La hiérarchie reste très forte dans les entreprises

Les syndicats n’ont pas toujours une bonne image, pense-t-on. D’après une étude de Randstad, ils bénéficient cependant d’un réel soutien au sein des entreprises. Un constat à mettre en parallèle avec celui d’un fonctionnement encore fort hiérarchisé dans les entreprises, dont nombre de travailleurs
se sentent donc quelque peu exclus.

En 2004, à l’occasion des élections sociales, Randstad effectuait une vaste enquête sur la participation des travailleurs dans l’entreprise. En raison de l’importance de ce sujet et des réactions suscitées par cette première étude, l’entreprise a décidé de la réactualiser à chaque fois que de nouvelles élections sociales sont organisées.

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« Si nous devons en croire les consultants, une révolution de l’organisation du travail est en cours dans les entreprises. Les marchés se mondialisent et changent rapidement. La disruption numérique bouleverse de nombreux secteurs. Du coup, on assisterait à une certaine décentralisation. De plus en plus de décisions seraient déléguées à des équipes relativement autonomes. La participation du salarié moderne serait donc beaucoup plus active », commente-t-on chez Randstad, qui estime que l’enquête démontre qu’il faut relativiser ces hypothèses.

« Selon les travailleurs, les possibilités de participation n’ont pas augmenté au fil du temps. La traditionnelle organisation hiérarchisée du travail résiste beaucoup mieux qu’on ne pourrait le croire. »

De fait, d’après cette étude réalisée auprès de 3.000 personnes, parmi lesquelles 2.000 du secteur privé, « quand on demande aux salariés d’évaluer leur possibilité de participation sur une échelle de 1 à 10, la moyenne générale s’élève à 6,3. On constate bien une légère hausse par rapport à 2012 (6,1 à l’époque) mais on reste en dessous du score de 2008 (6,5) ». Sur une longue période, il ne serait donc pas question de progression structurelle, au contraire.

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Cette année encore, les scores du secteur privé sont supérieurs à ceux du secteur public. Cependant, cette différence ne se remarque que dans les organisations de plus de cent personnes. Dans les institutions publiques plus petites, les travailleurs sont plus satisfaits que dans le secteur privé. 

« Les thèmes nouveaux et modernes tels que l’innovation, la formation, les carrières n’ont nullement gagné en importance. C’était déjà le cas en 2012 et rien n’a changé », poursuit-on chez Randstad. « Les évolutions relatives à la participation sur le lieu de travail semblent en tout cas nettement plus mesurées que ce qui est parfois suggéré. Dans cette optique, le secteur public ne fait pas mieux que le secteur privé, bien au contraire. »

En 2012, les canaux de participation institutionnels, comme le conseil d’entreprise, le comité de prévention et de protection au travail et la délégation syndicale avaient perdu de leur popularité par rapport à 2008. En 2016, cette perte a été globalement compensée.

Par rapport à 2012, l’intérêt des salariés pour les élections sociales est en augmentation. 53 % d’entre eux sont intéressés et 55 % iraient voter s’ils en avaient l’occasion (72 % là où les élections sociales seront effectivement organisées). La hausse est très sensible dans les deux cas (respectivement 40 et 48% à l’époque). La diminution constatée en 2012 ne se confirme donc pas. 

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« Enfin, le soutien apporté aux syndicats dans les entreprises reste très net après une baisse en 2012, et connaît même un renforcement », poursuit-on chez Randstad. « 71 % des salariés affirment que les syndicats savent ce qui se passe au sein du personnel. Il y a quatre ans, ils n’étaient que 66 % à le penser. 53 % des salariés se sentent très concernés par l’action syndicale (44% en 2012). Contrairement à ce que certains observateurs avancent, on n’assiste donc pas à une baisse structurelle du soutien apporté aux syndicats dans les entreprises belges. L’érosion observée précédemment avait probablement des causes conjoncturelles. »

Pour rappel, une récente étude de la KUL sur l’image des syndicats dans le public allait dans le même sens. Quelque 75 % des flamands et 81 % des francophones estimaient, selon cette étude, que les syndicats sont nécessaires pour défendre les droits sociaux. Une partie du monde politique estime que les syndicats ont acquis trop de pouvoirs.

D’après le sondage, ce n’est pas l’opinion de la majorité des Belges. Ainsi, seuls 37 % des francophones et 43% des flamands pensent que les syndicats ont trop de pouvoirs. Les syndicats bloqueraient-ils des réformes socio-économiques fondamentales ? Les Belges ne sont pas majoritairement de cet avis. Tant en Flandre que du côté francophone, seules 40 % des personnes interrogées défendent cette opinion.

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