Le Club Méditerranée, un tremplin vers l’emploi

Les deux tiers des jeunes formés dans les villages du Club Med trouvent plus facilement un emploi quand ils quittent l’aventure que la moyenne du marché, révèle une étude interne. Progression professionnelle et développement personnel agissent comme un tremplin. Bonne nouvelle, quand on sait que le Club recrute 6 000 collaborateurs temporaires par an.

GO au Club Med, voilà bien un job qui a fait et fait toujours rêver des générations d’ados en mal de devenir. Comme chacun sait, G et O – prononcez géo – sont les initiales de « gentil organisateur », le terme générique qui désigne le moniteur chargé d’encadrer les GM ou gentils membres, ces vacanciers qui viennent au Club pour qu’on s’occupe d’eux matin, midi et soir – et même jusque tard dans la nuit. Le succès de la série des « Bronzés » n’est pas pour rien dans l’engouement populaire suscité par cette institution jadis très franchouillarde, devenue aujourd’hui un géant mondial du tourisme de masse plus haut de gamme qu’à l’origine.

Géant ? Notre dernière campagne de recrutement en Belgique et en France, voici quelques semaines, portait sur 1 600 jobs à pourvoir pour la seule saison d’hiver, précise Olivier Rozier, directeur des ressources humaines pour l’Europe et l’Afrique. C’est dire s’il y a de la place pour de nouveaux GO et GE – les « gentils employés » sont généralement des collaborateurs locaux et sédentaires, alors que les GO viennent des quatre coins du monde et changent souvent de club d’une saison à l’autre. Entre 5 500 et 6 000 recrutements s’opèrent chaque année.

Il s’agit pour l’essentiel d’emplois temporaires. Six nouvelles recrues sur dix ont entre 18 et 24 ans (et 90 % moins de 30 ans), peu ou pas d’expérience professionnelle et signent pour un CDD de six mois ou d’un an, qui peut être prolongé si tout se passe bien. Peu nombreux sont ceux qui font carrière au Club, même si l’entreprise se targue de compter une majorité d’anciens GO parmi ses cadres et dirigeants. Mais il n’y a pas de postes à responsabilité pour tout le monde. En moyenne, 40 % des jeunes y passent 2 ou 3 saisons, 30 % 4 à 6 saisons et 30 % plus de 7. Mais la plupart sont ravis de cette expérience, dont ils tirent ensuite parti pour décrocher un emploi plus durable.

Un accélérateur de carrière

C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude – la première du genre – que vient de réaliser le Club Méditerranée sur l’employabilité de son personnel. Nous pouvons l’affirmer haut et fort : un passage par le Club développe l’employabilité et facilite ensuite l’insertion sur le marché du travail, poursuit le DRH. Chiffres à l’appui : 64 % des personnes interrogées dans quatre pays européens (1 215 répondants sur 3 500 anciens collaborateurs interrogés) disent avoir décroché un emploi dans les trois mois après leur départ. Et 20 % dans les 3 à 6 mois. En Belgique, le taux d’emploi à 3 mois grimpe même à 68 %. Et dans la moitié des cas, ce sont des CDI.

Mieux que le marché de l’emploi dans son ensemble ? Oui, si l’on considère que les jeunes recrues du Club Med sont en général peu diplômées. Moins de la moitié (42 %) ont un diplôme d’études supérieures d’au moins trois ans. C’est donc que leur passage dans un ou plusieurs villages de la marque au trident leur a donné quelques atouts. C’est ce qu’indique l’étude, confirme Olivier Rozier. Nous leur permettons de progresser professionnellement dans l’exercice d’un métier, à travers la pratique, l’encadrement et la formation ; et plus de 80 % nous disent aussi avoir bénéficié d’un développement personnel, d’avoir acquis de la maturité, de s’être ouvert aux autres et aux autres cultures. Ces deux vecteurs de développement agissent ensuite comme un véritable tremplin vers l’insertion professionnelle. Voire un accélérateur de carrière. 

Pour exercer la centaine de métiers représentés dans cette entreprise pas comme les autres, les candidats doivent montrer des aptitudes plus que des compétences ou des qualifications, poursuit le DRH – à quelques exceptions près. Sens du service, capacité à créer du lien, ouverture aux autres, convivialité, enthousiasme et joie de vivre sont les ingrédients de base. Le talent est un plus, tout comme le sens de la fête. Quant au métier, il s’apprend ou se perfectionne sur le terrain, grâce aux multiples dispositifs de formation dont dispose le Club Med. Jusqu’à sa propre académie.

Si l’expérience vous tente, sachez encore une chose : en tant que Belge, vous bénéficiez d’un atout, à en croire Olivier Rozier : Dites bien à vos lecteurs que les Belges qui nous rejoignent font de très bons GOet de très belles carrières. Car ils baignent plus qu’ailleurs dans la multiculturalité et montrent une appétence particulière à l’ouverture aux autres. La Belgique est un marché très important pour notre recrutement. 

67 %

des répondants (70 % des Belges) disent avoir appris au moins une seconde langue durant leur passage au Club Med ; 42 % ont appris un nouveau métier et 55 % ont bénéficié d’au moins une formation sur les techniques métiers et/ou le management.

54 %

des anciens GO ont plus de responsabilités dans leur nouvel emploi qu’auparavant et estiment donc avoir progressé sur le plan professionnel ; 30 % ont même accédé au statut de cadre. En Belgique, le chiffre est de 38 %.

40 %

des collaborateurs placent « la gentillesse des équipes et la multiculturalité » en tête de leur attachement au Club ; suivent « le partage de moments inoubliables » (35 %) et « le lien avec son métier ou sa passion » (25 %). C’est sûr, au Club Med, « le bonheur, c’est maintenant ! »

Texte : PhB

 

Retour à la liste