises

L'autre nouveauté réside dans l'accord conclu avec les services publics régionaux de l'emploi et de la formation (Actiris, Forem, VDAB, etc.), fédérés au sein de Synerjob, ces derniers s'engageant à proposer aux employeurs participants « une offre de services intégrée répondant à leurs besoins en jeunes employés et stagiaires. » A savoir : un apprentissage des langues au besoin, un soutien dans le contexte des stages ou encore une éventuelle formation des demandeurs d'emploi aux besoin spécifiques exprimés par les employeurs, par exemple. 

« Les employeurs ont été rapidement confrontés à la complexité intra-belge, comme par exemple l'existence de formules différentes d'encadrement des stages rémunérés entre les régions », dit-on chez un employeur concerné. « Un partenariat s'imposait d'autant plus que nous souhaitions offrir cette chance à des demandeurs d'emplois. Certains d'entre eux, qui sont suivi une formation par le biais du Forem ou de Bruxelles Formation par exemple, pourraient bénéficier de nos offres car répondant bien aux profils que nous recherchons. » Quelque 70 % des offres d'emplois et de stages seraient, en vertu de cette convention, diffusées par le biais de ces organismes publics.

« Il faut, pour enrayer durablement le chômage des jeunes, agir de concert, avec d’une part, les pouvoirs politiques qui mettent en place des mécanismes adaptés tant aux besoins des entreprises que des chercheurs d’emploi et, d’autre part, des employeurs qui s’investissent dans leur environnement et offrent des opportunités », argumente Didier Gosuin, ministre bruxellois de l’Économie et de l'Emploi. « Avec la signature de cette convention, nous espérons qu’un effet boule de neige se crée. Si aujourd’hui, 9 entreprises se sont engagées dans cette démarche sociétale, il faut que de nombreuses autres leur emboîtent le pas. »

Porteur de l'initiative dans notre pays, Alexander von Maillot, CEO de Nestlé en Belgique, constate que de trop nombreux jeunes ne disposent effectivement d’aucune expérience probante à mettre en exergue lorsqu’ils arrivent sur le marché. Or, « les jeunes qui peuvent compter sur une expérience en tant que stagiaires ont de bien meilleures perspectives que les jeunes sans aucune expérience professionnelle », assure-t-il, son analyse pouvant sans nul doute être confirmée par la grande majorité des recruteurs du pays.

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