La Flandre comme lieu de travail

Aujourd’hui, pour beaucoup  de travailleurs francophones, le marché de l’emploi se limite en Belgique à la Wallonie et Bruxelles. Pourtant, de réelles opportunités existent en Flandre, où les employeurs peinent souvent à trouver des travailleurs. 

Lorsqu’on tape dans un moteur de recherche « travailler en Flandre », un des premiers sites référencés est vousêteslesbienvenus.be, soit le nom du site internet, lancé en 2013 par les partenaires patronaux Unizo, Voka et le service public pour l’emploi flamand, le VDAB. Son objectif est simple : d’une part, engager les demandeurs d’emploi francophones à venir travailler en Flandre-Occidentale, où le taux de chômage est parmi les plus bas du royaume, et d’autre part mettre en valeur les entreprises à la recherche de personnel. « Chaque année, le problème s’accentue. Le nombre de demandeurs d’emploi flamands diminue tandis que les offres disponibles augmentent. Par exemple, en février 2017, le nombre de demandeurs d’emploi flamands a baissé de 4,9 % alors que l’on comptait 35 % d’offres d’emplois supplémentaires comparé à la même époque en 2016 », explique Brigitte Vandeleene, coordinatrice de projets transfrontaliers chez Unizo.

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Face à une telle pénurie, les entreprises s’activent sur le marché d’emploi et tentent d’attirer les candidats de l’autre côté de la frontière linguistique. Visiblement, l’intérêt des entreprises flamandes pour les travailleurs francophones est bien réel. L’initiative vousêteslesbienvenus.be compte, par exemple, plus de soixante entreprises référencées comme chercheuses de travailleurs. « Plus encore toutes celles qui ne sont pas reprises sur le site » , ajoute la coordinatrice de l’Unizo.

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Pourtant, aujourd’hui, ceux qui ont choisi de travailler en Flandre ne sont pas très nombreux. « Il est très difficile d’obtenir des chiffres. Cela a d’ailleurs été le sujet d’une question parlementaire récemment. Les seuls chiffres dont on dispose sont ceux de la Vlaamse Arbeidsrekening (VAR). Ils indiquent qu’en 2013, on comptait 8.114 travailleurs wallons actifs en Flandre » , précise Brigitte Vandeleene. Afin de les attirer, plusieurs initiatives sont mises en place. « Les entreprises flamandes sont très ouvertes à l’idée d’engager du personnel francophone. Des cours de langues sont proposés et la plupart fournissent les premiers documents traduits pour faciliter l’intégration. Dans les usines, on favorise les pictogrammes pour une meilleure compréhension » , poursuit la responsable d’Unizo.

Malgré les bonnes intentions des employeurs, certains autres facteurs ne favorisent pas vraiment la migration des travailleurs entre les deux régions. Le manque d’infrastructure au niveau des transports en commun est ainsi pointé du doigt. « Il y a aujourd’hui encore beaucoup à faire pour améliorer la mobilité entre la Flandre et la Wallonie. Par exemple, pour rejoindre Courtrai depuis Tournai, qui sont pourtant deux villes proches, il faut prendre des correspondances très mal organisées, explique Brigitte Vandeleene, pour qui améliorer ce point favoriserait grandement la mobilité des travailleurs. C’est regrettable, surtout lorsqu’on voit les chiffres du chômage élevés dans le Hainaut alors qu’il y a une forte demande dans la province à côté. »

Ne pas limiter sa recherche d’emploi à la Wallonie

Jessica est l’un de ces travailleurs qui ont choisi d’intégrer une entreprise flamande. Diplômée en droit, cette Nivelloise d’origine travaille désormais pour une ASBL nommée EVA, dont l’objectif est de promouvoir le végétarisme. L’ASBL, basée à Gand et Bruxelles, compte une petite quinzaine de travailleurs parmi lesquels Jessica, la seule francophone. Si elle reconnaît avoir toujours été attirée par le néerlandais, travailler pour un groupe flamand n’était pas spécialement une priorité. « J’ai vécu à Leuven et Hasselt. J’apprécie la Flandre. Du coup, lors de ma recherche d’emploi, je ne me suis pas limitée aux postes à Bruxelles et en Wallonie », explique la jeune travailleuse, qui a simplement trouvé l’offre d’EVA sur internet. Être la seule francophone sur son lieu de travail ne pose pas de problème à Jessica même si cela a parfois quelques conséquences. « Je suis parfois un peu plus esseulée car la langue peut bloquer un peu ma spontanéité lorsqu’il s’agit, par exemple, d’aller manger avec mes collègues ou simplement boire un verre après la journée, mais cela ne me pose aucun problème », explique-t-elle.

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« La culture d’entreprise est fort différente »

Aujourd’hui, Jessica a une très bonne maîtrise du néerlandais. Toutefois, travailler dans une langue qui n’est pas la sienne reste parfois difficile. « Je le ressens particulièrement lorsque j’ai des réunions durant toute la journée. Suivre une conversation en groupe demande beaucoup d’efforts et, au bout de la journée, je suis épuisée. Puis, en étant la seule francophone, toutes les demandes en français passe par moi, même si ce n’est pas forcément mon domaine. C’est gratifiant mais parfois difficile à gérer. »

Malgré ces quelques contraintes, Jessica apprécie la manière de travailler de nos compatriotes néerlandophones. « J’apprécie particulièrement la culture d’entreprise d’EVA vzw. Le management est horizontal et permet donc d’être beaucoup plus créatif. Par exemple, pour mon entretien d’embauche, j’ai présenté mes motivations dans une vidéo, explique encore la jeune travailleuse qui apprécie visiblement sa situation. C’est très enrichissant de se dire qu’on apprend tous les jours » , conclut-elle.

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