Frédérique Bruggeman (Robert Half): "La crise est aussi une opportunité "

Frédérique Bruggeman (50 ans), Managing Director Belux Robert Half International

Après une licence en Sciences Economiques appliquées, Frédérique Bruggeman a travaillé pour entre autres Bank Van Breda, Chase Manhattan Bank et enfin Robert Half International (depuis 13 ans maintenant ). Frédérique Bruggeman a démarré sa carrière “at the desk” et a ensuite évolué en tant que Division Manager Management Resources Brussels et ensuite comme Branch Manager. Depuis le 1er juillet 2011, elle a endossé le rôle de Managing Director Belux. Amatrice de musique classique, de littérature et de vin rouge

Chaque jour de septembre, Références pose dix questions à un CEO belge de renom à propos de sa vision du futur, de son secteur et de sa carrière. Aujourd'hui: Frédérique Bruggeman, Managing Director Belux de Robert Half.

1. Selon vous, quels sont les cinq fonctions qui ont de l’avenir dans votre secteur? Pourquoi ?

"Sur le marché du travail, il existe une demande constante pour les profils financiers tels que les comptables, les assistants comptables, les contrôleurs de crédit et les contrôleurs de gestion. Mais les profils administratifs tels que les assistants de direction sont encore fort recherchés par les entreprises. Ce sont des métiers clés, des métiers avec un manque de personnel qualifié. La demande pour ces profils est donc constante."

2. Quels profils sont les plus adaptés pour exercer ces fonctions ?

"De manière générale, les candidats multilingues (français, néerlandais, anglais), qui ont un diplôme dans un domaine similaire à la fonction demandée et quelques années d'expérience dans le secteur requis, sont appréciés. De plus, les ‘soft skills’ comme avoir un bon sens du business, des compétences communicationnelles, le respect des délais, la gestion du stress et l’esprit d’équipe sont d’autres qualités qui entrent en jeu."

3. Peut-on trouver sur le marché du travail suffisamment de personnes avec ce profil ? Ou y a –t-il pénurie de talents ?

"Il y a une pénurie de talents pour certains profils comme expliqué plus haut, donc ce n’est pas toujours facile pour les entreprises d’identifier et de trouver ces candidats. Pour cette raison, celles-ci font souvent appel à une agence de recrutement spécialisée. Notre réseau et notre spécialisation dans ces domaines permettent également aux entreprises clientes d’avoir accès à des profils auxquels ils ne pourraient peut-être pas avoir accès, en ce compris les candidats dits « passifs », difficiles à trouver, qui ne cherchent pas activement un emploi."

4. L’enseignement belge prépare-t-il assez les étudiants à ces jobs qui ont de l’avenir ?

"L’éducation belge offre de nombreuses possibilités aux étudiants. Les étudiants ont accès à des diplômes suffisamment spécialisés qui leurs donnent des bases solides dans un domaine spécifique. C’est un grand avantage pour les étudiants de notre pays. Avoir un diplôme dans un domaine qui est lié à la fonction recherchée par un employeur permet d’avoir une longueur d’avance par rapport à d’autres candidats."

"Par ailleurs, je pense que les établissements (universités, hautes-écoles) qui poussent leurs étudiants à faire un stage en entreprise, pendant plusieurs mois par exemple, est une très bonne chose. Le job étudiant est également une bonne manière de se faire une idée de la vie professionnelle et de développer certaines compétences ou attitudes. Actuellement, on remarque que les jeunes ciblent leur recherche de jobs étudiants dans le secteur où ils désirent exercer une fois diplômé. Le fait d’avoir travaillé pendant ses études, que ce soit à l’occasion d’un stage en entreprise ou grâce à un job étudiant, est un sérieux atout sur le marché de l’emploi. Cela permet de se familiariser avec l’environnement professionnel avant la recherche d’un premier emploi."

5. Quelles sont les principales tendances dans votre secteur? Et les défis ?

"Nous vivons dans une «économie à double vitesse». En effet, les professions hautement spécialisées, dans le secteur financier et administratif notamment, se portent mieux que le marché du travail de manière générale.

Les entreprises ont de grandes attentes en ce qui concerne le niveau des compétences des candidats. Dans le secteur des services financiers, les entreprises ne cherchent pas seulement un candidat avec des qualifications techniques, mais aussi un candidat faisant preuve de compétences stratégiques, telles que la gestion du risque, la supervision des processus d’optimisation,  la gestion de la performance, ou encore la gestion des flux de trésorerie. Les attentes sont donc particulièrement élevées dans ce secteur."

6. Dans votre marché, où se situe le potentiel de croissance ?

"Dans le secteur des fonctions de pénurie et du management intérimaire. Il y a des opportunités, surtout pour les candidats spécialisés ou visant des fonctions stratégiques.  Alors que le marché de l’emploi reste compétitif, une forte demande pour les professions spécialisées et fortement qualifiées persiste, en particulier pour les métiers financiers, bancaires et comptables."

7. Quel projet ou défi votre entreprise doit-elle encore réaliser pour 2020 ?

"Nous voulons poursuivre sur notre lancée et notre croissance  tout en continuant à fournir un service de haut niveau à nos clients, où le conseil personnalisé prend une grande importance. Et sans perdre de vue nos valeurs professionnelles et éthiques. Le marché de l’emploi évolue constamment et si nous arrivons à gérer de manière adéquate les changements économiques comme nous le faisons maintenant, je serai très satisfaite."

8. Quelle est la plus grande erreur que vous avez faite lors de votre carrière ?

"Au début de ma carrière, j’ai trop peu demandé de conseils à mes collègues. Je me sentais seule responsable des solutions et réponses à apporter pour résoudre un problème et, par conséquent, je me suis mise trop de pain sur la planche. J’ai ensuite appris à demander des conseils et à partager les idées et j’ai constaté que c’est ainsi que l’on obtient les meilleurs résultats.  Le travail d’équipe, c’est la clé du succès!" 

9. Selon vous, quel est la pire conséquence de la période de crise que nous traversons depuis quelques années ?

"L’incertitude des sociétés. Le marché du recrutement se caractérise par sa prudence. Les entreprises ont tendance à adopter une attitude « wait & see » parce qu’elles n’ont pas toujours une vue claire des prédictions en termes de résultats et de croissance. Mais la crise est aussi une opportunité, parce que, comme les entreprises attendent avant d’engager du personnel permanent, elles choisissent intentionnellement de travailler avec du personnel temporaire/intérim le temps d’évaluer leurs besoins à long terme. Cela leur permet d’obtenir une plus grande flexibilité. La crise offre également l’opportunité aux sociétés d’être davantage créatives avec les ressources dont elles disposent."

10. Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui se lancent sur le marché du travail ?

"Nous conseillons aux nouveaux entrants sur le marché du travail d'être flexibles, proactifs et créatifs et de faire en sorte que leur CV sorte du lot. Pour ce faire, nous leurs conseillons de mettre en évidence leur éthique de travail, leurs atouts en termes de communication ainsi que les expériences réalisées via des stages, des emplois temporaires, des jobs étudiants, ou encore des activités de bénévolat.

Au-delà de ça, se constituer un bon réseau de contacts, participer à des événements dans le secteur qui les intéresse ainsi que s’inscrire dans une agence de recrutement sont autant de pistes qui permettront aux jeunes de se familiariser avec le monde des affaires et ainsi améliorer leurs chances de trouver un emploi. Enfin, faire appel à un mentor qui a déjà quelques années d’expérience derrière lui, permettra au jeune diplômé d'identifier ses priorités et de franchir, avec succès, les premières étapes de sa carrière.

Le marché du travail est très concurrentiel et ceux qui arrivent à saisir toutes les opportunités qui s’offrent à eux réussiront à trouver, plus rapidement, l’emploi de leur rêve."

À propos de Robert Half

Robert Half est le premier et le plus grand cabinet de recrutement spécialisé dans le monde. Fondée en 1948, la société compte plus de 350 cabinets répartis aux quatre coins de la planète, dont 11 bureaux situés en Belgique. Robert Half  propose des solutions de recrutement sur base temporaire et permanente pour les professionnels de la finance et comptabilité, des services financiers (banques), de la gestion intérimaire, des ressources humaines, de l'administration et des matières juridiques. www.roberthalf.be

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