Le salaire des jeunes ingénieurs tend à plafonner

Publié : jeudi 2 février 2017

Ce n’est un secret pour personne : les entreprises recherchent, parfois désespérément, des ingénieurs. Au point que plusieurs fédérations sectorielles directement concernées multiplient les initiatives pour les inciter à s’engager dans ces études, certes réputées exigeantes, mais menant à coup sûr à l’emploi et offrant une rémunération attrayante.

Mais est-ce vraiment le cas ? Les résultats de l’enquête de la Fabi (la fédération des ingénieurs civils et des bio-ingénieurs) relative aux jeunes ingénieurs diplômés en 2015 donnent une image un peu plus contrastée. Non pas que les portes de l’emploi se soient refermées, mais sans doute s’ouvrent-elles un peu moins vite, ou un peu moins grand, que ce que l’on aurait pu anticiper.

D’une part, on constate que le taux d’occupation global de ces ingénieurs (sur un échantillon de 177 diplômés) s’élève à 72 %, ce résultat excluant celles et ceux qui ont décidé de poursuivre des études complémentaires. Mais il existe une différence sensible entre ingénieurs civils, dont le taux d’occupation dépassait les 80 % six mois après l’obtention de leur diplôme, et les bio-ingénieurs, dont le taux d’occupation n’atteignait pas 60 %. D’autre part, il apparaît qu’un premier travail de chercheur ou de doctorant est un débouché assez fréquent, en particulier pour les bio-ingénieurs (12 sur 36 sont dans ce cas, alors qu’ils sont 12 également mais sur 92 du côté des ingénieurs civils).

S’agissant du type de contrat, les ingénieurs, hors chercheurs et doctorants, restent prioritairement recrutés dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée (CDI), quelque 57 % d’entre eux étant dans ce cas. « Retenons qu’un ingénieur sur deux, travaillant hors université, commence sa vie professionnelle avec un CDI », résume-t-on à la Fabi, étant entendu que dans ce cas encore ce sont les ingénieurs civils qui bénéficient des conditions d’entrée les plus favorables (61,3 % de CDI).

« Assurer un revenu attractif »

Et qu’en est-il du salaire ? Le nombre de réponses exploitables étant plus réduit (71 personnes au total), les résultats sont davantage entachés d’incertitude. Il n’empêche que les réponses semblent relativement comparables entre ingénieurs civils et bio-ingénieurs, qui se rejoignent donc sur ce point. A savoir : entre 2.240 euros par mois pour le quartile inférieur et 3.125 euros pour le quartile supérieur, la médiane étant de l’ordre de 2.800 euros.µ

C’est dans ce contexte que la Fabi émet sa propre recommandation pour les ingénieurs débutants. « Les employeurs doivent assurer un revenu attractif aux jeunes ingénieurs et motiver ainsi les élèves de l’enseignement secondaire à s’engager dans de telles études difficiles, plaide la fédération. A défaut, la promotion des études d’ingénieurs restera au stade d’un vœu pieux et la pénurie en acteurs de base essentiels au développement technique, scientifique et économique du pays s’accentuera. »

Derrière ce plaidoyer se cache une réalité : nombre d’ingénieurs sont désormais recrutés en deçà de cette recommandation, que certains employeurs estiment trop élevée en raison notamment du fait qu’un jeune ingénieur coûte encore, en début de carrière, en frais de formation afin de le préparer aux exigences du métier. En l’état, cette recommandation s’élève désormais à « 41.230 euros brut par an, augmentés des avantages extralégaux (assurance hospitalisation, chèques-repas, voiture de société, par exemple, NDLR) estimés à un minimum de 4.050 euros net. » Traduite en rémunération mensuelle, cette recommandation équivaut à 2.960 euros payés 13,92 fois par an ou 3.190 euros payés 12,92 fois par an. « Ce montant annuel ne tient pas compte d’éventuelles gratifications dont les montants varient en fonction des mérites personnels ainsi que des résultats de l’entreprise. 

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