La scène en formation

Si suivre une formation semble banal dans la plupart des secteurs, il en existe de plus surprenantes. C’est notamment le cas dans le domaine artistique. Loin des « The Voice » et autre « Star Academy », de véritables structures existent pour encadrer les artistes de renom ou ceux en devenir. 

Le Studio des variétés Wallonie-Bruxelles est probablement l’un des organismes de formation subsidié par la Fédération Wallonie-Bruxelles parmi les plus méconnus du grand public. Il est spécialisé dans le coaching de chanteurs et propose ses formations aux artistes de la partie francophone du pays.

La structure s’est pourtant fait un nom dans son domaine et collabore (ou a collaboré) avec des artistes de renom comme Jali ou encore Alice On the Roof. Cette semaine, c’est au tour de la jeune chanteuse Noa Moon d’être suivie par un coach. En préparation d’une nouvelle tournée, l’artiste a choisi d’être conseillée durant trois jours. Pour que le coaching colle le plus possible à la réalité, le Studio des variétés a réservé la salle de la Madeleine à Bruxelles. Régisseur, équipe technique, tout est mis en place pour s’approcher le plus possible de la réalité. Ne manque que le public.

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Un coaching relativement accessible

Avec ses trois musiciens, la chanteuse multiplie les morceaux sous les yeux attentifs de son coach Benjamin Georjon, venu spécialement de Paris pour elle. Il l’interrompt régulièrement, parfois après seulement quelques secondes, pour lui donner ses précieux conseils. « N’arrête pas ton mouvement, va jusqu’au bout de la scène » , lui lance le spécialiste à la carrure de rugbyman. Noa Moon sourit, presque gênée, s’exécute.

Si Noa Moon est déjà une artiste reconnue, ce type de coaching reste relativement accessible. « Les coachings proposés s’adressent aux artistes en développement ou confirmés. C’est-à-dire qu’ils doivent bénéficier d’au moins un encadrant professionnel (un agent, un label, un manager…). L’idée est ainsi de faire un tri parmi les projets, mais cela reste assez large », explique Michael Larivière, directeur artistique du Studio des variétés et lui-même chanteur du groupe My Little Cheap Dictaphone.

> Interview de Noa Moon !

Apprendre à partager

Les exercices sont nombreux, parfois originaux, comme celui où l’artiste doit chanter en tenant la main de son mentor d’un jour, les yeux dans les yeux. « C’est pour lui apprendre à partager ses émotions, ne pas chanter que pour elle. Elle doit savoir proposer sa chanson aux autres, ça commence par une personne puis ce sera toute la salle » , souffle le directeur. Le Studio des variétés étant entièrement subsidié, les artistes ne payent rien pour bénéficier de l’avis des experts. Le nombre d’heures de coaching est toutefois limité à 45 par an.

Plusieurs types de formation, dont les classiques cours de chant et coaching scénique, sont disponibles. Ce dernier est d’ailleurs le plus demandé par les artistes. Un succès qui s’explique notamment par l’évolution qui existe actuellement dans le monde musical. « Avant, les artistes avaient le temps de se rôder lors de leur premier concert. Aujourd’hui cela va beaucoup plus vite. Un artiste qui parvient à avoir un succès avec un seul single fera la tournée des festivals comme ce fut le cas par exemple pour Mustii ou GrandGeorge, l’été dernier », explique encore Michael Larivière.

Les défis sont parfois encore plus grands. « On travaille avec Blanche, qui défendra les couleurs de la Belgique lors du prochain Eurovision de la chanson. Elle n’a quasi pas d’expérience de la scène et elle va se retrouver à chanter devant 200 millions de spectateurs… », ajoute le directeur artistique.

De l’anglais à l’interview

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D’autres formations plus originales sont également prévues, comme le coaching d’anglais, permettant à l’artiste de préparer un enregistrement studio, de travailler son accent et de vérifier son texte. La relation avec les médias est également abordée avec du coaching interview et du Media Training pour préparer au mieux les artistes à la promotion. « C’est important de travailler la communication et d’apprendre à faire passer le message qu’on souhaite pour que, quand ils réalisent l’interview, ils ne se disent pas qu’ils sont passés à côté de ce qu’ils voulaient dire » , continue Michael Larivière.

Malgré son nom, hérité de la structure parisienne, le Studio des variétés est bien ouvert à tous les styles musicaux. « C’est d’ailleurs peut-être un peu notre point faible. On pense souvent que studio signifie que l’on fait de l’enregistrement. Puis le mot variété sonne un peu comme variétoche française . Mais pas du tout, on est ouvert à tous les styles de musiques. On travaille avec tout le monde, du rappeur aux groupes de métal, même si le travail n’est forcément pas le même », sourit encore le responsable.

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