La finance a soif d'IT

ERP, CRM, Business Intelligence, sécurité, stockage, back-up externalisé… Le monde de la finance et du digital ne cessent de se rapprocher. Une aubaine pour les profils IT, mais aussi pour les comptables, économistes et ingénieurs de gestion qui veulent se frotter à  de nouveaux métiers.

Que le secteur de l'informatique recrute n'est pas une surprise, mais on ne va pas bouder les bonnes nouvelles : la finance aussi a soif d'ICT. Tous les postes autour de l'ingénierie/système et des réseaux, ainsi que des ERP/SAP restent demandés et en relative pénurie. Dans le trio de tête des fonctions qui font l'objet d'une forte demande, on retrouve des profils spécialisés dans l'informatique et le digital : le chef de projet e-business, le chef de projet ERP et l'expert en Business Intelligence (BI). Portés par les défis de digitalisation auxquels les entreprises doivent faire face, les chefs de projet e-business, à  l'interface entre les équipes techniques et marketing, sortent leur épingle du jeu cette année. Les entreprises intègrent de plus en plus cette fonction alors qu'auparavant, elles faisaient appel à  des prestataires de service, explique un chasseur de têtes.

Les chefs de projet ERP font également figure d'incontournables dans les groupes de grande envergure et au sein des PME, de plus en plus nombreuses à  déployer des progiciels pour optimiser leur gestion commerciale et logistique. Ces experts des systèmes d'information justifiant de cinq années d'expérience devraient même faire des envieux, avec un salaire brut annuel compris entre 50 000 € et 100 000 €, selon la dimension des projets.

Les experts en informatique décisionnelle bénéficient également de la reprise économique. Surtout s'ils ont quelques années d'expérience et de bonnes capacités à  manager une équipe. La Business Intelligence est un précieux outil d'aide à  la décision pour les dirigeants. C'est un enjeu stratégique de recruter un expert capable de mettre en place des solutions répondant aux attentes des directions métiers en matière de reporting, commente ce chasseur de têtes.

Profils fonctionnels orientés client

Sur le terrain, les besoins sont nombreux. Considérée comme le numéro 3 du secteur de l'ERP (les logiciels de gestion intégrée des entreprises), la société Sage espère ainsi doubler sa taille dans les cinq prochaines années. Nous avons un plan de croissance qui vise à  porter l'entreprise à  100 personnes en Belgique, confie Philippe Tailleur. Dans l'immédiat, Sage recrute des commerciaux, des consultants, des programmeurs et un manager pour son help-desk. Au total, sept personnes à  Grand-Bigard et trois à  Liège. Qu'il s'agisse du suivi quotidien des factures et dépenses en attendant le passage de l'expert-comptable ou du directeur financier qui a la mainmise sur les cordons de la Bourse...  S'il ne devait y avoir qu'une seule personne informatisée dans votre société, ce serait celle en charge de la compta, constate François Bryssinck, administrateur délégué de MegaByte, société de services en ingénierie informatique (SSII). Basée à  Bruxelles, la société compte une cinquantaine de collaborateurs et dispose de bureaux commerciaux établis à  Louvain-la-Neuve et Anvers. Pour la commercialisation, l'implémentation et le suivi de ses applications-services, Megabyte ne recrute pas seulement des informaticiens, mais aussi des diplômés en comptabilité, en sciences-éco et des ingénieurs commerciaux... pourvu qu'ils aient la fibre informatique. Les juniors à  bac+2 n'ont pas trop de souci à  se faire. Dès lors qu'ils bénéficient de stages significatifs, de la connaissance d'un ERP ou d'un niveau d'anglais opérationnel, ils jouiront d'une très bonne ­employabilité, affirme François Bryssinck. Le degré de technicité ne fait pas tout. Beaucoup de choses peuvent s'apprendre en interne. Mais les candidats qui combinent une bonne connaissance des produits, à  des compétences de base comme l'autonomie, le sens des responsabilités et le souci du client, sont très difficiles à  trouver, explique François Bryssinck. D'où l'importance d'une double formation : comptable ou financière, assortie dans le meilleur des cas d'un certificat ICT.

74 000 €

C'est le salaire annuel brut d'un IT Project Manager dans les services bancaires et financiers. Après dix années d'expérience, ses revenus peuvent atteindre 132 000 €. Ces niveaux élevés s'expliquent évidemment par la pénurie de candidats particulièrement sensible sur certains profils.

10 % par an

Les rémunérations des fonctions liées aux systèmes d'information sont élevées. L'accélération est forte en début de carrière, avec un salaire d'entrée moyen de 35 000 € en sortie d'école (bac+5), des augmentations annuelles de l'ordre de 10 % sur les cinq premières années.

1 sur 3

Seule une entreprise belge sur trois (35 %) organise ses processus administratifs à  l'aide de paquets de progiciels, comme l'ERP ou l'e-HR. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée à  la demande d'AFAS Software auprès de 544 dirigeants, managers et employés de PME et de plus grandes entreprises belges.

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