La révolution numérique nous menace-t-elle ?

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Les révolutions industrielles se caractérisent par le fait qu'elles bouleversent l'économie, par les fortes mutations qu'elles entraînent dans la manière dont les richesses sont produites. Alors que la première révolution industrielle s'appuyait sur la vapeur et la seconde sur l'électricité, la troisième révolution a bouleversé notre manière de travailler par le biais de l'informatique.


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La quatrième révolution ? Une excroissance de la 3ème, pourrait-on dire, en ce sens qu'elle l'amplifie par le biais de la suprématie du numérique (de l'interconnexion des objets et des données au Big Data en passant par l'impression décentralisée en 3D, notamment). 

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D'après le World Economic Forum (WEF), cette quatrième révolution industrielle « entraînera de larges perturbations non seulement sur le modèle des affaires, mais aussi sur le marché du travail pendant les cinq prochaines années. » Les conséquences sur le marché du travail en seraient particulièrement néfastes, puisque le WEF évalue à 5 millions le nombre d'emplois qui pourraient disparaître dans d'ici 2020 dans une quinzaine de pays développés et émergents, du moins si rien n'est fait pour endiguer ce sinistre présage.

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« Sans une action urgente et ciblée dès aujourd'hui pour gérer cette transition à moyen terme et créer une main d’œuvre avec des compétences pour l'avenir, les gouvernements devront faire face à un chômage en hausse constante et à des inégalités », alerte le président et fondateur du WEF, Klaus Schwab. Des secteurs comme la santé, les services financiers ou l'énergie feront face aux plus grands défis. Pour une grande partie des experts interrogés dans ce rapport, la clé pour une transition réussie se trouve essentiellement dans la formation.

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D'après Nicolas Van Zeebroeck, professeur d’économie et de stratégie numérique à la Solvay Brussels School of Economics and Management (ULB), cette quatrième révolution industrielle présente trois discontinuités  qui se conjuguent. « Un : les réseaux de communication sont devenus omniprésents à faible coût avec de gros débits. Deux : l’informatique a entraîné une vague de progrès dans l’automatisation, qui permet d’accomplir des tâches plus complexes », précise-t-il dans Le Soir « Et trois : des capteurs permettent désormais de saisir l’information de manière granulaire. On peut connaître toutes sortes d’informations en temps réel grâce à la géolocalisation, aux puces RFID, aux caméras intelligentes, etc. Tout cela rend visible une information qu’on n’avait pas la possibilité d’observer avant. » 

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Les ruptures de rendement produites par cette quatrième révolution sont dès lors à ses yeux potentiellement de deux ordres. « D’abord, grâce à des mesures plus précises et en temps réel des informations, on peut optimiser les machines. Jusqu’ici, les machines généraient énormément de pertes. Désormais, la précision des informations permet de réagir en cas de dysfonctionnements, et même de les anticiper. Cela améliore le rendement des machines », poursuit-il. « Par ailleurs, la circulation des informations va permettre une plus grande délégation des tâches. On est dans la continuité de la troisième révolution : on peut modulariser chaque tâche, chaque microtâche même, et la déléguer à l’intérieur ou à l’extérieur de l’usine. Cette décentralisation peut être opérée par la machine elle-même, de  plus en plus intelligente et capable de donner des ordres. Mais avec la quatrième révolution, on voit que les machines sont non seulement plus habiles, mais aussi qu’elles commencent à pouvoir prendre des décisions. Plus aucun job n’est à l’abri. »

Une évolution inquiétante ? « Si on veut créer d’autres métiers, ce qui est l’espoir derrière toute révolution industrielle, il faudra les inventer », estime Nicolas Van Zeebroeck. « Il y  a des choses que les humains peuvent faire que les machines ne font pas encore : poser un jugement, créer,  inventer une nouvelle application. Tout cela est porteur de création de valeur et d’emplois, mais demande  de massivement éduquer aux nouvelles technologies. Sur ce plan, on est retard en Europe par rapport à l’Inde, à la Chine ou aux États-Unis. »

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