Le premier job de Stromae

Élu Bruxellois de l'année en 2010, récompensé entre autres par une Victoire de la musique, Stromae, de son vrai nom Paul Van Haver, a cartonné avec son premier album Cheese. Il s'apprête aujourd'hui à sortir un deuxième opus plutôt prometteur si l'on se fie aux deux premiers extraits, Papaoutai et Formidable (découvrez son CV).

Ses premiers jobs avant la musique l'ont marqué, surtout sur le plan humain. Il nous raconte.

Mon premier emploi

"Mon tout premier job d'étudiant m'a assez remué : je devais avoir 16 ou 17 ans, c'était au service Contentieux de la BBL (devenue ING) et j'avais obtenu une place pour un mois, grâce à mon frère qui travaillait là.

Moi, je faisais un job administratif, mais je vivais en direct les coups de fil des employés chargés de récupérer les traites impayées. C'était assez interpellant de voir les deux côtés d'une même réalité : une banque qui veut récupérer ce qu'elle a prêté et des gens qui n'arrivent plus à payer.

Après mes humanités, j'ai travaillé une année au Quick parce que je voulais me payer une école supérieure, comme l'IAD ou l'Insas. J'ai aussi travaillé comme animateur au domaine provincial à Huizingen pendant plusieurs étés."

Mon premier salaire

"À la BBL j'ai dû gagner environ 1 000 euros : c'était la fête. Je me rappelle que je me suis acheté des fringues. Et puis, ça m'a servi d'argent de poche pendant des mois, car ma mère nous élevait seule et elle n'avait pas énormément à nous filer pour les sorties, les cinés. L'argent du Quick, je l'ai investi dans l'enregistrement d'un maxi de quatre titres."

Mes premiers acquis

"Ces premiers jobs m'ont servi à apprendre la valeur de l'argent, même si ma mère nous avait très tôt mis face à ces réalités. Ça m'a aussi appris à la fermer : si tu veux garder un job, ça peut servir. À côté de ça, je faisais de la musique. La nuit, jusqu'à 3-4 h du matin. J'ai commencé l'académie vers 11 ans : ma mère nous y avait tous inscrits.

C'est à l'Inraci en section cinéma où j'avais choisi le " son " que tout s'est accéléré, avec des stages chez des professionnels qui m'ont beaucoup appris comme Michel Huon ou mon actuel ingé son, Lionel Capouillet, du studio Indiair, ou encore chez NRJ où ils ont passé mon titre Alors on danse sur les ondes. En fait, j'ai eu la chance de ne pas avoir le temps de commencer à travailler."

Ma fin de carrière rêvée

"Merci de me la souhaiter déjà ! Plus sérieusement, ce que j'aimerais, c'est que si je cesse de faire de la musique, ce soit parce que je l'ai décidé et pas parce que je n'ai plus de public. Ce qui ne va pas m'empêcher de faire la musique que j'ai dans la tête et non des albums formatés."

Mes conseils aux plus jeunes

"Si vous vous lancez dans la musique pour gagner beaucoup d'argent, croyez-moi, changez de secteur. Ce qui peut permettre de durer, c'est de faire ce qu'on aime et ne pas courir après la notoriété."

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