L’économie circulaire créerait des dizaines de milliers d’emplois

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Deux millions d’emplois créés grâce à l’économie circulaire en Europe. Derrière ce chiffre se cache une étude de la Commission européenne qui révèle l’énorme potentiel de ce secteur d’activité. Si le gouvernement a commandé une étude pour comprendre l’ampleur de ce phénomène en Belgique, la Suède a d’ores et déjà estimé à 100.000 le nombre de jobs qui seront créés dans ce contexte d’ici 2030. On évalue ce nombre à 200.000 pour le Royaume-Uni et à 83.000 aux Pays-Bas.

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Mais qu’entend-on par économie circulaire ? Le but est simple, il consiste à récupérer les déchets d’une industrie pour les recycler dans une autre industrie ou dans celle où ils ont été initialement conçus. Mais derrière les espoirs que porte cette économie se cache une question : de quels emplois parle-t-on ? La réponse est large et se construit au jour le jour dans cette nouvelle économie.

Place à l’industrie

Agoria s’est prêté au jeu des estimations et avance que 10.000 à 20.000 emplois seront créés dans l’industrie belge grâce à l’économie circulaire. Car le premier constat que dresse la fédération se situe à ce niveau : la plupart des jobs seront créés dans les milieux industriels. « Contrairement à ce que beaucoup de monde pense, l’économie circulaire ne se limite pas au recyclage. D’ailleurs, la Belgique est assez forte dans cette activité, le nombre d’emplois à créer est limité. Ce n’est pas à ce niveau que le potentiel est le plus important » , explique Patrick Van Den Bossche, spécialiste dans cette matière pour Agoria.

Il rajoute, « le potentiel se situe surtout dans l’industrie et la technologie. L’enjeu est d’arriver à créer des produits nouveaux avec une réelle plus-value pour les clients. Pour y arriver, il faut étendre la durée de vie des produits. Et il faut créer des emplois pour que ce changement ait lieu… »

Dans un marché de l’emploi qui est ponctué d’annonces de délocalisation face au défi du numérique, l’atout premier de l’économie circulaire pour les travailleurs est son aspect local. Tout d’abord parce que l’on imagine actuellement mal des machines à laver et autres moteurs traverser la moitié de la planète pour se faire réparer.

Mais aussi parce qu’avec le recyclage, le marché local regagne en compétitivité, malgré les salaires plus élevés. « Il y a un énorme gain avec le réusinage de produits. Le coût des matériaux bruts monte jusqu’à 30 % du coût total dans le cas d’une boîte de vitesses de voiture, par exemple. Atténuer ce coût grâce au recyclage est un grand avantage au niveau du coût final. »

Reste à franchir certaines barrières : le refus des entreprises de vendre du seconde main ou encore la conviction souvent fausse qu’en vendant ces produits, elles vont diminuer leurs ventes primaires. La vision du recyclage doit aussi être repensée au niveau du marketing, du design…

A terme, les clients n’achèteront plus un produit, mais un service. A l’image de Philips qui ne vend plus des armatures d’éclairage, mais de la lumière. Pour assurer ce service, une large main-d’œuvre sera nécessaire. Agoria, qui a d’ailleurs mis sur pied un réseau d’apprentissage, juge le dispositif de formation en Belgique apte pour faire face à ce défi.

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Le caractère urbain

A la question du type d’emploi se rajoute celle du lieu. Si, à terme, des projets n’apparaîtront pas qu’en ville, il semble que ce soit fréquemment en milieu urbain que l’économie circulaire se matérialise actuellement. Bruxelles en a fait l’une de ses ambitions. Dans un souci de développer une économie plus responsable, d’abord, mais aussi pour créer des emplois. Pour réaliser cette vision, le gouvernement de la capitale a annoncé, en décembre 2016, qu’il dégagerait 1,7 million pour soutenir 41 projets actifs dans l’économie circulaire via l’appel à projet « be circular ». « Nous avons déjà créé 30 emplois. Ce nombre évoluera selon le succès rencontré par les différents projets sélectionnés » , explique Didier Gosuin, ministre bruxellois de l’Economie. Les projets sélectionnés sont issus de secteurs aussi variés que l’alimentation, la construction, la logistique, le recyclage et le design. Une diversité qui était souhaitée, « c’était en tout cas la volonté. L’économie circulaire couvre des secteurs variés qui ne sont pas qu’industriels. »

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Récente lauréate du 1 er prix de la « Regional Innovation Award 2016 » de l’Association européenne des Régions pour son programme régional en économie circulaire, Bruxelles est désormais dans le peloton de tête des régions qui appuient l’économie circulaire. « Il faut toujours rester très modeste, nous sommes ici dans la perspective d’une économie nouvelle, d’une nouvelle dynamique… Nous voulons nous mettre dans de bonnes conditions pour répondre au mieux à cette économie qui peut être porteuse d’emplois. » Le ministre souligne enfin qu’il souhaite renouveler cet investissement de 1,7 million l’année prochaine.

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