Dirigeants et managers, faites de votre santé une priorité!

Rédigé par: Philippe Leclair
Date de publication: 31 mars 2023
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Le temps des certitudes, si jamais il a existé, est bien révolu. Les crises s’accumulent. Les chefs d’entreprise, les managers sont au coeur de cette tourmente. Plus que jamais, ils doivent réussir à devenir des meneurs d’hommes pour relever collectivement les défis. Pour cela, ils ont à faire preuve de courage, de ténacité, d’innovation, d’inventivité et d’efficacité. Il leur faut aussi faire appel à leurs qualités d’endurance et de résistance mentale face à l’adversité pour garder le cap et mobiliser leurs équipes avec confiance, calme et tout ceci….sans s’épuiser !

La santé des dirigeants

En entreprise, la santé est le premier capital immatériel. Le négliger, c’est prendre des risques aussi bien en termes de baisse de performances que de surcoûts. Ce coût, en France, est estimé entre 2 à 3 milliards (soins, absentéisme, cessation prématurée d’activité, décès, etc). Le droit du travail confie au dirigeant la responsabilité de la sécurité et de la santé de ses salariés. Mais le dirigeant lui-même, s’il n’a pas le statut de salarié, est exclu de ce champ réglementaire, alors même que le dynamisme économique du pays repose sur l’esprit individuel d’entreprendre.

Selon l’INSEE, les PME/TPE représentent 10 millions d’emplois, tandis que les grands groupes offrent 4,5 millions d’emplois et la fonction publique 5,6 millions. De nombreuses études consacrées à la santé du dirigeant aboutissent toutes au même constat: elle est précaire et s’est dégradée ces derniers mois. Aujourd’hui, 45% des décideurs affirment se sentir isolés et 90% déclarent être stressés. Selon une étude de février 2021 de l’observatoire Amarok, spécialisé dans la santé du dirigeant de PME, le taux de burn out est passé de 1,75 % en 2019 à 10,41 % en 2021. Cet observatoire a identifié 4 grands risques professionnels: dépression, dépôt de bilan, divorce et décès.

Comment les dirigeants en arrivent-ils là ? La santé qui compte pour eux, c’est avant tout celle de leur entreprise. Le chef d’entreprise est souvent comparé à un sportif de haut niveau. Pourtant, plus il est happé par le développement de son entreprise et plus il néglige son corps et son énergie.

Des études ont démontré que la difficulté de la performance demandée à ceux qui occupent des emplois de haut niveau surpasse clairement celle des sportifs professionnels. S’ils veulent tenir dans la durée, ils ne peuvent se passer d’un véritable entraînement pour être en forme physiquement et mentalement en entretenant des compétences essentielles comme l’utilisation juste du corps, la concentration, la gestion des émotions et des facteurs de stress, la fatigue, l’énergie, la récupération, etc.. sans faire l’impasse sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Sur un plan collectif, il en va de même de la prévention des risques psycho-sociaux. Ils deviendront plus efficients s’ils intègrent une réelle culture collective d’entraînement. Car sans entraînement, aucun changement ne se produit. “Chassez le naturel, il revient au galop” !

Le monde de l’entreprise peut s’inspirer, en cela, de la préparation corporelle et mentale des champions, en donnant à ses salariés les moyens pour devenir des acteurs autonomes et responsables de leur santé, de leur maîtrise personnelle et de leur stabilité émotionnelle. Les managers et leurs collaborateurs gagneront ainsi en compétences. Ils se sentiront plus confiants malgré les imprévus, plus ouverts au changement, plus sereins car ils auront consolidé leurs compétences transversales socio-comportementales, leurs soft skills (confiance en soi, gestion du stress, écoute et empathie, coopération en équipe, etc), fondamentales pour s’adapter au changement, aux évolutions des métiers, que ce soit au sein d’une même entreprise ou pour postuler à d’autres emplois ou encore envisager une reconversion professionnelle.

Philippe Leclair, “le management un sport de haut niveau- Préparation mentale et corporelle pour la santé et la performance des dirigeants”/ MARDAGA