L’outplacement, pour rebondir après un licenciement

Publié : mercredi 1 mars 2017 Par

Perdre son emploi est une situation difficile et redoutée. Après parfois des années de travail au sein d’une même entreprise, se retrouver, du jour au lendemain, sans profession est souvent une épreuve pénible à gérer. Pour faire face à cette situation, il existe depuis des années le principe d’outplacement. Il s’agit d’un programme proposé par des sociétés spécialisées ayant pour objectif de faire rebondir au plus vite les personnes licenciées en les accompagnant dans les démarches pour retrouver un emploi.

Autrefois, ce type de programme n’était pas nécessairement obligatoire, notamment car il a un coût non négligeable. Mais depuis le 1 er janvier 2016, l’outplacement est devenu incontournable ou presque, en raison d’un changement dans la réglementation qui l’encadre.

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« Lors d’un préavis de douze mois, le travailleur avait le choix de garder l’entièreté de son indemnité ou de consacrer quatre semaines de celle-ci au financement de son programme d’outplacement, explique Herwig Muyldermans, le directeur général de Federgon, la Fédération des prestataires de services RH. Mais lors des négociations sur le statut unique employé-ouvrier, il a été décidé de ne plus laisser ce choix et de prélever systématiquement les quatre semaines de préavis. »

Faire le deuil du licenciement

Après un an de nouvelle réglementation, l’entreprise de services RH Acerta s’est penchée sur le sujet et tire un premier bilan. Sans surprise, le nombre de refus d’outplacement est désormais quasi nul, ce dernier étant passé de 70 % à 5 % aujourd’hui.

« Les quelques personnes qui continuent à refuser sont celles pour lesquelles le licenciement fut très compliqué et qui ne veulent plus rien avoir affaire avec leur ancien patron », précise encore Herwig Muyldermans. S’il est difficile de faire sans, le directeur de Federgon justifie l’intérêt de l’outplacement qui est, pour lui, un moyen essentiel pour retrouver un emploi. « C’est vraiment capital de réapprendre à postuler, notamment pour ceux qui ne l’ont plus fait depuis des années. »

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Le suivi mis en place ne se limite pas à cela car l’outplacement permet un accompagnement complet, dès le tout début de la période de recherche. « La première étape est de faire le deuil du licenciement. Les premières semaines sont souvent très difficiles. L’aspect psychologie est donc présent aussi dans le processus», poursuit Herwig Muyldermans. Un élément essentiel que souligne également Acerta : « Aujourd’hui, nous constatons que les conseillers en outplacement utilisent de plus en plus des techniques similaires à celles employées dans le cas du coaching en situation de burn-out. Ainsi, le conseiller en outplacement cherchera ce qui donne de l’énergie au travailleur licencié et l’aidera à recharger ses batteries. »

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Un nombre de suivi en baisse

Si les refus sont devenus très rares aujourd’hui, le nombre de suivis n’a pas spécialement augmenté. Au contraire même, pour l’année 2016, Federgon estime que 14.798 personnes ont bénéficié de ce service. Un chiffre en légère baisse par rapport à 2015 et 2014 où Federgon avaient enregistré respectivement 15.392 et 16.440 personnes suivies.

Cette diminution s’explique en réalité par une meilleure conjoncture durant laquelle le nombre de grosses restructurations fut plus faible. « Les dernières restructurations annoncées fin 2016 n’ont évidemment pas encore d’impacts sur l’outplacement car il y a un délai entre l’annonce de prochains licenciements et leur réalisation. Mais quand vous avez un Ford Genk, ce sont 3.000 à 4.000 personnes à aider », illustre le directeur général. Le marché des prestataires de ce type de service n’a donc pas vraiment changé depuis la nouvelle réglementation. « A l’heure actuelle, on enregistre une trentaine de sociétés actives dans le domaine. Le nombre n’a d’ailleurs pas évolué avec la nouvelle réglementation. »

Les défis sont encore toutefois importants, notamment par rapport aux licenciés les plus âgés, pour lesquels le reclassement reste difficile. « Il va falloir travailler plus longtemps mais aujourd’hui, on remarque encore qu’à partir de 50 ans, ça devient compliqué de retrouver un emploi. Pourtant à 60 ans, on n’est plus un vieillard. Il faut changer les mentalités de certains employeurs qui freinent encore pour recruter ces profils-là », conclut le directeur de Federgon.

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