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La franchise : une autre manière d’entreprendre

Rédigé par: Benoît JULY
Date de publication: 28 oct. 2022
Catégorie:

Franchise

De nombreuses enseignes se développent via le système de franchise, partiellement ou en totalité, dans des domaines aussi divers que la distribution, l’horeca et le retail, mais pas seulement. À savoir, dans le cadre d’une relation par le biais de laquelle le franchisé paie le franchiseur pour exploiter sa marque et bénéficier de son soutien (commercial, logistique, etc.), dans le respect du concept et des conditions imposés par l’enseigne. D.R.

Reconversion : s’il est un mot à la mode ces derniers temps, c’est bien celui-là. Un mot qui, pour celles et ceux qui y réfléchissent en se projetant dans l’entrepreneuriat, sonne à la fois comme un point de départ et une source d’interrogations : quelles sont les opportunités, quels sont les risques, dans quel domaine se lancer ?

« La franchise constitue à cet égard une voie à explorer », affirme Nick Boury, à la tête de Franchise.be, un organisme privé qui s’est positionné sur le « matching », la rencontre entre franchiseurs et candidats franchisés. « Si je résume le propos, la franchise permet d’entreprendre en minimisant les risques, en partenariat avec une enseigne dont le concept est déjà validé. »

De nombreuses enseignes se développent de la sorte, partiellement ou en totalité, dans des domaines aussi divers que la distribution (AD Delhaize, Carrefour Market, etc.) et l’horeca (Burger King, Lunch Garden...), le retail (Tom&Co, Aveve...), entre autres. À savoir, dans le cadre d’une relation par le biais de laquelle le franchisé paie le franchiseur pour exploiter sa marque et bénéficier de son soutien (commercial, logistique, etc.), dans le respect du concept et des conditions imposés par l’enseigne.

« En tant que telle, la franchise apporte principalement trois avantages au franchisé », résume Nick Boury. « D’abord, le fait de bénéficier d’un concept qui fonctionne :il ne doit pas essuyer les plâtres de l’étude de marché, puisque l’exercice a déjà été réalisé. Ensuite, le franchisé bénéficie du soutien de l’enseigne, ce qui lui permet notamment de s’approvisionner à moindre coût que s’il devait négocier individuellement avec chaque fournisseur. Enfin, il bénéficie de la visibilité et du marketing global de l’enseigne. C’est pour cela que la formule séduit : elle permet d’assouvir, à moindre risque, son envie d’entreprendre. »

Nick Bourty

Nick Boury, Managing Director Franchise.be

Expérience et moyens financiers
D’après notre interlocuteur, la preuve de la séduction du concept se traduit par le nombre de candidats qu’il est en mesure de proposer aux enseignes qui s’adressent à lui : plus de 4.000 en 2021, assure-t-il. « Les enseignes font ensuite leur propre analyse des différents profils, pour n’en retenir au final que moins de 10 %. Tous les candidats potentiellement intéressés que nous avons identifiés ne deviennent donc pas franchisés... »

Quel est le profil ? « Il s’agit le plus souvent d’une personne qui, quel que soit son âge, bénéficie d’une solide expérience professionnelle et d’un capital à investir », commente Véronique De Wolf, en charge de l’accompagnement de ces candidats. « Ces deux caractéristiques sont indispensables.Les moyens financiers sont re quis, car le candidat va devoir investir un capital de départ mais aussi convaincre le banquier qui va l’accompagner, comme doit le faire tout entrepreneur. L’expérience est tout autant indispensable, car il faut aussi convaincre le franchiseur de sa capacité à assumer des responsabilités importantes, qu’il s’agisse des finances, du personnel ou de la logistique, notamment. »

En sus de ces caractéristiques intrinsèques, il faut aussi que le candidat franchisé et le franchiseur parviennent à se séduire mutuellement, comme ils le feraient dans le cadre d’un entretien d’embauche.
« Il y a des candidats qui prennent contact avec nous parce que le concept de la franchise les intéresse, mais sans savoir précisément avec quelle enseigne ils pourraient travailler », poursuit Véronique De Wolf. « C’est à nous d’analyser ce qu’ils souhaitent et de déterminer, en fonction des demandes qui nous sont adressées par les franchiseurs, quelles sont les enseignes avec lesquelles cela pourrait fonctionner. »

Veronique de Wolf

Véronique De Wolf, en charge de l’accompagnement de ces candidats.

Gratuit pour le candidat, mais payant pour les franchiseurs, le service de « matching » proposé par Franchise.be rencontre, selon ses responsables, un succès croissant.
« Le nombre de franchiseurs est en hausse », affirme Louis Himpe, en charge du développement. « Il s’agit non seulement d’enseignes locales mais aussi d’entreprises étrangères, d’origine française ou hollandaise notamment, qui cherchent à se développer en Belgique. »

À ses yeux, la franchise constitue d’ailleurs un excellent baromètre des tendances de l’économie : « De nombreux nouveaux concepts se sont développés par ce biais, comme dans la livraison à domicile.

Mais la caractéristique principale de la franchise reste qu’elle couvre un domaine d’activité très vaste : si le top 3 est constitué d’enseignes actives dans la distribution, la restauration et la beauté/santé, on voit aussi beaucoup de nouvelles initiatives dans les services, par exemple. Le concept est aussi varié par le fait qu’il permet de rejoindre une enseigne établie de longue date mais aussi, le cas échéant, de participer au lancement d’une formule qui démarre sur le marché belge, ce qui peut être très stimulant. »

Louis Himpe

Louis Himpe, en charge du développement.

Les questions à se poser

Reste dès lors, pour les candidats intéressés, à multiplier les sources d’information avant de se lancer dans une relation qui, si elle fonctionne, devrait s’inscrire dans le long terme. Franchise.be propose des conseils, de même que la Fédération belge de la franchise, notamment, qui expose nombre de questions à se poser avant de franchir le pas.

Ces questions portent, d’une part, sur vos propres capacités, qu’elles soient humaines, professionnelles ou encore financières : avez-vous pesé le pour et le contre de la formule par rapport à celle d’indépendant ordinaire, êtes-vous prêt à vous plier à la discipline d’un système de franchise, êtes-vous prêt à consacrer une grande partie de votre temps libre, « y compris les week-ends et les vacances », à votre entreprise, est-ce que la perspective d’un revenu incertain ne vous rebute pas, « vous et votre famille » ? Entre autres.

Ces questions portent aussi sur le franchiseur et ses produits ou services : quel est son historique, pour quelles raisons privilégie-t-il la franchise, des points de vente ont-ils connu des difficultés, quels sont ses plans de développement et des investissements sont-ils prévus, quelles sont les conditions qu’il impose, quels sont les soutiens qu’il propose, quelle est sa rémunération et quels sont les frais à engager ? Entre autres toujours.

Reste, aussi, à s’interroger sur la conjoncture actuelle, qui invite à la prudence. « On perçoit que certains candidats hésitent et vont peut-être attendre un peu afin d’y voir plus clair », concède Nick Boury.

« Mais cela n’enlève rien à l’intérêt de la formule, si on se fie au nombre de personnes qui continuent de prendre contact avec nous. »