Intelligence artificielle: l’avenir du recrutement?

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L’intelligence artificielle représente-t-elle le futur es méthodes de recrutement? L’idée semble en tout cas convaincre le bureau de recrutement Michael Page, après une étude menée sur les technologies, les tendances et les orientations qui définiront l’environnement de travail de demain.

Le CV du futur ne peut être envisagé sans l’intelligence artificielle. Tel est le point de vue développé par Grégory Renardy, Executive Director de Michael Page Belgique.

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Pourquoi êtes-vous si convaincu que l’intelligence artificielle représente l’avenir du recrutement?

L’intelligence artificielle est déjà développée partout dans le monde, dans différents domaines. Donc, je ne vois pas pourquoi le secteur du recrutement y échapperait. Dans un monde aussi interactif que le nôtre, les CV classiques tendront à ne plus vraiment avoir leur place. D’ailleurs, le secteur du recrutement a déjà été profondément changé avec la digitalisation. Si on regarde 20 ans en arrière, on n’aurait jamais imaginé avoir à notre disposition un réseau social professionnel tel que LinkedIn. Je pense que la prochaine étape, ce sera d’ajouter l’intelligence artificielle à ces plateformes qui existent déjà. Il faut juste attendre que la technologie soit prête, mais ce n’est qu’une question de temps, à mon avis.

Concrètement, comment fonctionnerait ce CV du futur?

On imagine cela sous la forme d’une plateforme générale, dans les proportions de ce qu’on peut déjà connaître aujourd’hui, à laquelle on viendrait intégrer l’intelligence artificielle. Cet espace personnel 100% numérique serait contrôlé par une intelligence artificielle qui centraliserait toutes les informations propres à notre parcours professionnel, nos compétences et notre personnalité. Il constituerait également un point de stockage centralisé contenant tous les documents et contacts professionnels, accessibles immédiatement. Grâce à tous ces éléments centralisés, on pourrait imaginer que le CV du futur serait le CV le plus personnalisé qui puisse exister. La grosse différence avec ce qu’on connaît aujourd’hui, c’est qu’il intégrerait un facteur humain et qu’il permettrait d’orienter le candidat vers les meilleures opportunités ou formations disponibles. Pour les entreprises, cet outil représenterait le moyen de trouver un candidat sur mesure, qui coïncide au mieux avec les besoins de l’entreprise. On peut y voir un win-win.

Une telle plateforme serait-elle sûre d’un point de vue du stockage des données?

On peut s’attendre à ce que ce soit la crainte de nombreuses personnes face à cet outil. Mais technologiquement parlant, je ne pense pas que ce soit un problème d’assurer la protection de ces données. Une solution serait, par exemple, d’utiliser une technologie appelée la «blockchain», qui permet de rendre l’espace personnel anonyme et de gérer les connexions aux données ou d’en limiter l’accès à certaines personnes. Les informations personnelles sur le cloud seront ainsi protégées, certifiées et inaltérables.

Ne va-t-on pas trop loin? Ne risque-t-on pas de remplacer le rôle humain du recruteur?C’est un risque. Mais la digitalisation a déjà remplacé l’intervention humaine dans de nombreux domaines. Je ne vois pas pourquoi le recrutement échapperait à cette règle. Je ne sais pas s’il faut s’attendre à ce que ce type de technologie supprime totalement le rôle de l’homme dans le recrutement mais cela devrait, en tout cas, diminuer le nombre d’intermédiaires impliqués dans le processus de recrutement. Après, tout dépend de ce que l’on en fait. Si on pousse l’idée à l’extrême, on peut imaginer que le logiciel prenne en charge la totalité du processus de recrutement. Mais je pense plutôt qu’il sera utilisé dans une première phase de sélection des candidats et qu’une rencontre entre les personnes sera encore conservée pour la suite.

Quand estimez-vous voir débarquer cette technologie sur le marché?

C’est difficile à dire, mais je crois qu’on devrait en observer les premiers signes d’ici 10-15 ans. La technologie sera développée sans problème, ça, j’en ai la certitude. Après, la question sera aussi de voir si les gens vont adhérer et accorder leur confiance à cette technologie. Je pense que c’est ce qui va être le plus compliqué. Mais on peut très logiquement penser que les jeunes seront les premiers convaincus. Ils vivent tellement avec cette digitalisation depuis toujours, que cela leur semblera naturel. Après, je pense que le reste de la population suivra, tout simplement parce que la technologie a ce petit quelque chose qui fascine les gens.

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