Faut-il parler de ses problèmes psychologiques au travail ?

Date de publication: 16 oct. 2022

Une crise d'angoisse, une dépendance, un burn-out ou des symptômes dépressifs : est-il judicieux de les signaler à votre employeur ou d'en parler lors d'une demande d'emploi ?

stress

La majorité des employés veulent être ouverts sur les problèmes psychologiques au travail. « Environ 75 % d'entre eux veulent en parler à leur supérieur hiérarchique », explique Kim Janssens, doctorante d’une université néerlandais. Pour obtenir des éléments de réponses, l’experte a mené une étude auprès de 670 cadres aux Pays-Bas

Dans le même temps, de nombreux managers sont moins enthousiastes à ce sujet. Surtout pendant le processus de demande d'emploi. « 64 % des employeurs ne s'empresseraient pas d'embaucher un candidat s'il sait que cette personne a des problèmes psychologiques. Même si ces problèmes sont réglés, près d'un tiers des employeurs préféreraient encore chercher un autre candidat. »

Elle poursuit : « La réticence des employés ne s'applique pas seulement aux maladies mentales graves pour lesquelles il faut se rendre dans une clinique. Il peut aussi s'agir d'épuisement professionnel, de dépression ou de troubles anxieux. En d'autres termes, des problèmes auxquels de nombreuses personnes sont confrontées. »

Au total, quelque 43 % des travailleurs souffrent d'une maladie mentale à un moment donné de leur vie, selon l'enquête NEMESIS de l'Institut Trimbos. Janssens : « Les employeurs emploient donc depuis longtemps plusieurs de ces travailleurs souffrant, par exemple, de troubles anxieux, de TDAH ou d'autisme." La crainte d'engager quelqu'un est donc principalement fondée sur des préjugés, affirme M. Janssens. "Ils pensent que les personnes souffrant de ces problèmes ne peuvent pas gérer le travail ou qu'elles demandent trop de temps à l'employeur. Mais la question est de savoir si c'est vrai. »

Communiquer consciemment ses problèmes mentaux

Janssens n'a pas encore cherché à savoir comment éliminer ces préjugés chez les employeurs. Cependant, elle a découvert que le fait d'être plus conscient de la façon dont on communique ses problèmes de santé peut avoir des conséquences considérables pour trouver et conserver un emploi. « Après tout, il n'est pas toujours judicieux de dire à son employeur que l'on a ou que l'on a eu un burnout ou une dépression. Dans certaines situations, il est préférable de garder cela pour soi ou de n'informer que quelques personnes après votre candidature. »

L’experte tire cette conclusion après la deuxième partie de ses recherches doctorales. Il s'agissait d'une enquête auprès de 153 personnes (souffrant de problèmes mentaux). Elle a divisé ces répondants en deux groupes par tirage au sort et les a suivis pendant un an dans leur recherche d'un nouvel emploi.

« Ils étaient tous des demandeurs d'emploi bénéficiant d'allocations sociales. Un groupe a reçu des conseils sur les avantages et les inconvénients de la transparence. Ils ont également été encouragés à réfléchir à leur propre situation et à ce qu'ils voulaient ou ne voulaient pas dire sur leur santé mentale lorsqu'ils postulaient à un emploi. L'autre groupe (de contrôle) n'a reçu aucune aide », déclare Janssens.

« Après six mois, les personnes du groupe ayant reçu des conseils avaient deux fois plus de chances de trouver un emploi rémunéré que celles du groupe témoin (51 % contre 26 %). Et après un an, deux fois plus de personnes du groupe ayant bénéficié des conseils avaient également réussi à conserver un emploi (49 % contre 23 %) », conclut-elle.

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