Hans D'Hondt (SPF Finances): "Travailler pour les autorités est très intéressant"

Hans D'Hondt, président du Comité de Direction du SPF Finance

Originaire de Flandre Orientale, Hans D’Hondt a étudié le droit à la K.U.Leuven. Après une courte période en tant qu’avocat, puis fonctionnaire, il a travaillé dans le cabinet d’entre autres Philippe Maystadt, Jean-Luc Dehaene, Melchior Wathelet senior, Leo Delcroix et Herman Van Rompuy. En 1999, Hans D’Hondt est à la tête de l’Institut National de Statistique. Cinq ans plus tard, il devient chef de cabinet d’Yves Leterme, qui suivra aussi au niveau fédéral. Il reste en poste au 16 rue de la Loi jusqu’en 2010, quand il part diriger le Service Public Fédéral des Finances. Pendant son temps libre, D’Hondt est leader du groupe rock/blues Supreme Court.

Chaque jour de septembre, Références pose dix questions à un CEO belge de renom à propos de sa vision du futur, de son secteur et de sa carrière. Aujourd'hui: Hans D'Hondt, à la tête du Service Public Fédéral Finances.

  1. Selon vous, quels sont les cinq fonctions qui ont de l’avenir dans le service public ?  

"Les fonctions fiscales naturellement, et plus spécifiquement les jobs qui ont un lien avec la lutte contre la fraude fiscale. Ensuite, les fonctions financières et juridiques et tout ce qui touche au RH, au contrôle interne, à l’audit et au contrôle administratif. Ces derniers domaines vont sûrement croître dans le futur. Nous engageons de toute façon chaque année des centaines de personnes dans les fonctions que j’ai citées."

  1. Quels profils sont les plus adaptés pour exercer ces fonctions ?

"Je pense tout d’abord aux profils économiques et juridiques, mais nous cherchons aussi des spécialistes IT et des bacheliers dans les domaines financiers et économiques, comme les comptables et les fiscalistes. Bien sûr, le diplôme est une chose, mais les gens qui ont acquis les compétences nécessaires grâce à leur expérience sont aussi bienvenus aux Finances."

  1. Peut-on trouver sur le marché du travail suffisamment de personnes avec ce profil ? Ou y a –t-il pénurie de talents ?

"Jusqu’à présent nous avons toujours pu satisfaire nos besoins, mais nous remarquons que les réserves commencent à s’épuiser et que la ‘guerre des talents’ va commencer. Par exemple, il devient plus compliqué de trouver des bacheliers."

  1. L’enseignement belge prépare-t-il assez les étudiants à ces jobs qui ont de l’avenir ?

"On peut dire que l’enseignement donne une bonne base aux étudiants. De toute façon, nous offrons à nos jeunes recrues une formation technique très poussée. Pour nos fonctions fiscales, des compétences très spécifiques sont requises, qui ne sont pas au programme des études classiques. Je peux d’ailleurs dire que nos propres formations sont de très bonne qualité. Notre but est aussi de les faire reconnaître par les instances de l’enseignement."

  1. Quelles sont les principales tendances dans votre secteur? Et les défis ?

"Nous devrons certainement augmenter notre efficacité. Cela sera possible en automatisant davantage et en grâce à une sélection de risque plus poussée,  aussi via datamining. Deuxièmement – et ce n’est pas uniquement valable pour les Finances, mais pour toute l’administration – il faut aussi simplifier la règlementation. Une tendance claire est aussi que les gens vont travailler d’une autre manière et à d’autres endroits et moments qu’avant. C’est une toute nouvelle façon de vivre qui va aussi avoir des conséquences pour nous."

  1. Le département des Finances est-il en phase en croissance ?

"Non, car le nombre de collaborateurs baisse. Depuis 2006, nous remplaçons seulement deux départs à la retraite sur trois. Même moins l’année dernière, car nous devons en plus faire des économies. Mais cela ne signifie pas que nous n’engagerons plus ou que les autorités ne rempliront plus leur rôle."

  1. Quel projet ou défi voulez-vous  encore réaliser pour 2020 ?

"Le projet le plus important est la modernisation du département des Finances. Nous devons ainsi par exemple achever la restructuration, qui a commencé il y a déjà longtemps. Deuxièmement, nous devons professionnaliser l’organisation en déployant un système de contrôle administratif, contrôle interne et audit. Nous devons aussi établir les ‘cercles de développement’, un système d’évaluation de notre personnel qui est couplé à l’atteinte d’objectifs. Enfin, nous devons faire un effort dans le domaine de la formation et du coaching de notre middle management."

  1. Quelle est la plus grande erreur que vous avez faite lors de votre carrière ?

"Je pourrais vous dire ça une fois ma carrière terminée. En plein parcours, il faut essayer de prendre des décisions honnêtes et réfléchies, et je pense qu’il n’est pas opportun de décider maintenant ce qui a été ma plus grosse erreur et mon plus grand succès."

  1. Remarquez-vous que nous sommes en période de crise ? Est-ce que plus de gens choisissent de travailler pour les autorités à cause de la sécurité de l’emploi ?

"A côté de l’élément conjoncturel, il y a beaucoup d’autres raisons pour lesquelles les gens choisissent de travailler pour les finances. Se sentir utile est une motivation pour beaucoup de gens. Deuxièmement, nous offrons aussi un salaire compétitif comparé au secteur privé. Les autorités offrent en plus la possibilité d’un bon équilibre travail-vie privée. Et le plus important : Sur le plan du contenu, travailler pour les autorités est très intéressant. Tous ces éléments structurels pèsent selon moi plus qu’un phénomène éphémère comme la sécurité de l’emploi en période de crise."

  1. Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui se lancent sur le marché du travail ?

"Osez envisager les autorités comme un employeur. Et osez faire vos propres choix, même s’ils comportent certains risques."

 

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