La folie des soldes: une journée aux côtés d’une shop manager chez Zara

Sur l'artère commerçante du Meir à  Anvers, l'excitation était palpable en ce lundi d'ouverture des soldes. Chargée, la journée d'Els De Peuter, shop manager chez Zara? Le mot est faible.

7.00 heures

Je me lève, prends une douche, et quitte Berchem en direction du magasin. En raison des soldes, le magasin ouvre aujourd'hui exceptionnellement à  9 heures, une heure plus tôt que la normale. Je bois une tasse de café et me charge des derniers préparatifs. J'installe quelques affiches et accroche le drapeau des soldes à  l'étalage. On ne peut pas l'installer avant le début des soldes, c'est pourquoi je dois le faire maintenant. Environ cinq minutes avant l'ouverture des portes, mon équipe descend. Je supervise une équipe de 37 personnes pour le département dames, composée principalement de vendeurs en plus des quelques responsables du stock.

Pour le premier jour des soldes, l'équipe au grand complet est présente. En temps normal, nous ne sommes qu'une vingtaine de personnes. Je leur donne un rapide briefing, sur base du planning que 'ai préparé. Mais je ne dois pas me perdre en explications : la plupart savent ce que l'on attend d'eux. Je transmets aussi quelques mots d'encouragement et de motivation, car la journée va être rude.

9 heures

Le magasin ouvre ses portes. Une quinzaine de personnes faisaient déjà  le pied de grue devant l'entrée. L'ambiance est encore calme car nous ouvrons une heure plus tôt que la plupart des autres boutiques. Mais nous savons très bien ce qui nous attend par la suite : l'enfer. Et, en effet, le magasin est très rapidement mis sens dessus dessous. Avec la foule, il nous est difficile de garder une bonne vision, mais nous sommes une équipe bien huilée. C'est d'ailleurs vraiment nécessaire par des journées si chargées. Je me charge principalement de garder le magasin en ordre malgré les assauts de la foule. Notre crédo : 'Ne pas réfléchir et foncer.'

13 heures

 Je vais manger un morceau avec quelques collègues. Nous vidons l'argent des différentes caisses et comptons la recette, pour nous épargner une partie du travail ce soir. Dans l'après-midi, nous sommes à  nouveau assaillis. Je continue à  faire la même chose que le matin: garder le magasin en ordre, remplir les étagères et aider les clients.

20 heures

Le magasin ferme, mais nous avons encore du pain sur la planche. Les caissières ferment leur caisse et je compte l'argent avec les autres responsables. Puis je remplis les papiers et place l'argent dans le coffre. La recette est trois fois plus élevée que lors de n'importe quel samedi, qui est en général le meilleur jour de la semaine. Au bout d'une heure, mon travail est terminé. Je vais encore boire un verre avec des collègues. Après une journée pareille, nous avons besoin de relâcher la pression, sans quoi nous ne pourrions pas fermer l'œil de la nuit. Je rentre à  la maison vers 22h30, mange un petit bout, puis m'écroule dans mon lit vers 23h30.  

Publié dans le magazine Vacature du 8 janvier 2011

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