L'esprit startup ? Attirant et sexy

Startups et PME peuvent-elles s'aligner sur le marché de l'emploi ? À condition de mettre en exergue ce qui les rend « so sexy » : croissance, flexibilité et esprit PME.

Quand on évoque le terme de startup, son regard s'illumine. Et pour cause : Agnès Flémal dirige l'incubateur wallon WSL, totalement dédié depuis plus de dix ans à  l'accompagnement de startups porteuses de projets à  haute intensité technologique. Les sciences de l'ingénieur, elle connaît... de même que ce qui fonde l'attractivité des entreprises qui en sont imprégnées.

Il y a dans ces petites structures un côté Silicon Valley, dit-elle. C'est ce qui justifie le fait que les ingénieurs qui les fondent n'ont pas trop de problèmes pour attirer les talents. Ils sont souvent jeunes, disposent d'un réseau qu'ils ont constitué à  l'université : celles et ceux qui les rejoignent sont imprégnés de cette mentalité. C'est le projet qui les porte en quelque sorte, bien davantage que l'aspect financier.

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C'est après coup que les difficultés peuvent éventuellement survenir. La mentalité startup, chez certains, ne dure parfois qu'un temps, poursuit Agnès Flémal. Arrive un moment où, quand la famille s'agrandit ou dès lors qu'on fait construire sa maison, on devient plus réceptif à  la rémunération. Certains recrutés de la première heure quittent alors l'aventure, parfois à  regret, pour rejoindre des structures plus grandes, privilégiant des attentes peut-être davantage portées sur la sécurité.

Le trajet inverse se produit-il également ? Heureusement, poursuit la directrice de WSL. Les startups ont aussi besoin de compétences confirmées, sur le plan commercial notamment, pour se développer. L'ingénieur étant très porté sur la technologie, il peut avoir besoin de se faire accompagner par un profil expérimenté sur le plan du marketing et de la connaissance des marchés. C'est d'ailleurs tout le sens du programme CxO qui fut mis sur pied par le gouvernement wallon en 2012 afin d'aider les jeunes PME à  recourir à  des managers expérimentés dans un domaine spécifique.

La greffe, cependant, ne prend pas systématiquement. Comme l'explique Pierre Rigaux, à  la tête de Cefaly Technology (lire en page 2), il est parfois plus enrichissant de recruter un jeune qui grandira avec l'entreprise, et imaginera dans le cadre de sa croissance les solutions les plus performantes, qu'un commercial plus expérimenté qui, en sus de coûter plus cher, débarquera peut-être avec des solutions toutes faites et mal adaptées.

Le propos est confirmé par Dimitri Lhoste, responsable administratif et financier de Lambda-X, une société basée à  Nivelles qui conçoit, développe et commercialise des systèmes optiques pour le domaine spatial et des secteurs tels que la vision industrielle ou le contrôle qualité. Nous avons bien évidemment besoin de personnes expérimentées, dit-il. Mais il arrive effectivement qu'un passé dans une grande entreprise joue contre le candidat : nous ne sommes plus une startup au sens strict, mais nous en avons conservé la mentalité.

Initialement née dans la mouvance de l'ULB, l'entreprise qui emploie vingt-cinq personnes affiche ces dernières années une croissance tutoyant les 20 % à  25 %. Nous recrutons assez activement, et avons d'ailleurs actuellement deux fonctions d'ingénieurs à  pourvoir, en veillant non seulement aux compétences techniques mais aussi à  la capacité de se fondre dans une structure flexible, poursuit notre interlocuteur. La polyvalence est, chez nous, une qualité.

La taille de l'entreprise ne constituerait donc pas un handicap aux yeux des candidats ? Pour Agnès Flémal, il faut savoir ce qu'on recherche. On a tout à  gagner à  rejoindre une équipe dynamique et à  s'y insérer non pas en tant que rouage d'une grande structure, mais bien en tant qu'acteur pouvant directement influencer l'avenir de l'entreprise, estime-t-elle. De fait, nous pouvons assez facilement compenser le fait que nous ne payons peut-être pas aussi bien qu'une multinationale par des atouts auxquels les gens sont de plus en plus réceptifs, complète Dimitri Lhoste qui précise que les deux derniers recrutés ont rejoint l'entreprise en provenance d'Espagne et de Hongrie. Un ingénieur, en particulier, est souvent très heureux quand on lui apprend qu'il pourra s'impliquer dans un projet de sa phase de conception à  celle de sa mise en production. Combiné à  notre domaine d'activité, cela contribue très certainement à  notre attractivité.

Benoît July

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