Fonction publique: les chantiers d'Hendrik Bogaert

La colère gronde du côté des fonctionnaires fédéraux. Le secteur est à l’aube d’une réforme drastique, qui va grandement modifier leurs avantages et leurs conditions de travail. A l’origine de ce projet, on retrouve Hendrik Bogaert, secrétaire d’Etat à la fonction publique (CD&V), qui assure qu'elle est "pour leur bien" et qu’il cherche aussi à redorer le blason d’une fonction souvent sujette aux préjugés.

Hendrik Bogaert a déjà instauré le système des quotas de femmes pour les postes à responsabilité, la possibilité pour les fonctionnaires de plus de 65 ans de continuer à travailler s’ils le souhaitent, et un système d'évaluation annuel pour tous les fonctionnaires fédéraux.

Le secrétaire d'Etat projette encore d'harmoniser les statuts des contractuels et des statutaires, d'assurer une plus grande mobilité des fonctionnaires entre les niveaux fédéral, régional et local, et de contrôler de plus près les absences et congés maladie des fonctionnaires fédéraux.

Quels sont ses autres chantiers en cours ?

  • Plus de formations ?

L’administration fédérale consacrait jusqu’à présent chaque année 104 millions d’euros pour payer les bonus financiers des fonctionnaires qui avaient suivi une formation. Quel genre de formation? Etait-elle nécessaire vu le domaine de compétences du fonctionnaire? Ca, personne ne s’en souciait. Pire encore : le système était fait de telle façon que certains fonctionnaires faisaient en sport national d’enchaîner les formations les unes après les autres. En effet, ils recevaient par formation achevée une prime  de compétence sur leur salaire qui pouvait aller jusqu’à 100 euros par mois. Et ceci pendant les 6 à 8 années qui suivaient la formation.

"Je veux en finir avec cela" déclare Hendrik Bogaert. "Même les syndicats ont avoué que ce système était dépassé, notamment parce que l’offre de formations est tellement large que beaucoup de cours n’ont aucun rapport avec les compétences d’un fonctionnaire moderne. Je ne vais pas supprimer un euro à ce budget, mais le système doit être complètement réformé. Je crois fermement dans les bienfaits de la formation, mais je ne crois plus à ces primes de compétences à verser à des fonctionnaires qui ne font rien avec ces compétences, ou qui n’en ont même pas besoin dans leur travail."

  • Faire plus avec moins

Depuis le début de la législature actuelle, à peine un départ sur trois est remplacé dans l’administration fédérale. "Nous avons donc déjà 1.500 fonctionnaires en moins qu’en 2011" explique Bogaert. "On ne procède pas de façon systématique, car par exemple le nombre de douaniers et de gardiens de prison a été augmenté. Le plan est d’arriver à 4.000 fonctionnaires fédéraux en moins à la fin de ce mandat."

  • Revoir le système d’évaluation

Aujourd’hui, un fonctionnaire fédéral nommé n’a quasiment aucune chance d’être un jour licencié. Hendrik Bogaert veut faire évoluer cette sécurité de l’emploi extrême, qui veut s’avérer contre-productive. "Les 10 dernières années, à peine 10 statutaires ont été licenciés, sur un total de 80.000. Cette sécurité de l’emploi infinie signifie que les fonctionnaires médiocres sont baladés de département en département… Ce n’est plus possible. Après une mauvaise évaluation, les fonctionnaires fédéraux auront six mois pour se ressaisir. Si ce n’est pas le cas, ils prendront la porte."

 

Plus de congé pour donner son sang

Le saviez-vous? Les fonctionnaires fédéraux avaient droit à un jour entier de petit chômage s’il ils allaient donner leur sang. Pour lutter contre les abus dénoncés par la Croix Rouge, Hendrik Bogaert a supprimé ce droit.

D'après une interview de Filip Michiels

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