e-Marketing : la branche aux branchés

Community Managers, e-Commerce Specialists, Search Engine Marketers… Autant de nouveaux métiers qui revalorisent les filières commerciales. Pour ces profils, les enjeux ne manquent pas. D’autant plus que deux magasins en ligne sur trois engagent cette année.

Apple, Amazon, Facebook et Google se livrent une lutte sans merci pour la domination digitale. Mais à l’ombre de ces géants, toutes les entreprises tentent d’asseoir leur visibilité et leurs ventes sur le web. En quelques années, un nouvel écosystème de boutiques s’est développé en ligne. Considérée encore il y a peu comme un secteur secondaire, la filière du commerce en ligne est en plein boom. Et commence à peser sur l’économie réelle. L’an dernier, les ventes en ligne belges se sont élevées à 1,52 milliard d’euros. Soit 11,8 % en plus qu’en 2011. Selon l’association belge des entreprises de vente en ligne BeCommerce, la plupart des vendeurs en ligne s’attendent à une nouvelle progression de leur chiffre d’affaires en 2013. Cette croissance influe aussi sur l’emploi : En 2011, la plupart des e-commerçants comptaient entre deux et cinq collaborateurs. Un an plus tard, la moitié de ces entreprises employaient entre six et vingt personnes, indique l’administratrice déléguée de BeCommerce, Carine Moitier. Si les déclinaisons locales des majors tels que Zalando, Bol.com, Pixmania ne créent pas systématiquement d’emplois chez nous, elles tirent l’ensemble du marché, en ce compris les acteurs belges. Si bien qu’aujourd’hui, la tendance est à l’embauche : près de 63 % des dirigeants d’entreprises en ligne interrogés par BeCommerce comptent engager de nouveaux collaborateurs en 2013. Snapstore, une enseigne belge de vêtements à prix cassés, confirme l’embellie et envisage de recruter une dizaine de nouveaux collaborateurs.

De leur côté, les enseignes physiques sont de plus en plus nombreuses à se dédoubler sur la Toile. C’est ce que font Colruyt et Vanden Borre en utilisant leurs magasins comme points de retrait. Même Media Markt, grand absent de l’e-commerce, va s’y mettre. Le groupe allemand, qui possède dix-sept magasins en Belgique, se prépare à ouvrir sa première boutique en ligne belge. Plusieurs collaborateurs, dont l’ancien responsable e-commerce de Sony Europe, ont été recrutés à cette fin. Le site pourrait occuper une quinzaine de personnes d’ici à la fin de l’année.

Les entreprises sont confrontées de manière croissante aux défis du numérique : Big Data, conversion au web, e-commerce, gestion de projet en ligne, réseaux sociaux… La liste des besoins s’allonge chaque année, explique Julien Amiach, Manager de la division Sales & Marketing de Michael Page. Et ce qui entre dans la vie des consommateurs intègre nécessairement les préoccupations des employeurs. Sur quels profils portent les besoins ? Essentiellement sur les Digital Experts et les spécialistes du marketing en ligne. On observe une forte demande de profils technico-commerciaux, des profils pointus qui allient une dominante technique à une sensibilité commerciale, observe Julien Amiach.

Le curseur du sang neuf

Il remarque également l’émergence de nouveaux métiers situés à la frontière entre l’informatique, la communication, la création graphique et le marketing : Social Media Experts, Community Managers, e-Commerce Specialists… D’autres profils, comme les spécialistes du référencement naturel (SEO) ou payant (SEA), se chargent de donner de la visibilité aux sites et de générer un maximum de trafic (Traffic Manager). Car vendre du rêve sur un site ne suffit plus pour faire du commerce électronique. Il faut le rendre visible et en maximiser la notoriété. Ces impératifs ont généré la création d’emplois en dehors des boutiques en ligne, contribuant, entre autres, à la naissance des agences web qui sous-traitent une série d’activités.

Ces métiers font une poussée remarquée dans les effectifs des entreprises, explique Sebastien Gesa, Manager Sales & Marketing chez Page Personnel. Pour ces profils, l’évolution de carrière est simple : ils font leurs armes dans les agences avant de se faire recruter par l’annonceur, explique-t-il. Une nouvelle guerre des talents se crée autour d’eux. Et vu leur rareté, les besoins risquent d’exploser. Alors, faut-il former des collaborateurs dans l’entreprise ou bien recruter de nouveaux profils adaptés ? Un choix qui se pose avec d’autant plus d’acuité que l’offre de formation n’existe pas toujours sur des techniques et métiers qui évoluent très vite. Mais embaucher du sang neuf ne manque pas de pertinence. La génération des 20-25 ans – les digital natives – qui débarque sur le marché du travail est biberonnée à ces technologies. Non seulement ils utilisent leur smartphone et les réseaux sociaux tous les jours, mais ils comprennent plus instinctivement comment adapter un contenu donné au format du web. Ils méritent d’être sauvés.

 

2 200 € brut

À l'embauche, les salaires des spécialistes du référencement naturel (SEO) ou payant (SEA) tournent autour de 2 200 € brut et évoluent rapidement. Leur travail consiste à acheter des mots-clés et à influencer les ventes en ligne.

Entre 45 000 € et 80 000 €

C'est le salaire annuel brut d'un webmarketeur. Grâce aux langages et aux flux internet, le webmarketer est amené à « pister » chacun des clients sur son site et sur les autres canaux de communication, mobile compris. Il doit aussi créer des campagnes web avec des messages ultrapersonnalisés.

Entre 70 000 € et 100 000 €

C'est le salaire annuel brut d'un directeur multicanal. Ce poste allie trois domaines à la fois : le commercial, le marketing et l'informatique. Il est important dans les secteurs qui privilégient la relation à la clientèle.

372 millions d’euros

C'est ce que représente le marché de la pub digitale en Belgique, selon la dernière étude IAB AdEx. Au plan européen, ce marché est estimé à 24,3 milliards d'euros. Comme ailleurs, la publicité en ligne progresse aussi chez nous. Mais la croissance reste limitée à 2 % contre 11,5 % pour la moyenne européenne. La Russie et la Turquie enregistrent des taux de croissance supérieurs à 30 %.

1,52 milliard d'euros

Le commerce électronique en Belgique a atteint 1,52 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2012. Soit une croissance de 11,8 % par rapport à 2011, selon BeCommerce, l'association des entreprises belges actives dans l'e-commerce. En Europe, le chiffre d'affaires de la vente en ligne était de 311,6 milliards d'euros. Soit une progression de 19 %. L'Europe est le premier marché du commerce électronique dans le monde devant l'Amérique du Nord (294,2 milliards d'euros) et l'Asie-Pacifique (227,8 milliards d'euros).

 

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