L’interim manager de plus en plus populaire au sein de nos entreprises

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 27 sept. 2019
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A l’heure où la flexibilité est devenue l’une des pierres angulaires de nombreuses entreprises, le profil d’interim manager gagne en popularité. Selon une étude du bureau de recrutement spécialisé Robert Half, ce profil a enregistré une croissance de 10% en Belgique sur l’année écoulée.

L’«interim management» aurait-il le vent en poupe au sein de nos entreprises? C’est ce que semble démontrer une étude menée par le bureau de recrutement spécialisé Robert Half. Aussi appelée «management de transition», cette pratique consiste à permettre aux entreprises de bénéficier, pour une période déterminée, de compétences managériales leur permettant de faire face à une situation particulière.

L’interim manager intègre une entreprise dans le cadre d’un remplacement, mais pas que. «Notre enquête a démontré que si les interim managers étaient le plus souvent sollicités dans le cadre d’un remplacement, ils sont aussi de plus en plus souvent déployés pour gérer des projets, superviser la transformation d’une entreprise ou garantir la continuité d’une activité», constate Tom Verret, associate director chez Robert Half Management Resources.

Et la pratique semble rencontrer un succès croissant dans notre pays. Robert Half observe en effet une croissance de 10% du recours aux interim managers par les entreprises belges au cours de la dernière année. Un succès qui s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs, à en croire Tom Verret: «La conjoncture positive de ces dernières années a changé les codes dans nos entreprises: l’expertise n’est plus l’apanage des salariés permanents. Les employeurs misent de plus en plus sur les employés temporaires pour répondre aux besoins spécifiques et l’interim management répond parfaitement à cela. C’est devenu une décision stratégique consciente.»

«Dans le contexte actuel de l’économie, les entreprises mènent davantage de projets sur des périodes plus réduites. Les marchés changent rapidement et, pour faire face à ces changements, les entreprises ont besoin d’une expertise rapidement opérationnelle», estime pour sa part Joël Poilvache, director chez Robert Half et responsable pour la Wallonie.

Un manager surqualifié pour une courte durée

L’idée de l’interim management est donc d’apporter une valeur ajoutée rapide à une entreprise, ce qui lui permet aussi d’optimiser ses coûts. «L’interim manager est à la limite quelqu’un qui est en quelque sorte surqualifié et qui est là pour remplir un besoin rapidement. L’entreprise y gagne puisqu’elle n’engage cette personne que pour 9 ou 12 mois, le temps d’une mission. Ça lui coûte moins cher que d’engager quelqu’un à long terme qui sera peut-être sous-employé pendant quelque temps», souligne Joël Poilvache. Mais le recours aux services d’un interim manager pourrait aussi constituer une aide à la rétention du personnel. «Lors de périodes de changement au sein d’une entreprise, le personnel permanent interne peut être soumis à une forte pression. Dans cette situation, l’interim manager apporte un regard nouveau qui peut s’avérer être un réel soutien à ce personnel et le dissuader de quitter l’entreprise», précise Tom Verret.

S’il présente des avantages non négligeables pour les sociétés, l’interim management s’avère aussi une richesse professionnelle pour les candidats qui choisissent ce mode de travail. «En général, l’interim manager peut rapidement voir son impact personnel au sein d’une entreprise. C’est quelque chose de gratifiant pour des gens souvent très orientés résultats», développe Joël Poilvache.

La finance en tête

Côté secteurs, la finance, avec un score de 58%, resterait le domaine par excellence au sein duquel les interim managers sont appelés à travailler. Depuis plusieurs années, d’autres secteurs enregistrent une forte émergence: la chaîne d’approvisionnement et logistique (12%), la direction générale, la direction d’unité opérationnelle et la gestion de projet (8%) ainsi que les ressources humaines (7%); 6% des interim managers sont quant à eux actifs dans le domaine de l’IT ainsi que dans le secteur du marketing, de la vente et des services à la clientèle. L’interim management constitue donc une pratique multisectorielle, mais ne serait en revanche pas l’apanage des grandes entreprises. «Ce n’est pas tellement la taille de l’entreprise qui importe, aussi bien de très grandes structures que des plus petites ont recours à l’interim management. Cette pratique est plutôt liée au degré de changement que l’entreprise rencontre. Par exemple, une grande entreprise très stable n’aura pas forcément besoin des services d’un interim manager, tandis qu’il sera tout à fait utile pour une petite entreprise en forte croissance qui se transforme très rapidement ou se restructure», explique Joël Poilvache.

Notons encore que si l’interim management est particulièrement bien établi dans les modèles d’organisation des entreprises en Flandre et à Bruxelles, il l’est également de plus en plus au sud de notre pays. Pour faire face à la demande croissante rencontrée dans la région, Robert Half a d’ailleurs récemment lancé la division Robert Half Management Resources en Wallonie.