Le défi du siècle... et d’une vie (professionnelle)

Rédigé par: Benoit July
Date de publication: 22 avr. 2022

Cover Bertrand Piccard & Kadri

Sous le mantra « Transition écologique : l’opportunité économique du siècle ? », Références et la Louvain School of Management ont braqué les projecteurs sur la manière dont les jeunes peuvent contribuer à l’émergence d’une économie plus durable. Et trouver un sens à leur engagement professionnel.

Une salle comble et des orateurs de choix : le débat porté par Références et la Louvain School of Management (UCLouvain) sur le thème de la transition écologique, le 28 mars dernier, a fait mouche. Et pour cause : l’urgence de la transition se fait chaque jour plus pressante, et l’impatience de celles et ceux qui veulent œuvrer à une économie plus durable n’en est que plus forte.

Des solutions rentables et durables

Challengés par des étudiants et des activistes du climat, Bertrand Piccard, fondateur de la Fondation Solar Impulse, et Ilham Kadri, à la tête du géant de la chimie belge Solvay, en ont profité pour porter leur conviction : une croissance plus qualitative est non seulement possible, mais elle est à portée de main. Ou, du moins, pourrait l’être…

« Des solutions rentables, qui permettent de diminuer le gaspillage des ressources et d’économiser l’énergie, existent déjà: il faut absolument maintenir la pression, sur les entreprises, sur les politiques, pour qu’elles soient adoptées au plus vite», affirme celui qui a fait le tour du monde en ballon et en avion solaire, et dont la fondation a déjà identifié et labellisé plus d’un millier d’entreprises porteuses de solutions. Comme 4Inch, active dans l’optimisation des systèmes de chauffage, Back2Buzz, qui reconditionne des milliers de téléphones chaque année, Shayp, qui optimise les circuits de distribution d’eau, ou encore Tapio, dont le logiciel aide les entreprises à monitorer leurs objectifs climatiques.

« Si on reste dans notre schéma de pensée actuel, les choses ne changeront jamais. Aujourd’hui, on a besoin de présenter aux citoyens une vision des choses différente », assure Chloé Mikolajczak, appelée à porter la voix des activistes du climat lors du débat. « On a besoin d’acteurs qui viennent de tous les côtés et qui agissent. »

« J’appartiens à la dernière génération de leaders qui est encore en capacité de poser des choix durables, inclusifs, qui vont permettre de léguer une meilleure planète, de meilleures sociétés aux générations futures », embraie Ilham Kadri, qui appuie ses dires sur le succès de la transformation de Solvay, engagé dans une stratégie « One Planet » visant à la fois à développer les matériaux du futur et à rendre possible leur recyclage à grande échelle une fois qu’ils seront 8parvenus en fin de vie.

Les collaborateurs ont la main

« Pour exécuter une stratégie inclusive de la durabilité et la circularité, il faut la bonne culture – et celle-ci est avant tout dans les mains de tous nos collaborateurs », affirme-t-elle. « Ce sont eux qui lui donnent vie, ce sont eux qui engagent le groupe, de manière inclusive, dans la transition climatique. »

Les collaborateurs, précisément, sont effectivement au cœur des enjeux. C’est pourquoi « il nous a semblé important que Références puisse créer un échange et un débat autour de la gestion des enjeux climatiques au sein des entreprises », commente Derek d’Ursel, directeur de Références. « Avec Ilham Kadri et Bertrand Piccard, nous avons décidé d’essayer de mobiliser et d’inspirer des vocations parmi les jeunes. Ce sont eux qui construiront les entreprises de demain, tout en cherchant à donner du sens à leur engagement professionnel. »

Du sens à un engagement

Des jeunes qui, comme le confirme Per Agrell, doyen de la Louvain School of Management, n’hésitent plus à challenger à la fois l’enseignement qui leur est donné, mais aussi les entreprises qui se pressent pour les recruter. « Les étudiants veulent comprendre la mission de l’entreprise ou de l’organisation, sa raison d’être, sa valeur ajoutée pour eux-mêmes et pour la société », constate-t-il. « Ils sont d’autant moins prêts à accepter n’importe quel emploi qu’ils ont envie de pouvoir changer les choses et valoriser leur contribution… »