Jeune diplômé et fonctionnaire, une espèce rare

Marie est une jeune travailleuse heureuse. Diplômée en juin 2015 en économie à l’Université catholique de Louvain, elle a trouvé son premier emploi moins d’an plus tard, un CDI. A l’aube d’une carrière où la plupart de ses camarades se tournent vers le privé, elle a choisi de se lancer dans la fonction publique en tant que contrôleur des subventions au SPF économie. « Je suis super contente. J’avais vraiment envie d’être dans le public et j’en suis pleinement satisfaite , lance-t-elle d’emblée. Je voulais m’orienter dans un travail qui favorise l’intérêt public. Je n’avais pas de prédilection pour une fonction exacte mais, en tout cas, je ne me voyais pas dans une compagnie privée » , continue la jeune femme de 25 ans.

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C’est également l’envie de s’impliquer dans un travail avec un projet social qui a motivé Valentin à entamer, lui aussi, une carrière dans l’administration publique. Diplômé en sciences politique, aussi en 2015, il travaille depuis le mois de septembre dernier à la lutte contre le surendettement pour le service public wallon.« J’avais la volonté de trouver un travail qui aide les gens. Je considère que le secteur public était l’une des meilleures façons d’y parvenir », explique-t-il. Ce projet de carrière n’est d’ailleurs pas neuf pour le jeune Namurois. « En rhéto, nous devions accompagner un professionnel durant une journée. J’avais alors suivi le quotidien d’une personnalité publique », continue Valentin, qui se voyait également bien travailler comme fonctionnaire européen.

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Si leur expérience est encore courte, l’un comme l’autre se disent déjà largement satisfaits de leur travail. « Je ne pensais pas avoir si rapidement des responsabilités, c’est très valorisant. Je ne pense pas que j’aurais eu autant de confiance si rapidement dans le privé », explique Valentin.

Les plus jeunes du service

Issu des sciences politiques, Valentin a plus d’un camarade qui a choisi de se lancer dans le public. Ils sont en revanche plus rares dans les options économiques, «surtout en gestion, où il ne doit y avoir quasi personne », sourit Marie. Car les clichés sont encore assez présents sur le campus. « C’est vrai qu’il y a encore quelques idées reçues sur le secteur public. Notamment que l’aspect administratif est très pesant. Je dois d’ailleurs avouer que j’avais certaines craintes à ce niveau-là», reconnaît Marie. Pour autant, la jeune femme de 25 ans ne regrette absolument pas son choix.

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Les « néotravailleurs » sont tous les deux les plus jeunes de leur service. « Sur les 22 salariés du département, je suis la seule de moins de 30 ans. Très peu de mes collègues d’ailleurs ont commencé leur carrière comme fonctionnaire. La plupart ont fait d’abord quelques années dans le privé » , lance Marie. Etre la benjamine n’est néanmoins pas nécessairement pénalisant pour elle. « La différence d’âge ne me dérange pas du tout. Au contraire, j’apprends énormément auprès d’eux. »

L’importance des formations

Si beaucoup d’étudiants se lancent d’abord dans le privé, et notamment dans les très grosses entreprises, c’est parce qu’ils y voient la possibilité d’engranger de l’expérience et compléter leur formation. Mais la fonction publique se soucie aussi de peaufiner les connaissances de ses jeunes travailleurs, ce qui plaît à Valentin et Marie. « On a énormément de possibilités, ce que j’apprécie beaucoup et dont je ne me prive pas. Depuis septembre, j’ai déjà suivi trois formations et j’en ai déjà une quatrième de prévue en janvier », précise Valentin.

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Avec seulement quelques mois d’expérience professionnelle, Marie et Valentin n’ont évidemment pas encore d’idée exacte de quoi sera fait le reste de leur vie professionnelle. Néanmoins, ils n’excluent pas de rester un bon bout de temps dans le service public.

« On ne sait jamais les opportunités qui se présenteront, mais pourquoi pas faire une carrière ici ? Cela ne veut pas dire rester toujours au même poste. Il y a beaucoup d’opportunités d’évolution en interne, mais aussi la possibilité de travailler pour d’autres services », explique encore le jeune diplômé. Un avis partagé par Marie : « Il est toujours possible de faire le tour de ce qu’offre notre travail. Si c’est le cas, je m’orienterai vers d’autres services. Mais ma collègue, proche de la retraite, a fait la plus grande partie de sa carrière dans le même service et elle s’y plaît toujours » , conclut Marie.

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