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En douceur sur le chemin du travail

Date de publication: 27 avr. 2012
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Renoncer à  sa voiture pour se rendre au travail ? Des entreprises planchent sur la "mobilité douce". L'asphyxie des centres urbains oblige les entreprises à  trouver des solutions pour l'avenir : carsharing, vélo, restrictions de stationnement, les idées ne manquent pas. Et s'imposent de plus en plus à  travers les plans cafétéria.


Les centres urbains étouffent sous le trafic. Du côté des entreprises, l'ensemble des déplacements professionnels des collaborateurs constitue une charge : dépenses coûteuses pour assurer des places de parking (construction, équipement, surveillance), coûts des voitures de service, encombrement du site, gestion difficile de l'espace, occupation peu rentable du terrain. Sans compter l'empreinte écologique et des obligations légales de plus en plus ciblées, qui obligent désormais toutes les entreprises de plus de cent personnes à  anticiper et organiser une gestion différente des déplacements de leurs collaborateurs.

Nouvelles initiatives

Un dimanche sans voiture, une semaine pour penser mobilité, est-ce bien suffisant ? Le déplacement du personnel des entreprises n'est plus seulement un effet de mode. De plus en plus d'initiatives voient le jour afin d'offrir aux travailleurs des solutions de remplacement à  la voiture individuelle. Pour ce faire, les grandes entreprises se dotent de spécialistes taillés sur mesure : les coordinateurs Mobilité ou Corporate Mobilty Managers. Intermédiaires entre la direction et les employés, les syndicats et les pouvoirs publics, ces " Messieurs Propres " gèrent l'ensemble des compétences liées à  la mobilité, de manière à  définir une stratégie cohérente. Sans considérations partisanes.

" Changer des habitudes ne se fait pas en un clin d'œil ", confie Bernard Dehaye, coordinateur Mobilité et développement durable chez Belfius. " C'est un processus à  long terme qui s'évalue après plusieurs années. " Dans le secteur privé, l'ex-Dexia Banque a longtemps fait figure de pionnière. Grâce à  son plan de mobilité durable, mis en œuvre il y a dix ans, sous forme d'une convention collective de travail, près de 80 % des employés ont choisi des modes de déplacements alternatifs, souvent mixtes et sans pétrole.


La formule est simple : gratuité des transports publics (trains, trams, bus), gratuité du parking pour les cyclistes, motards et personnes à  mobilité réduite. Une intervention financière est également prévue dans le déplacement entre le domicile et la gare. Quant aux cyclistes et aux piétons, ils reçoivent des indemnités kilométriques. Le covoiturage est encouragé en étendant l'indemnisation à  tous les passagers. Par contre, les " autosolistes " paient leur parking. Mais ce n'est pas tout : les salariés ont aussi la possibilité de prester une semaine de quatre jours et de " télétravailler " à  domicile ou dans un bureau satellite.

Un outil de travail

D'autres ont emboîté le pas. Depuis 2007, le groupe Colruyt incite ses employés à  adopter le deux-roues. Les collaborateurs de l'enseigne de grande distribution peuvent bénéficier de l'équipement complet du parfait petit cycliste : vélo, casque et veste fluo. En échange, ils s'engagent à  se rendre à  bicyclette sur leur lieu de travail au moins quatre fois par semaine. " Ce n'est pas un cadeau ", insiste Tony Verlinden, directeur de la responsabilité sociétale (RSE) de Colruyt. " Ce vélo est d'abord un outil de travail que nos collaborateurs s'engagent à  utiliser régulièrement. "

Gain évalué par la société : plus d'un million de kilomètres en voiture économisés chaque année. Avec pour résultat 190 tonnes de CO2 en moins dans l'atmosphère. Sur un total d'environ 15 000 employés, le score est honorable. D'autant qu'il faut y ajouter les propriétaires de vélos qui continueront à  pédaler avec leur propre matériel. Et les employés qui profitent des vélos mis à  disposition par le groupe depuis plusieurs années dans certaines gares proches des implantations.

" La distance depuis le domicile joue un rôle important ", commente Étienne Doyen, expert Mobilité auprès du bureau d'étude Traject. " Si l'employé habite à  50 km de son lieu de travail, il ne viendra pas à  vélo. " Tant pis pour lui : une prime facultative permet de récompenser les travailleurs à  vélo. Depuis 1998, l'employeur peut en effet verser à  ses salariés une indemnité de 0,21 € par kilomètre parcouru, net d'impôt. Ça change de l'addition à  la pompe.

 

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