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Devenir franchisé : il faut faire preuve de réalisme

Rédigé par: Philippe Van Lil
Date de publication: 8 nov. 2023

Pierre Boseret, conseiller en franchise, membre du collège des experts de la Fédération belge de la Franchise, accompagne au quotidien franchiseurs et franchisés à se déployer. Cet expert nous livre quelques conseils judicieux à destination des candidats franchisés.
FBF Franchise
Quels conseils donnez-vous généralement aux candidats franchisés ?
Pierre Boseret :
« Je travaille sur la base d’échanges avec eux, plutôt que sur celle de longues explications de ce qu’est la franchise. Je commence par leur demander les raisons pour lesquelles ils veulent se lancer, en tentant de déceler s’ils sont vraiment prêts à changer de vie et pourquoi. Certaines personnes peuvent très bien devenir des indépendants sans être pour autant des franchisés ; d’autres ont bien plus besoin de l’aide d’un franchiseur pour monter leur affaire. »

Certaines personnes veulent-elles se lancer pour de mauvaises raisons ?
P. B. : « Oui. Même si le but est de gagner sa vie, certaines personnes veulent se lancer avec le but premier de faire de l’argent. Or, c’est avant tout un métier de passion. Il faut être conscient qu’on se lance généralement pour 9 ans et que la fonction exige de se lever tôt le matin, de gérer une équipe et un plan de trésorerie, et d’être disponible en permanence, y compris le week-end. Beaucoup déchantent lorsqu’ils découvrent ces réalités. J'ai connu des franchisés qui, au bout de deux à trois ans, ont arrêté leur activité, car elle ne correspondait pas à leurs attentes. Un autre élément essentiel pour se lancer comme franchisé est d’aimer les produits du franchiseur et d’adhérer aux valeurs de celui-ci. Si un candidat franchisé désire faire autrement, comme vendre ses propres produits, il a tout intérêt à lancer sa propre enseigne. »

Un candidat franchisé est-il pour autant, en tous points, pieds et poings liés avec le franchiseur ?
P. B. : « Non. Sur une série d’éléments, le franchisé a souvent le dernier mot. Par exemple, avant même de lancer son activité, il peut dire non à une localisation de magasin qui lui est proposée par l’enseigne. À ce propos, le candidat franchiseur doit s’assurer que l’emplacement proposé a fait l’objet d’une étude de marché minutieuse et qu’il est susceptible de bien fonctionner. Il arrive encore qu’en raison d’un mauvais emplacement, un franchisé pourtant très compétent échoue. Cela étant, l’inverse existe aussi : un très bon emplacement ne prend pas car on a affaire à un franchisé moins bon. Pour devenir un bon franchisé, il faut avant tout faire preuve de réalisme. »