Google, le « mythe » management

Google fait (toujours) rêver. Régulièrement et sans appel, l'entreprise dotcom truste les premières places des palmarès great place to work. D'où vient sa force d'attraction ?

Une légende geek raconte que si une personne tape " google " dans Google, elle anéantit l'internet mondial... L'empire Google, c'est un peu ça : du fantasme, de la peur, de la fascination. Et du mythe. L'empereur du search a peut-être des ennemis, mais le monde entier vote avec ses clics. Terriblement efficace et fiable, Google n'a pas d'employer branding. Pourtant, le seigneur dotcom se hisse régulièrement parmi les employeurs rêvés de la " génération CV ".

Pourquoi Google attire autant ? " Le moteur de recherche offre aux jeunes diplômés des caractéristiques auxquelles ils adhérent : un outil innovant, un univers, celui d'internet, qui les fascine, une marque jeune, une stratégie de rupture... et une position de quasi-monopole dans son secteur ", observe Mick Daman, CEO d'Universal Communication, une agence spécialisée dans la gestion de la " marque employeur ". Dans l'imaginaire des candidats, Google offre des opportunités de délocalisation, de formation et de développement, d'interaction avec des clients et collègues de nombreux pays, et en raison de sa taille et de sa stabilité économique, la multinationale est aussi considérée comme le meilleur choix pour un emploi sûr. Plus proche dans ses choix du boursicoteur que du citoyen, le jeune diplômé ?

Pour Bernard Girard, expert en management et auteur de plusieurs ouvrages sur le management chez Google, " les étudiants sont toujours attirés par ce qui brille. Google, avec Facebook, reste l'une des plus belles réussites dans le domaine des nouvelles technologies. Par ailleurs, il s'agit d'une société encore très jeune, créée par des étudiants et ça, c'est assez sexy pour eux. " Au siège social du groupe, les salariés bénéficient, par exemple, d'un environnement de travail privilégié : fauteuils de massages, piscines, etc. Des aides sont aussi accordées dans l'entreprise pour l'achat de voitures électriques ;  ses dirigeants affichent d'ailleurs certaines valeurs (ils " investissent, à  titre privé dans l'économie verte "). Mais ce n'est pas tout. Google est bien souvent associé dans les esprits à  un groupe dont le modèle de management est très lié au monde de la recherche. " Là  où les entreprises traditionnelles ont plutôt tendance à  vous formater, Google aide ses collaborateurs à  développer leurs idées, à  être créatifs, avec par exemple la règle des 20 % de temps laissé aux ingénieurs pour qu'ils se consacrent à  des recherches personnelles. " En raison d'une sélection drastique à  l'entrée, ses ingénieurs figurent aussi parmi les meilleurs du monde.

Tout le monde il est gentil

Voila pour la part de rêve. Et le paradoxe. Car la gentille start-up cherchant à  " ne pas faire le mal " est désormais une multinationale accusée de bien des maux. Sous le vernis, Google ne se démarque presque pas des autres corporations : pressurisation intense des salariés, horaires à  rallonge, concurrence interne omniprésente, salaires " normaux ", évaluations et scores aux résultats... " Nous ne sommes pas un jardin d'enfants ", confie Thierry Geerts, patron de Google Belgique. " Nos salariés travaillent dans un environnement qui évolue très vite. Et nous avons des obligations de résultat. Simplement, nous essayons de leur fournir le meilleur cadre de travail qui soit ".

En dehors de ses murs, les dictatures lui reprochent de ne pas se plier à  leur censure, des États démocratiques l'accusent de biaiser avec la fiscalité pour se soustraire à  l'impôt, les éditeurs de livres comme de journaux s'érigent contre ce pillard de contenus, les opérateurs télécoms s'emportent contre ce géant engorgeant leurs réseaux sans accepter d'en payer le prix, ses concurrents s'irritent de son appétit sans limites, les anti-" Big Brother " réclament plus de transparence sur les données personnelles qu'il stocke... Sur ces sujets, comme sur tant d'autres, Google se tait. Entretient son mythe. Et ne communique que sur ce qui lui plaît.

Nombre d'employés 
33 000 personnes dans le monde, actives dans 50 pays.

Prévisions d'embauches 
2 personnes à  Bruxelles. Google embauche régulièrement des Belges au siège de Dublin.

Profils 
Essentiellement des ingénieurs et des commerciaux, avec des diplômes universitaires. Certains postes sont aussi ouverts aux juristes, romanistes et historiens.

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