Deux cents experts liégeois pistent les emplois d’avenir

Près de deux cents acteurs de la vie économique liégeoise se sont penchés sur les secteurs qui créeront les emplois de demain. Des nanotechnologies à l'audiovisuel en passant par le spatial et les nouveaux matériaux. Notamment...

Trois jours d'intenses réflexions et, surtout, d'échanges dynamiques portés vers un seul objectif : propulser la croissance de Liège. Telle est l'initiative lancée cette semaine par le GRE-Liège (Groupement de redéploiement économique) qui réunissait à Spa près de deux cents experts issus de secteurs porteurs comme l'audiovisuel, les biotechnologies, les nouveaux matériaux, le spatial et les nanotechnologies, entre autres.

L'économie de Liège est en train de se diversifier, commente Jacques Pélerin, président de l'UWEL (Union wallonne des entreprises liégeoises). Les grandes entreprises se transforment et on voit apparaître, en parallèle, de nouveaux secteurs d'activités. Ces ateliers constituent en quelque sorte une mobilisation de notre intelligence collective au service de la dynamique de progrès. 

Un laboratoire d'idées ? Oui, mais pas seulement. Car l'objectif est tout autant de se projeter dans l'avenir que de réfléchir aux moyens de doper ce qui existe déjà. Comme le Pôle Image par exemple, qui fédère des acteurs actifs tout autant dans les tournages que dans les technologies 3D, l'animation, ou le financement. Aux États-Unis, l'audiovisuel représente le deuxième secteur à l'export, souligne Philippe Reynaert, directeur de Wallimage. On ne parle donc pas d'un ghetto pour artistes, mais bel et bien de métiers du futur. 

À l'évidence, tout cela n'est pas gagné d'avance. La rubrique « offres d'emploi » hébergée par le site web du Pôle Image de Liège est actuellement peu fournie. Mais c'est précisément parce que ces poches de croissance ne sont pas encore suffisamment exploitées qu'il convient de réfléchir à la meilleure manière d'en tirer profit. Les micro- et les nanotechnologies sont un axe de développement important depuis des années, dont les résultats n'ont pas encore été suffisamment démontrés dans la région, confirme Agnès Flémal, directrice générale de WSL, incubateur wallon des sciences de l'ingénieur. Nous voulons absolument y créer de nouvelles entreprises. 

Parmi les autres secteurs porteurs identifiés figurent notamment les nouveaux matériaux ou encore les biotechnologies, un domaine dans lequel l'Université de Liège a développé de réelles compétences par le biais du pôle Giga (Groupe interdisciplinaire de génoprotéomique appliquée). Et dont certaines spin-offs, comme Mithra Pharmaceuticals par exemple, se sont érigées en quelques années au rang de référence mondiale tout en affichant l'ambition d'en faire bénéficier les talents liégeois.

La nouveauté de ces ateliers réside dans leur multidisciplinarité : favoriser le croisement des compétences afin d'organiser un processus de fertilisation réciproque. C'est typiquement l'ambition du projet Verdir (Valorisation de l’environnement par la réhabilitation durable et l’innovation responsable), qui vise à développer l'agriculture urbaine sur les friches libérées par le déclin de certaines activités industrielles historiques comme la sidérurgie. Parmi les thèmes abordés lors de ces ateliers transversaux : comment faire fonctionner l'économie circulaire (lire par ailleurs) ; comment transférer le potentiel de la recherche vers l'entreprise ; à produits créatifs et innovants, organisations créatives et innovantes, entre autres.

Hasard du calendrier, le Forem publiait cette semaine une vaste étude sur les métiers de l'avenir. En se fondant, lui aussi, sur le constat que les nouvelles technologies constitueront un puissant levier susceptible de générer de nouvelles professions comme celle d'e-nettoyeur dans la sphère numérique (spécialiste de la réputation sur internet), de ventiliste dans le bâtiment (spécialiste de l'automatisation des flux ventilés) ou encore, dans le domaine médical, de médiateur hospitalier (chargé de mieux accompagner les patients). Et ce, parmi une grosse centaine de nouveaux métiers d'ores et déjà identifiés...

 

2/3

La proportion des élèves de maternelle qui exerceront un métier qui n'existe pas encore aujourd'hui.

22 %

La proportion d'employeurs qui se plaignent d'éprouver des difficultés à recruter du personnel, car les compétences font défaut.

190

C'est le nombre d’experts qui, dans leurs compétences respectives, ont accepté de consacrer trois jours à la réflexion menée dans le cadre des ateliers du GRE-Liège.

300

Pour orienter les cursus scolaires, les services d’analyse du Forem ont recensé trois cents métiers d’avenir, dont plus de vingt-quatre nouveaux.  

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