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Le grand court-circuit

Rédigé par: Christophe Lo Giudice
Date de publication: 19 déc. 2022
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S’ouvrir à la diversité, c’est aussi, pour un comité de direction, accepter de se confronter au regard de la jeune génération. Á la RTBF, le Turfu, organe composé de 5 volontaires, a pour mission de proposer des sujets de réflexion et d’émettre des avis. Sans tabous.   

Turfu
Yasmine Ghazouane, chargée de marketing Nouvelles Générations, Nicolas Koussa, producteur pour les thématiques Info-Sports et Culture & Musique et Hugo Ortiz, Innovation Officer.

« Quand je suis entré au Turfu, j’étais Community Manager, confie Nicolas Koussa, aujourd’hui producteur pour les thématiques Info-Sports et Culture & Musique. Jamais dans mes fonctions je n’aurais eu l’occasion de discuter avec les membres de la direction et, encore moins, de leur dire ce que je pense. » Le Turfu, ce sont 5 collaborateurs de la RTBF ayant moins de 8 ans de contrat. Il est en partie renouvelé chaque année. Chaque membre y participe durant 2 ans. Chargée de marketing Nouvelles Générations, Yasmine Ghazouane vient d’y faire son entrée. « Je le vois comme un espace unique pour rencontrer des collègues d’autres horizons. La RTBF emploie 2.000 personnes et se confronter aux réalités des autres est hyper enrichissant. »

Participer au Turfu, c’est aussi se mettre un peu en danger, tout en assouvissant une envie de comprendre le contexte dans lequel on évolue, appuie Hugo Ortiz, Innovation Officer. « Il est facile, dans une grande entreprise, de se cantonner à son département, à son équipe. Toucher à des sujets sur lesquels on n’est pas habitué à travailler oblige à prendre de la hauteur. » Ces sujets, toujours à l’initiative des membres du Turfu mais validés par le comité de direction, peuvent être très variés. En témoigne la quinzaine d’avis émis depuis sa création : le télétravail post-Covid, la qualité, la direction artistique… « J’appelle ça le grand court-circuit, ajoute-t-il. Quand des profils comme les nôtres présentent les avis aux 7 membres de la direction, nous court-circuitons au moins deux à trois niveaux hiérarchiques. Une expérience enrichissante, et qui semble l’être pour les deux parties. » 

Les membres du Turfu en sont convaincus : « Les avis que nous rendons, s’ils étaient donnés par des départements ou des équipes homogènes, seraient complètement différents. Le fait de venir de tous les horizons amène de la transversalité. Parfois, quand nous rédigeons nos avis, nous avons l’impression de mettre sur papier des évidences, avec l’inquiétude qu’on attend mieux de nous. Or, le retour que nous en recevons est toujours positif. Voir une réalité sous un autre prisme révèle que l’évidence n’est pas la même pour tous et enrichit la qualité des discussions, et donc aussi des décisions. »