La hausse de l’emploi s’accentue

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Quelque 262.000 personnes : tel est le volume de créations d’emplois anticipé par le Bureau du Plan dans ses récentes perspectives économiques portant jusqu’en 2022. Le taux de chômage s’affiche d’ores et déjà en net recul et pourrait atteindre, en 2022, son niveau le plus bas depuis le début des années quatre-vingt.

Positives. Telles sont, résumées, les perspectives dressées par le Bureau du Plan pour la période courant de 2017 à 2022, en particulier si on les appréhende à l’aune de l’évolution du marché de l’emploi. La conjoncture économique, en effet, se redresse, ce qui constitue bien évidemment le pilier sur lequel s’appuient les entreprises pour retrouver la confiance, investir et, dans la foulée, recruter. Après l’accélération de la croissance attendue cette année (1,6 % contre 1,2 % l’an dernier), « le PIB belge maintiendrait ce rythme de progression de 1,5 % à 1,6 %, semblable à celui de la zone euro », écrit le Bureau du Plan qui anticipe, cependant, un léger ralentissement par la suite.

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Pareille croissance s’inscrit dans le sillage d’une conjoncture internationale elle aussi positive : de 3,1 % en 2016, la croissance mondiale devrait s’accélérer à 3,5 % cette année pour atteindre, selon l’organisme, 3,7 % en moyenne jusqu’en 2022. Le Bureau du Plan cite également, parmi les soutiens à la croissance en Belgique, la hausse de la consommation liée entre autres à celle du revenu disponible des ménages liée notamment au tax shift. Les entreprises retrouvent elles aussi le chemin des investissements, cette dynamique s’expliquant « par des perspectives de débouchés favorables, une rentabilité élevée et des taux d’intérêt réels qui demeurent, malgré leur remontée, historiquement bas. » Les investissements des administrations publiques, enfin, « devraient afficher une croissance réelle soutenue en 2017 et davantage encore en 2018, année des élections communales

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Tout profit pour le marché du travail ? C’est effectivement le cas. Le Bureau du Plan anticipe une augmentation du volume de l’emploi de 262.000 personnes sur la période 2017-2022, soit une accélération sensible par rapport aux années qui ont suivi l’éclatement de la crise financière. « Le chômage a nettement diminué l’an dernier (-31.000 personnes) et continuerait à reculer de manière importante cette année (-34.000 personnes) », lit-on dans le rapport. « La baisse du chômage est moins prononcée dans les années 2018-2019 (en moyenne, -15.000 personnes par an), parce que la croissance de l’emploi s’essouffle quelque peu alors que celle de l’offre de travail (les candidats, NDLR) reste stable.

Durant la deuxième moitié de la période de projection, la baisse du chômage s’accélère de nouveau (-29.000 personnes par an en moyenne), dans un premier temps parce que la croissance de l’emploi est soutenue par les mesures supplémentaires de réduction du coût du travail et ensuite parce que la croissance de l’offre de travail s’amenuise considérablement. »

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Traduction concrète : les employeurs seront confrontés à la difficulté de trouver des compétences en suffisance pour compenser les départs à la retraite. La croissance de la population d’âge actif (15-64 ans) renoue à partir de 2018 « avec la tendance négative structurelle qui s’est dessinée au milieu des années 2000. » Vers 2022, « la population d’âge actif en vient même à se stabiliser, parce que le solde migratoire contrebalance à peine l’évolution naturelle négative de la population d’âge actif, qui résulte du vieillissement des cohortes du baby-boom. »

Secteurs en verve

Et le Bureau du Plan de conclure, sur ce chapitre relatif à l’emploi : « Le taux de chômage baisserait de 11,2 % en 2016 à 9,8 % en 2019 pour finalement atteindre 8,2 % en 2022, soit le niveau le plus bas depuis le début des années 80. »

Tous les secteurs ne profitent évidemment pas dans une mesure comparable des évolutions conjoncturelles. L’industrie manufacturière, en particulier, a vu ses effectifs continuer à fondre des dernières années et, même si les destructions s’y effectuent désormais à un rythme moindre, son poids dans l’emploi intérieur « continue de baisser, puisqu’il passe de 10,7 % en 2016 à 9,8 % en 2022. » Mais il s’agit d’emplois directs, et l’on sait qu’une partie des emplois perdus dans l’industrie au sens strict se retrouvent en réalité dans les services auprès desquels certaines activités sont sous-traitées. Les perspectives sont plus positives dans l’administration publique et l’enseignement, ainsi que dans tous les domaines de la santé au sens large, parmi bien d’autres secteurs qui devraient profiter de l’embellie conjoncturelle actuelle… et à venir.

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