Facebook: votre patron vous surveille

On pourrait croire que la multiplication des licenciements liés aux réseaux sociaux pousserait leurs utilisateurs à plus de prudence. Mais ils sont apparemment encore nombreux à ignorer qu’un "post" indélicat peut leur coûter… leur poste.

Le cas le plus récent nous vient d’Angleterre. Deux salariés de la BBC ont été licenciés pour avoir commenté sur Twitter et Facebook une affaire de mœurs impliquant un ancien animateur vedette de la chaine, aujourd’hui décédé. Le problème c’est que leur direction leur avait spécifiquement demandé par mail de ne pas le faire… Leur réaction ne s’est donc pas fait attendre.

Chez nous, l’histoire de Dirk D., manager chez Option et licencié pour avoir critiqué la gestion de son groupe sur son compte Facebook avait déjà fait couler beaucoup d’encre l’année dernière. En effet, non seulement sa plainte assortie d’une demande d’indemnisation de 60 000 euros avait finalement été rejetée par le Tribunal du travail de Louvain, mais l’employé s’était lui-même vu infligé une amende de 16 000 euros à payer à son ancien employeur! Motif : Facebook ne relève pas de la sphère privée et le manager, par ses commentaires, s’est discrédité en tant que salarié fiable, motivé et loyal.

Sans aller jusque-là, les multiples dérapages de notre ancien premier ministre Yves Leterme sur Twitter lui auront également couté cher en termes de crédibilité. Celui que certains surnomment désormais le "dragueur-gaffeur" s’est d’ailleurs à nouveau illustré en envoyant récemment à tous ses "followers" un tweet manifestement privé… une fois de plus! « @ YLeterme « bonjour / Je n’ai pas dormi de la nuit après notre (conversation au, NDLR) téléphone… Xx / ps : coup dur pour Ford ».

Des entreprises prennent les devants

Pour éviter ce genre de situation, de plus en plus d’entreprises interdisent carrément à leurs employés d’être présents sur les réseaux sociaux. Selon elles, mieux vaut prévenir que guérir. Marie, employée comme déléguée commerciale dans le secteur pharmaceutique, en sait quelque chose. Son employeur, une multinationale américaine, a inclus dans son contrat de travail une clause lui interdisant d’avoir un compte Facebook ou Twitter. Il va sans dire que la violation de cette clause serait considérée comme une faute grave…

Toutefois, nombreuses sont également les entreprises qui misent au contraire sur la présence de leurs employés sur les réseaux sociaux pour renforcer leur promotion. "Le message passe mieux quand il provient d’une personne de confiance", explique ainsi Jean, employé dans une boite de graphisme. "C’est dommage de se priver d’un tel outil".  Visiblement, certains préfèrent prendre le risque.

Cédric Leterme

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