Jan De Coninck (Société Générale Private Banking) : "C’est un travail de vrais spécialistes"

Jan De Coninck (46 ans), CEO de Société Générale Private Banking

Jan De Coninck a étudié la Gestion et la Fiscalité d’entreprise. Il a assumé un certain nombre de fonctions administratives et financières dans l’industrie et le commerce avant de débuter sa carrière dans le secteur bancaire. En 1997, il a été nommé CFO du Groupe Société Générale (Banque De Maertelaere à l’époque). À partir de 2003, il a conjugué la fonction de CFO avec celle de directeur RH. Depuis 2006, Jan De Coninck est CEO de Société Générale Private Banking Belgique, où il est responsable tant de la politique financière et de la communication que des ressources humaines de la banque.

Chaque jour de septembre, Références pose dix questions à un CEO belge de renom à propos de sa vision du futur, de son secteur et de sa carrière. Aujourd'hui: Jan De Coninck, CEO de Société Générale Private Banking Belgique. Il s'agit d'une banque privée de gestion de fortune, présente dans 18 pays à travers le monde, qui offre des services de gestion de patrimoine à une clientèle d’entrepreneurs et de particuliers fortunés.

1. Selon vous, quelles sont les cinq fonctions qui ont de l’avenir dans votre secteur ? Pourquoi ?

"Les banquiers privés, disposant à la fois de qualités techniques, d’aptitudes commerciales et d’une capacité à tisser une relation de confiance avec un client, sont promis à un brillant avenir. En outre, la réglementation qui évolue sans cesse garantit suffisamment de travail et de défis aux profils actifs dans les domaines de la ‘compliance’, de l’audit et de la gestion du risque."

2. Quels profils sont les plus adaptés pour exercer ces fonctions ?

"Pour un banquier privé, le côté relationnel est le critère le plus important étant donné que les compétences techniques peuvent s’acquérir sur le tas. Pour les autres fonctions, le sens de l’analyse et de la synthèse est également important, de même qu’un bon ‘feeling’ pour la gestion du risque."

3. Peut-on trouver sur le marché du travail suffisamment de personnes correspondant à ce profil ou y a-t-il pénurie de talents ?

"Les personnes vraiment compétentes sont toujours difficiles à trouver, quel que soit le profil recherché."

4. L’enseignement belge prépare-t-il suffisamment les étudiants à ces emplois d’avenir ?

"On ne peut attendre de l’enseignement que les jeunes diplômés soient immédiatement opérationnels pour occuper des fonctions aussi spécialisées. Le plus important est que, au-delà d’une solide formation bancaire classique, une formation générale soit donnée afin de permettre aux jeunes recrues de développer des capacités en matière d’analyse et de synthèse. Nous ne devons pas sous-estimer notre enseignement, car, par rapport aux autres pays, nos diplômés sortent avec un très bon niveau."

5. Quelles sont les principales tendances dans votre secteur ? Et les principaux défis ?

"Tout va de plus en plus vite et les relations sont de plus en plus superficielles, virtuelles et faibles en intensité. Dans notre secteur, une relation de confiance à long terme est indispensable, notre principal défi consistera donc à en convaincre nos clients. Nous pouvons ainsi les accompagner contre vents et marées pour tous les aspects de leur patrimoine, et ce même au-delà des générations."

6. Dans votre marché, où se situe le potentiel de croissance ?

"De plus en plus de clients réalisent le caractère crucial d’une stratégie d’investissement adaptée à leur profil de risque et d’une planification patrimoniale correctement programmée. C’est le travail de vrais spécialistes tels que nous. C’est également la raison pour laquelle notre marché est amené à progresser de manière naturelle. Le secteur du private banking ne représente encore qu’une petite partie du marché total."

7. Quel défi votre entreprise doit-elle encore relever d’ici 2020 ?

"Nous travaillons sans relâche avec toute notre équipe et nous avons déjà accompli beaucoup. Cependant, notre objectif final est de devenir « LA » référence sur le marché belge en matière de private banking."

8. Quelle est la plus grande erreur que vous avez faite lors de votre carrière ?

"À certains moments de ma carrière, je n’ai pas réalisé que commettre des erreurs faisait partie du jeu, au même titre que de faire des choix judicieux, et qu’il ne faut surtout pas s’attarder sur ses erreurs. Lorsque vous avez analysé correctement votre erreur et que vous êtes certain de ne plus la reproduire, vous devez continuer à avancer, sans quoi vous perdez un temps précieux, erreur qui serait encore plus grave que la première."

9. Selon vous, quelle est la pire conséquence de la crise que nous traversons depuis quelques années ?

"Je veille à ce que mes collaborateurs ne se laissent pas influencer par l’opinion publique et ne portent pas un regard négatif sur les marchés financiers, la société en général et leur rôle spécifique au sein de celle-ci. Le positivisme est en effet source d’enthousiasme, de motivation et d’envie de réussir. Ce sont aujourd’hui les ingrédients pour obtenir des résultats."

10. Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui se lancent sur le marché du travail ?

"J’en ai plusieurs ! Premièrement, soyez patient, vous êtes à l’aube d’une longue carrière. Sachez que vous devrez d’abord beaucoup donner avant de recevoir. Deuxièmement, faites preuve d’autocritique et placez toujours la barre le plus haut possible."

Retour à la liste