La fonction publique bruxelloise a bien des atouts pour attirer les talents

Rédigé par: Philippe Van Lil
Date de publication: 24 nov. 2023

Bien loin de certains clichés encore parfois véhiculés, la fonction publique offre une palette de jobs passionnants et dynamiques. Dans le même temps, tout comme le secteur privé, elle est confrontée aux pénuries de main-d’œuvre. À Bruxelles notamment, elle dispose toutefois de plus d’un levier d'action pour attirer les bons profils. Les explications de Jessica Delbecq, Directrice Experience Designet Sophie Longueville, Coordinatrice du secrétariat transversal chez talent.brussels.
Talent brussels
Quelles sont les missions de talent.brussels ? 
Jessica Delbecq : « Ses missions principales sont de recruter des agents pour différents organismes de la Région bruxelloise, ainsi que d’évaluer et de sélectionner les tops managers. Nous menons aussi d’autres activités : sélectionner les mandataires, nommés pour cinq ans ; fournir un soutien juridique transversal en matière de fonction publiques ; favoriser le développement de carrière des agents, en mettant l'accent sur la formation ; promouvoir ‘l'employeur branding’ de la Région, autrement dit promouvoir la Région en tant qu’employeur attractif ; développer une vision stratégique de la gestion des ressources humaines au niveau régional ; proposer des projets innovants et digitaliser nos processus ; etc. »

Sophie Longueville : « En matière de recrutement, nous nous chargeons de l’engagement d’agents statutaires pour pas mal d’institutions bruxelloises : Bruxelles Environnement, urban.brussels, Bruxelles Fiscalité, le Port de Bruxelles, Actiris, le Service public régional de Bruxelles, les pompiers, la Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale, Innoviris, perspective.brussels, paradigm.brussels qui soutient les projets IT,  etc. De fait, tous les secteurs d’activité sont concernés : le logement, la mobilité, la santé, le tourisme, la finance, la sécurité, etc. »

Quel est le profil des agents bruxellois ?
J. D. : « Parmi les quelque 11.140 collaborateurs de tous nos organismes, on dénombre 37 % de femmes et 63 % d'hommes. Par ailleurs, 53 % de nos agents sont domiciliés à Bruxelles, 20 % en Wallonie et 27,3 % en Flandre. »

S. L. : « En termes de qualification, on relève que la toute grande majorité des agents des services publics régionaux (SPR) sont titulaires d’un master, tandis que la majorité agents des organismes d’intérêt public (OIP) détiennent un diplôme d’études primaires ou du secondaire inférieur. En réalité, l’accès à la fonction publique est ouvert à tous les profils : aux personnes hautement diplômées, aux bacheliers… et même aux personnes qui n’ont pas de diplômes. Signalons encore que l'âge moyen des agents se situe autour de 42 ans, ce qui est relativement jeune ; la structure d'âge du personnel de la fonction publique bruxelloise ne diffère pas beaucoup de celle de la population active de Bruxelles. »

À vos yeux, quels sont les avantages de travailler dans la fonction publique bruxelloise ?
S. L. : « Personnellement, après avoir travaillé  sept ans dans le secteur privé, mon premier sentiment est d’être ici pour pouvoir servir le citoyen, ce qui est la mission première de la fonction publique. Ensuite, pour les agents, celle-ci est synonyme de sécurité de l'emploi, de perspectives de carrière grâce à notre offre de formation et à notre culture de la mobilité interne, de diversité et d'inclusion, et d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Désormais, 44 % de nos agents pratiquent le télétravail de façon régulière. Un nouvel arrêté permet d’ailleurs à ceux qui le souhaitent de télétravailler jusqu’à 14 jours par mois. »

J. D. : « À ce propos, il est intéressant de souligner que depuis 2017 déjà, le télétravail est déjà largement promu au sein de nos organismes ; depuis lors, on avait déjà droit jusqu'à 3 jours de télétravail. La crise sanitaire a bien entendu accentuée la digitalisation et le télétravail, ce qui fait qu’aujourd’hui environ 60 % du travail se fait à distance, contre moins de 50 % avant la période du Covid. En termes d'équilibre vie professionnelle - vie privée, c’est une réelle avancée, qui permet aux personnes d'avoir plus de temps pour leur famille, leurs hobbies, etc. Tout ceci est encore renforcé par le droit à la déconnexion. »

S. L. : « L’aspect digitalisation est effectivement très important. En arrivant chez talent.brussels, j'ai été surprise de voir à quel point la fonction publique progressait en la matière. Des gens considèrent parfois encore ce secteur comme un vieux dinosaure très lent ; la réalité est tout autre, notamment dans les processus de recrutement, où le numérique a permis le raccourcissement des procédures. Dans le cadre de notre mission de veille du marché de l'emploi, la digitalisation nous permet aussi d’examiner son évolution et celle des métiers et de mener des actions et projets, par exemple de formation, pour répondre aux défis des années à venir. Tout ceci fait de la fonction publique un secteur dynamique, plein de projets et soucieux du sort des générations futures. »

De quels autres leviers d'action disposez-vous pour attirer les profils ?
J. D. : « On peut notamment citer le fait que depuis 2018, les personnes recrutées ont le droit de valoriser leur expérience dans le secteur privé pour le calcul de leur salaire. Auparavant, seules comptaient les expériences prestées dans les services publics. Ceci a permis par exemple à quelqu'un comme Sophie de valoriser ses sept années passées dans le privé. Un autre levier, ce sont les formations. Les agents ont en outre la possibilité de bénéficier de congés formation et de suivre des formations, entre autres certifiantes, sur une base volontaire, que ce soit dans le cadre de leur fonction actuelle ou d’une fonction à venir au sein de la fonction publique. Ces formations permettent aussi de passer des tests et de faire évoluer sa carrière, quel que soit au départ le diplôme ou le niveau d’étude de l’agent. Dans la fonction publique, les règles du jeu pour être promu à un poste sont claires, transparentes, ouvertes à tous. »

Ce qui est aussi le cas dans vos procédures de recrutement…
S. L. : « En effet, grâce à notre plateforme de recrutement MyTalent, disponible sur www.talent.brussels.bea procédure de sélection, au départ entièrement digitale, est très claire. Le candidat peut y facilement trouver les différentes étapes de notre procédure. Signalons d’ailleurs que celle-ci est particulièrement rapide si l’on compare à ce qui se fait généralement dans la fonction publique : le délai moyen est de 60 jours entre le moment où un organisme public bruxellois introduit son offre d’emploi et le moment où le candidat est sélectionné. Dans l’intervalle, après tous les screening des candidatures, les tests de sélection sont eux aussi principalement digitalisés. À noter qu’il est même possible de les passer de chez soi, sans forcément devoir se déplacer chez talent.brussels. Les personnes ne disposant pas des outils numériques à la maison peuvent bien sûr aussi les passer chez nous. Une fois ces tests réussis, le candidat passe un entretien dans nos locaux devant un jury, avec ici aussi une sélection réellement transparente basée sur des critères qui sont les mêmes pour tout le monde. 



Fabienne Zeger [square]                   Sophie Longueville [square]
Jessica Delbecq Directrice Experience Design et Sophie Longueville Coordinatrice du secrétariat transversal chez talent.brussels