Job next gen : spécialiste application

Avec le déploiement des procédures de chirurgie mini-invasive et la place toujours plus importante de l’imagerie médicale, les technologies de pointe ont colonisé nos hôpitaux. Pour optimaliser le fonctionnement de ces IRM et autres salles d’angiographie, des application specialists sont délégués par le fabricant au chevet des médecins.

Lorsqu’un hôpital achète une machine, je dis toujours qu’il loue aussi le mode d’emploi sur pattes, plaisante Isabelle Vertriest, Business Manager chez Siemens. Ce manuel interactif, c’est le « spécialiste application » : un professionnel délégué par le fournisseur afin d’accompagner les équipes médicales dans l’utilisation de dispositifs – salle d’angiographie, de radiologie, IRM, etc. – de plus en plus sophistiqués. Il y a vingt ans, la profession était rare : les explications de base étaient fournies par le service technique... un peu comme lorsqu’on vous livre un frigo. Aujourd’hui, la complexité des procédures justifie l’envoi sur place d’un personnel dédié, garant de l’utilisation optimale des machines. Grâce à lui, les équipes médicales doivent pouvoir tirer « le meilleur » de ces engins afin qu’ils ne subissent pas le même sort que nos cerveaux et ordinateurs : être exploités seulement au dixième de leurs capacités... 

Des backgrounds très divers

Les spécialistes application présentent des backgrounds très divers. Certains ont commencé leur carrière dans le milieu hospitalier : c’est le cas d’Isabelle Vertriest, qui travaillait dans un service de cardiologie en tant qu’infirmière, avant de rejoindre Siemens pour devenir spécialiste application en angiographie.

Dans le milieu médical, on côtoie les spécialistes application. Lorsqu’on aime manipuler les machines, cela peut donner envie d’aller voir de l’autre côté, explique-t-elle.

D’autres ont une formation de physicien ou encore d’ingénieur biotechnicien. Des profils particulièrement recherchés pour les postes de « spécialiste application IRM », une technique qui exige une expertise poussée.

Le point commun des spécialistes application ? Tous sont passionnés par les (nouvelles) technologies et évoluent en milieu hospitalier comme des poissons dans l’eau.

Pour être spécialiste application, il faut pouvoir garder son calme en toutes circonstances. Il faut aussi se montrer flexible : vous intervenez dans des services qui continuent de tourner et où le patient passera toujours d’abord. Il faut aussi être à l’écoute des praticiens, savoir relayer leurs demandes.En effet, les spécialistes application peuvent également intervenir en amont, par exemple lors du développement de nouveaux logiciels en collaboration avec des équipes médicales. Notre rôle est principalement d’être présent lors de l’installation de nouvelles machines. Mais nous intervenons également lorsqu’un médecin veut lancer une nouvelle procédure avec une machine qu’il connaît déjà. D’un côté, vous avez donc un chirurgien qui sait ce qu’il veut faire... et de l’autre, un spécialiste application qui sait ce que la machine peut lui donner et comment elle peut le lui donner ! 

Synergie homme-machine

À l’heure où l’imagerie est de plus en plus utilisée pendant les interventions chirurgicales lors de procédures dites « hybrides », la maîtrise technique des machines préside plus que jamais à la sécurité du patient et à la qualité des soins. Selon moi, c’est un métier dont on ne peut plus se passer aujourd’hui si l’on veut offrir un service de qualité, commente Isabelle Vertriest. Un métier qui a encore de beaux jours devant lui donc, avec la particularité d’être ouvert à de nombreux profils.

Pour le personnel issu du milieu hospitalier, la plus-value salariale et les avantages extralégaux sont souvent significatifs. Les possibilités de travail à l’étranger sont elles aussi bien réelles puisque les géants du secteur ont une assise internationale. Vous avez des techniques très spécifiques pour lesquelles il n’y a pas toujours un spécialiste application national, précise Isabelle Vertriest. On fait alors venir quelqu’un de l’étranger. De même, nous pouvons aller former des médecins dans les pays voisins. Dès que vous avez une expertise spécifique, les perspectives ne manquent pas.

 

Julie Luong. Source : Éco-Santé OCDE 2009

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