Erasmus+ élargit les horizons

Rédigé par: Lucie Hermant
Date de publication: 15 nov. 2019
Catégorie:

ersmus+

Refaire le monde avec des jeunes syriens, libanais ou serbes (ou turcs, algériens): le projet Erasmus+ Virtual Exchange fait son chemin.

Dans un univers ultraconnecté où les modes de communication sont transformés par les nouvelles technologies, le programme Erasmus passe à l’étape suivante. La Commission européenne investit dans les systèmes de communication numériques avec deux objectifs très clairs: rassembler des jeunes profils qui viennent de zones du monde et de cultures différentes pour une meilleure compréhension mutuelle, et encourager le développement de compétences humaines qui deviennent essentielles dans le monde qui est le nôtre.

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Des idées totalement nouvelles

A l’heure actuelle, les réseaux sociaux ont tendance à encourager les uns et les autres à renforcer leurs points de vue, d’échanger avec ceux et celles qui viennent du même milieu socio-culturel, avec qui on partage des opinions, des expériences, des intérêts. Ou, à l’inverse, les médias en ligne permettent à certains d’exprimer un mécontentement, de créer des confrontations parfois violentes. Le projet Erasmus+ Virtual Exchange veut changer les habitudes des jeunes adultes et les inviter plutôt à utiliser le numérique pour s’ouvrir aux autres, à d’autres univers, à des habitudes méconnues et à des expériences inhabituelles, depuis tous les pays de l’Union européenne jusqu’à la Serbie, la Libye, la Syrie, le Liban ou encore la Palestine. Des universités, écoles et associations venues de 44 pays participent au projet.

«Toute la beauté de l’Erasmus+ Virtual Exchange vient de la grande diversité des participants, de la rencontre des jeunes avec des idées complètement étrangères à ce qu’ils connaissent, avec d’autres jeunes personnes qui viennent d’horizons très différents. Les programmes de mobilité Erasmus traditionnels sont très enrichissants, mais ici on permet plus de diversité encore au niveau interculturel en dépassant les frontières l’Europe sans devoir pour autant organiser un long voyage, parfois coûteux, à l’étranger», se réjouit Stéphanie Siklossy, Project Manager pour l’Erasmus+ Virtual Exchange à Search for Common Ground, qui dirige le consortium en charge de mettre en œuvre le projet. Et tout le cœur du projet est bien là: organiser des échanges en ligne, réguliers et encadrés.

Des groupes de 8 à 12 jeunes

Les échanges sont mis en place en partenariat avec les hautes écoles, universités ou organisations participant au projet, et des facilitateurs formés chapeautent les rencontres. Il n’est donc pas question de proposer une version moderne des échanges épistolaires avec un copain étranger. Ici, on se réunit en ligne de manière régulière, pour deux heures, en groupe de 8 à 12 jeunes, dans un programme de 3 à 10 semaines, pour dialoguer en temps réel avec d’autres jeunes qui vivent dans une autre partie du monde et développer ses capacités d’écoute, de communication et collaboration interculturelle, d’altruisme, d’empathie.

«Les jeunes adultes ont tous des croyances variées, parfois opposées. L’idée ici est de les amener à se confronter à des idées et des perspectives très différentes des leurs. Par exemple, un étudiant belge en sciences éco pourra discuter avec un Libyen qui vit en plein cœur du conflit. Ça leur permet de partager leurs expériences et leur vision du monde sur des thèmes variés qu’on encadre: la migration, l’environnement, la question des genres dans les médias… Il y a énormément de possibilités! C’est vraiment un apprentissage par les pairs.» Le tout avec des facilitateurs qui ont été formés dans les règles de l’ar, et des éducateurs à qui on offre des formations et un accompagnement avec l’objectif, à terme, qu’ils puissent mettre en place leurs propres échanges virtuels.

«On a par exemple eu des professeurs d’histoire de Libye et d’Italie qui voulaient développer ensemble des échanges pour explorer leur Histoire commune avec leurs étudiants respectifs. Ils ont suivi avec nous une formation pour pouvoir respecter les critères de pédagogie et les compétences utiles pour s’intégrer au programme», raconte Stéphanie Siklossy. Une initiative prometteuse qui est, à l’heure actuelle, toujours un projet pilote qui représente une enveloppe de 2 millions d’euros par an financés par l’Union européenne et qui comptera 16.000 participants d’ici à la fin de l’année.

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