Energie : le renouvelable, créateur de vocations

Publié : jeudi 7 décembre 2017

C’est une question générationnelle. Le renouvelable, ça parle plus aux générations Y et Z, explique Charles-Antoine de Theux, CEO d’Heliosmart, entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables. « Les valeurs qui gravitent autour du renouvelable, du durable et de l’économie circulaire sont des valeurs qui correspondent bien à celles des jeunes générations. Ils évoluent dans une logique tout à fait différente que celle des générations précédentes. » C’est une réalité, les questions liées au développement durable, au changement climatique et aux énergies nouvelles se sont emparées de l’actualité et des préoccupations sociétales. Marianne Celis, HR Business partner chez Elia, observe un « secteur de l’énergie en transition » et « en perpétuelle évolution ».

Dans ce mouvement, les envies de certains profils en recherche d’emploi se retrouvent bouleversées. C’est notamment le cas des jeunes ingénieurs comme en témoigne Dorsan Piret, HR business partner pour le cabinet de consultance Greenfish, spécialisé dans les énergies renouvelables : « nous avons énormément de jeunes ingénieurs qui postulent chez nous. Et ils sont nombreux à ne pas avoir d’expérience lorsqu’ils frappent à notre porte. Dans ce contexte, il est extrêmement important de comprendre les motivations de ces candidats. On se rend compte qu’ils sont très nombreux à vouloir travailler dans les énergies renouvelables ou l’efficacité énergétique, que c’est leur motivation première. » Les universités ont d’ailleurs suivi cette tendance puisque, à titre d’exemple, l’ULB propose un master en sciences et gestion de l’environnement alors qu’Agro-Bio Tech à Gembloux a mis en place un master en sciences et technologies de l’environnement.

Un thème récurrent

Ces envies trouvent des échos dans un agenda national et international qui écrit les grandes lignes de l’avenir du secteur énergétique avec, par exemple, le plan climat-énergie décidé à l’échelle européenne qui prévoit une baisse de 40 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. De quoi créer des vocations auprès d’un public d’ingénieurs parfois éloigné du secteur de l’énergie verte. « Il y a de nombreuses personnes qui passent par notre société qui ont un parcours dans un secteur plus traditionnel – je pense notamment à celui du nucléaire – et qui décident de changer pour se tourner vers le renouvelable. D’abord parce que c’est un secteur d’avenir mais aussi parce qu’ils y trouvent un sens », explique Dorsan Piret.

Un choix de carrière qui ne manque pas de pertinence au vu de la progression de l’emploi dans ce secteur. Les activités liées aux énergies renouvelables ont employé 9,8 millions de personnes dans le monde en 2016, soit quasiment le double par rapport à 2012 selon l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena). Cette dernière avance d’ailleurs que, d’ici 2030, la barre des 24 millions d’emplois pourrait être atteinte dans ce secteur. Ensuite, toujours selon Irena, la Chine, le Brésil, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et l’Allemagne sont les pays qui comptent le plus grand nombre d’emplois dans le secteur.

Des opportunités pour les candidats

Où en est la Belgique dans tout cela ? Pour pousser l’analyse plus loin, il faut se pencher sur les différents métiers qui gravitent autour des énergies renouvelables. A commencer par le photovoltaïque. « Il y a quelques années, j’ai remarqué que beaucoup de professionnels se sont intéressés au photovoltaïque », pointe Charles-Antoine de Theux. Mais cela, c’était avant l’entrée en vigueur du nouveau régime wallon de soutien au secteur, début 2014. Depuis, ces « vocations » sont moins fréquentes.

En ce qui concerne les autres spécialités du secteur, une forme de déséquilibre persiste, comme le souligne Dorsan Piret : « chez les jeunes, on remarque que les envies s’articulent surtout autour de carrières dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. L’énergie solaire et l’éolien attirent beaucoup. Mais à côté de cela, d’autres postes restent peu connus des candidats. Je pense notamment au secteur de la gestion des déchets qui pré- sente de magnifiques défis. Je pense que cela est dû au fait que l’on parle beaucoup plus des premiers secteurs mentionnés. »

Des métiers d’avenir

Le secteur de l’énergie est fréquemment en recherche de profils en pénurie : ingénieurs civils et industriels ou bacheliers techniques. Si ces pénuries ne font pas exception dans le secteur du renouvelable, il semble cependant que les difficultés de recrutement soient moins marquées. Ce qui est notamment dû à la présence sur ce marché de l’emploi de travailleurs désireux de trouver un sens au travers de leur activité professionnelle. Et ce choix de carrière semble d’ailleurs pertinent puisque, à l’échelle mondiale, la Belgique figure parmi les principaux investisseurs, lorsque l’on calcule les montants investis par habitant, en matière d’énergies renouvelables.

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