La Wallonie manque d'ingénieurs

Depuis de nombreuses années, la Belgique manque cruellement d’ingénieurs et très peu d’étudiants osent entamer des études perçues comme trop exigeantes. Malgré une légère amélioration du nombre d’inscrits lors de la rentrée académique 2012, il est primordial de continuer à promouvoir les métiers et études d’ingénieur.

Une pénurie inquiétante

Le nombre d’étudiants en 1ère bac « ingénieur industriel » en Wallonie-Bruxelles a quelque peu augmenté cette année et se rapproche de celui de 2002-2003. Il est également largement supérieur au nombre historiquement bas de l’année 2006. Néanmoins, très peu d’étudiants rentre en deuxième année bac. Le manque d’ingénieurs disponible sur le marché de l’emploi demeure un problème majeur pour les entreprises belges.

Année académique

Nombre d’inscrits en 1ère bac 

Diplômés Master

2000-2001

1746

711

2001-2002

1574

689

2002-2003

1194

641

2003-2004

1232

725

2004-2005

1099

678

2005-2006

1004

697

2006-2007

981

654

2007-2008

1033

221

2008-2009

1117

432

2009-2010

1093

442

2010-2011

1091

432

2011-2012

1059

447

2012-2013

1190

 

Source : Agoria, Etudes d’ingénieur industriel Wallonie-Bruxelle

Les causes de cette désaffection et ses solutions

Karin Van Loon - directrice de l’Institut Supérieur de Bruxelles (ISIB) - cible deux causes pouvant expliquer un manque d’intérêt pour les métier d’ingénieur. Premièrement, l’apparente difficulté des études peut refreiner certains adolescents à entamer un cursus d’ingénieur :      
« Je pense que les études d’ingénieur sont des études exigeantes qui nécessitent d’être bien préparé au niveau du secondaire ».

Il faut également souligner le fait que certains jeunes n’ont malheureusement pas pu faire des études très poussées lors du secondaire et hésitent à se diriger vers une carrière scientifique : 
« D’autres n’ont pas la chance de faire un parcours qui les pousse suffisamment à réunir les pré-requis nécessaires en mathématiques et en sciences malgré les accompagnements, tutorats et cours préparatoire que nous mettons en place à l’ISIB ».

La deuxième cause s’expliquerait par le fait que le métier d’ingénieur reste pour la plupart méconnu. Pourtant, il existe une multitude de métiers passionnants et innovants, souligne la directrice de l’ISIB : « Les jeunes ont beaucoup de méconnaissances par rapport au métier d’ingénieur. C’est pour cette raison qu’il faut parler de la multitudes des métiers. A côté des exigences théoriques, il y a aussi tout un côté plus pratique voire même ludique dans les études d’ingénieur. »

« Il y a un côté à la fois créatif, ludique et amusant qui est malheureusement méconnu. Ce sont des métiers dynamiques où l’on travaille très souvent en pluridisciplinarité. Lors du 'Printemps des Sciences' ou des journées portes ouvertes, j'essaie de plus en plus d'axer sur le métier en lui-même. Il y a des métiers passionnants et qui évoluent. J'espère pouvoir montrer les facettes agréables du métier et de pouvoir susciter des vocations supplémentaires chez des jeunes qui hésiteraient à surmonter la difficulté des études. »

Robocop Junior

Le manque d’ingénieurs diplômés préoccupent également les fédération et entreprises technologiques (FABI, UFIIB, la Confédération Construction Wallone, Agoria et Essenscia Wallonie) qui se sont associées sous le nom 'Ingénieurs Belges.be' (IB) afin de susciter un maximum de vocation auprès des jeunes. Spécialistes et professionnels se penchent sur différentes solutions pour lutter contre cette pénurie inquiétante comme par exemple Agoria qui préconise de regrouper les instituts et d’officialiser le master en alternance.

Dans la même lignée que Karin Van Loon, les fédérations d’ingénieurs et d’entreprises technologiques tente de susciter un regain d’intérêt auprès des élèves du secondaire. Sur le site web de l’IB - www.ingenieursbelges.be – on retrouve une série de témoignages de professionnels promouvant les études et métiers d’ingénieurs.

A côté d’un salaire attractif, les possibilités d’évolution au sein de l’entreprise sont généralement évoquées. Il est également préconisé d’encourager les enfants et adolescents en proposant des événement et activités ludiques autour des nouvelles technologies comme par exemple le concours 'Robocop Junior', organisé par la VUB. Le grand attrait des jeunes pour les nouvelles technologies doit à juste titre être mis en avant dans une stratégie de communication visant à valoriser les études d’ingénieur.

Texte: Aurélie Ghalim

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