Faut-il être beau pour gagner plus ?

Des êtres de papier glacé, éternellement jeunes et beaux, souriant à leur avenir radieux dans l'entreprise. Les publicités de recrutement mettent souvent en scène des « modèles parfaits ». Dans la vraie vie, l’employeur doit composer avec des personnes en chair et en os. Plutôt Robert que Redford, pour paraphraser l'expression du trio comique Les Inconnus... Il n'empêche. Peu de DRH osent l’avouer. Mais quel que soit le métier, le niveau hiérarchique ou l’entreprise, être beau ou jugé tel, à compétences égales, est un atout au moment de l’embauche et à chaque étape d’une carrière.

Déjà en 1994, une étude américaine avait mis en lumière cette injuste réalité. Selon l'American Economic Association, le salaire des hommes et femmes ayant un physique avantageux est de 5 % à 10 % supérieurs à celui de leurs collègues. Plus récemment, une étude australienne a démontré qu’un physique attractif rapporte 32 150 $ par an (24 600 €) de plus qu’une apparence jugée au-dessous de la moyenne.

Selon l’économiste Jeff Borland de l’Université de Melbourne, s’il existe bien une « prime à la beauté », ses conséquences sont moins importantes que la « pénalité pour un physique banal ». Les hommes jugés moins beaux que la moyenne gagnent 26 % de moins que la moyenne, ceux classés au-dessus touchent 22 % de plus. Les hommes moins beaux que la moyenne ont par ailleurs 15 % de chances de moins que la normale d’avoir un emploi, et ceux qui en obtiennent un gagnent 9 % de moins. Pour les femmes, l’effet est moindre et plus difficile à mesurer. Pour autant, la nomination d'une belle femme à un poste important suscitera aussitôt des rumeurs.

La beauté physique éclipse-t-elle la compétence ? C'est particulièrement vrai pour le secteur du luxe, du nightlife et de la vente où les commerciaux sont en représentation front line d'un produit. Vitrines humaines de leur entreprise, les commerciaux sont des salariés à qui l'on demande de « bien présenter », mais dont le corps, sous le costume cravate, reste un sujet tabou. Ainsi, des sociologues américains ont observé qu'un candidat obèse a trois fois moins de chances de décrocher un entretien d'embauche pour un poste de commercial qu'un candidat au poids normal. En imposant qu'un seul modèle physique du salarié compétent, les entreprises se privent, là encore, d'un gisement de talents.

rnk

 

 

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