Le baromètre de l’emploi aéronautique au beau fixe

Le secteur aéronautique continue de surfer sur la croissance, dopé pour l’instant par une spirale vertueuse : la hausse du trafic aérien induit la commande de nouveaux avions qui, plus performants, contribuent à baisser les prix des billets… ce qui encourage la demande.

Chez Techspace Aero, on profite à plein régime de cet environnement favorable. L’entreprise liégeoise, qui est spécialisée dans la conception et la fabrication de compresseurs basse pression (un des modules essentiels d’un réacteur d’avion) a doublé son chiffre d’affaires en 5 ans, à 652 millions d’euros. Et l’avenir s’y présente de fort belle manière puisque l’entreprise, qui bientôt s’appellera Safran Aero Boosters (elle est une filiale du groupe français Safran), est partie prenante des nouveaux moteurs qui vont équiper les nouvelles générations d’avions.

Après avoir enregistré des records de production pour le CFM56, qui équipe la totalité des Boeing 737 et la moitié des Airbus A320, Techspace Aero se prépare en effet à la montée en cadence du moteur Leap, qui va équiper les versions modernisées des avions précités. « Un véritable défi industriel, puisque la transition sera effectuée en l’espace de 4 ans », commente Yves Prete, le patron de cette entreprise qui emploie 1.450 personnes. « Tout cela n’est possible qu’en raison de nos investissements massifs en R&D mais aussi en formation : c’est bel et bien dans nos collaborateurs, ingénieurs mais aussi ouvriers puisque nous concevons et fabriquons, que réside notre valeur ajoutée. »

De nouveaux recrutements se profilent donc à l’horizon. « Quelque 140 nouveaux collaborateurs cette année, en partie pour remplacer les départs à la retraite », précise Xavier Naveau, DRH de Techspace Aero qui précise que, désormais, le tiers des effectifs affichent moins de cinq ans d’ancienneté. « Nous changeons à grande vitesse, sur le plan technologique, sur le plan de production : c’est précisément cette appétence pour le changement, en sus de compétences techniques, que nous recherchons. C’est la raison pour laquelle nous sommes très attentifs à la qualité de nos recrutements : une personne qui rentre chez nous passe au moins cinq entretiens de recrutement pour nous permettre de nous assurer qu’elle affiche cette mentalité. »

Du côté de Brussels Airlines, c’est évidemment aussi la croissance des activités qui justifie celle des effectifs. La compagnie aérienne a enregistré une croissance de 13 % du nombre de ses passagers l’an dernier, pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros et, ce qui est significatif dans le secteur du transport aérien soumis à forte concurrence, un bénéfice de 41 millions d’euros.

Dans ce cas, c’est la poursuite de la stratégie engagée depuis plusieurs années, ainsi que l’arrivée de nouveaux avions, qui vont notamment justifier le recrutement de 240 collaborateurs supplémentaires – les effectifs de la compagnie atteignent actuellement 3.600 personnes. Et ce, alors que le secteur aéroportuaire se porte bien également : les trois aéroports de Bruxelles, Liège et Charleroi annoncent régulièrement des chiffres en croissance, et sont eux aussi de gros pourvoyeurs d’emplois.

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