La prime de pouvoir d’achat séduit peu… les employeurs

Le projet de « prime unique pour le pouvoir d’achat », d’un montant maximal de 750 euros, séduit peu les patrons de PME. Moins de 10 % d’entre eux envisagent de l’accorder, les autres hésitant encore…
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L’idée d’octroyer une prime salariale en dehors des hausses « classiques », issues de l’indexation automatique et des négociations sectorielles, séduit certains en raison de leur caractère flexible, lié aux résultats de l’année, du coup de pouce fiscal dont elles devraient bénéficier, et de leur exclusion de la « norme salariale » (qui vise à éviter un dérapage trop important de la compétitivité des entreprises belges vis-à-vis de leurs concurrentes, dans les pays voisins). 

Le projet d’accorder une prime unique pour le pouvoir d’achat est, dans ce cadre, cultivé par le gouvernement. Cette prime prendrait la forme d'un chèque de consommation qui s'élèverait à un maximum de 500 euros en cas de bons résultats et à un maximum de 750 euros en cas de résultats exceptionnellement bons en 2022.

Mais force est de constater, selon un sondage mené par SD Worx, que l’idée ne séduit pas vraiment chez les employeurs, en particulier dans les PME auxquelles le prestataire de services RH s’est intéressé (731 patrons interrogés, les entreprises employant de 1 à 250 travailleurs). Seule une PME sur dix (9,2 %) prévoit en effet d'accorder à ses travailleurs cette nouvelle prime unique pour le pouvoir d'achat, la majorité des PME (57 %) déclarant au contraire ne pas envisager de le faire. Et ce, principalement parce qu'elles n'ont plus de marge financière en raison de l'indexation automatique des salaires (67 %) ou parce que les résultats financiers ne le permettent pas (20 %). Quant au solde, soit une PME sur trois (34,4 %), c’est l’indécision qui domine : peut-être que oui, peut-être que non…

« Il est clair que la prime de pouvoir d'achat n'est destinée qu'aux PME disposant d'une marge financière suffisante », commente Laura Bertrand, conseillère PME chez SD Worx. « La majorité des PME belges n'ont donc pas l'intention de l'accorder. Néanmoins, une PME sur dix est déjà convaincue de l'utilité de cette prime fiscalement avantageuse qui se présente sous la forme d'un bon de consommation. Une sur trois est encore indécise, ce qui est logique puisque les négociations sectorielles sont encore en cours. »

Prime maximale… ou moins
Parmi les PME indiquant qu'elles accorderont ou pourraient accorder une prime de pouvoir d'achat en 2023, quelque 57 % donneraient le montant maximum, constate le sondage. Par ailleurs, une sur six souhaiterait donner un montant supérieur à celui du secteur, et une sur cinq (21,2 %) préférerait donner environ la moitié de ce montant maximum. Aussi, une petite minorité (4,5 %) préférerait donner un quart du montant maximal ou moins. 

« Il est intéressant de noter que la majorité des PME souhaitent bénéficier de la prime maximale. Celles qui se portent bien financièrement veulent faire quelque chose de plus pour leur personnel. En général, plus la PME est petite, plus la prime de pouvoir d'achat sera importante étant donné que cette prime s’applique à l’ensemble de l’entreprise », poursuit Laura Bertrand. « En principe, la prime de pouvoir d’achat doit être accordée par le biais d’une convention collective sectorielle, d’une convention collective d’entreprise ou d’un accord individuel avant le 31 décembre 2023. La prime de pouvoir d’achat est collective : il s’agit d’une attribution à l’ensemble des travailleurs ou à un groupe spécifique de travailleurs déterminé sur la base de critères objectifs. »   

Selon ce sondage, la volonté d’accorder des primes de pouvoir d’achat est plus forte en Wallonie (13,3 %) qu’à Bruxelles (3,6 %), mais moins élevée que dans le Brabant Flamand (15,9 %) où les PME montrent le plus grand intérêt. C’est par ailleurs à Bruxelles que l’indécision est la plus forte, à hauteur de 40 % des PME. « Cependant, c’est à Bruxelles (69,1 %) que ces PME préfèrent le plus souvent accorder le montant maximum. Les PME de Flandre Orientale (68,8 %), de Wallonie (57,2 %) et de Flandre Occidentale (43,9 %) considèrent, quant à elles, moins souvent que c’est le cas. »

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