L’environnement ne résout pas tout

Publié : lundi 24 septembre 2018

flex

Apporter du dynamisme, coller mieux à la flexibilité du travail, adapter au mieux son environnement à l’activité qu’on y fait… Les avantages de cette nouvelle façon de voir son bureau, sans place attribuée, sont nombreux. Le «flex office» a pour ambition notamment de combler les manques qu’a amenés le travail en «open space».

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«On a vite remarqué que l’open space générait du stress directement lié au bruit, aux interruptions, à l’inconfort de travail. L’activity-based office et le principe d’un lieu de travail adapté à l’activité ont donc de l’intérêt. Mais les recherches sur le sujet menées ces trois dernières années révèlent qu’il peut aussi avoir comme conséquence un sentiment de déshumanisation profond. A fortiori lorsque la logique de la mise en œuvre de ce NWOW est motivée par l’ambition principale de réduire les coûts. Dans ce cas, le travailleur a le sentiment de n’être plus qu’une ressource», explique Laurent Taskin, professeur de management à la Louvain School of Management (UCLouvain).

Outre la dépersonnalisation, le professeur pointe également un risque relationnel. «Un travailleur nous expliquait ainsi ne plus voir aussi souvent ses collègues. Et de nous raconter qu’il avait croisé récemment un membre de son équipe qu’il n’avait plus vu depuis un petit temps, pensant qu’elle travaillait à un autre étage ou sur d’autres espaces. Elle lui a révélé qu’elle avait été en arrêt maladie durant quatre mois», illustre le professeur de GRH qui constate que «la principale motivation avancée au sein des comités de direction pour passer vers ces modes d’organisation du travail demeure financière: elle est liée à l’importante économie qui en découle pour l’employeur».

Ce qui est un faux calcul, précise le professeur. Mais s’il préfère émettre quelques réserves, Laurent Taskin se dit convaincu de l’intérêt de la démarche sous certaines conditions. «Le lien, le respect et la confiance ne se mettent pas en place uniquement grâce à l’environnement de travail. Il faut l’accompagner d’un management qui soit équipé pour construire et veiller à la cohésion d’équipes de travail davantage distribuées dans l’espace qu’avant. Le manager est un métier aujourd’hui souvent critiqué, mais on n’a jamais eu tant besoin d’excellents managers qu’aujourd’hui».

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