Faut-il se cacher pour complimenter ?

Mieux vaut administrer les compliments derrière des portes closes. Dans une étude parue dans le numéro de décembre du Journal of Consumer Research, Elaine Chan, professeur de marketing à l'Université de Tilbourg (Pays-Bas), et Jaideep Sengupta, professeur à l'Université de Hong-Kong, démontrent que, décernée en public, la louange est le plus souvent fatale.

Les témoins deviennent non seulement jaloux de la personne flattée. Mais en outre, ils en veulent terriblement au laudateur. Pas moins de quatre expériences, mettant en jeu 85 participants, ont été nécessaires pour prouver cette thèse qui va à l'encontre des pratiques managériales.

Il était jusqu'alors admis que le laudateur sortait indemne d'une telle scène, pour peu qu'il soit sincère dans son appréciation. Il n'en serait rien, selon ces deux chercheurs. Jalousie et ressentiment vont de pair.

Le parallèle avec la vie de bureau est évident : si vous entendez quelqu'un d'un autre service être flatté, vous resterez de marbre, mais si c'est le collègue qui est assis juste à côté de vous, cela vous fera à peu près le même effet que si vous buviez de l'acide. Certes, il est souhaitable, voire nécessaire, de féliciter un salarié pour le motiver. Mais en tête à tête. Sinon, pour un heureux, on fait de très nombreux mécontents.

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