Le 'Salary & Benefits Guide' de Robert Half

 

Les profils financiers surfent sur une vague porteuse

LA DEMANDE reste forte pour les profils comptables, bancaires et financiers. Surtout s'ils sont spécialisés.

Portées par diverses tendances lourdes, comme le renforcement des contraintes de transparence et de gestion des risques, les fonctions à  orientation financière ont le vent en poupe. " L'incertitude sur l'évolution de la croissance économique n'a pour l'heure que peu d'impact sur l'importante demande de profils financiers et comptables ", relève- t-on chez Robert Half qui publie les résultats de son Salary & Benefits Guide.

En moyenne, cependant, l'évolution salariale n'est pas impressionnante : une hausse globale de 4 % sur l'année écoulée et de 6 % sur les deux dernières années, les grands pôles économiques du pays que sont Bruxelles et Anvers continuant d'offrir des rémunérations parfois supérieures de 10 % au reste du pays.

" Les spécialistes de l'audit interne et de la consolidation sont ceux qui bénéficient des salaires les plus élevés ", précise Joà«l Poilvache, directeur chez Robert Half qui y voit notamment un effet de la pression importante exercée par les " Big 4 ", dans l'audit, sur le marché de l'emploi.

À noter la présence, parmi les principaux bénéficiaires, des auditeurs internes, des consolideurs, des spécialistes de la trésorerie ou de la fiscalité. Pour les profils comptables, ce sont surtout les " accounting managers " et les " senior accountants " qui bénéficient de la conjoncture, tout simplement parce que ces profils sont rares.

Par le biais d'un sondage réalisé auprès de 2.151 répondants, Robert Half a complété les données purement salariales issues de sa connaissance du marché par une évaluation des primes et avantages extralégaux perçus par les profils concernés. " Ce sondage fait apparaître que ces avantages représentent au maximum 25 % de la masse salariale ", commente Chris Leyssens, directrice. " La grande majorité des répondants (78 %) bénéficient d'un portefeuille fixe, 22 % à  peine des bénéficiaires pouvant opérer un choix dans un plan cafétéria. "

La prime est prisée

Sans surprise, l'assurance-groupe (58 %), l'assurance hospitalisation (51 %) et les chèques-repas (48 %) sont les avantages les plus couramment octroyés. Viennent ensuite la voiture de société (37 %), les ordinateurs portables, les primes, les téléphones portables, les horaires flexibles et les jours de congé supplémentaires. Notons, cependant, que les bénéficiaires d'un plan cafétéria donnent une autre hiérarchisation, la voiture de société étant chez eux l'avantage préféré (45 %).

" Dans la plupart des cas, les avantages n'ont pas sensiblement évolué au cours des deux dernières années, précise-t-on chez Robert Half. Dans les entreprises où ils ont augmenté, c'est essentiellement la prime variable qui fut utilisée."

Mais quand profite-t-on de ces accroissements ? Le moment idéal est celui du changement d'employeur ou de fonction, qui permet d'engager une négociation. " Ce sont ces employés “mobiles” qui tirent, de manière sensible, la moyenne salariale vers le haut ", souligne Joà«l Poilvache qui constate, dans ce cadre, que l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée devient un facteur déterminant pour emporter la décision d'un collaborateur de changer d'employeur.

" La zone de tension entre les besoins des entreprises et la nécessité pour les employés de maintenir cet équilibre ne cesse de s'élargir. Les entreprises en sont d'autant plus conscientes que certaines fonctions, à  haute responsabilité, sont effectivement génératrices d'un stress important. " Notons enfin que les entreprises confrontées à  la difficulté de se " staffer " hésiteraient de moins à  moins à  recourir à  des profils spécialisés de manière temporaire, dans le cadre de projets bien déterminés.

â–  BENOàŽT JULY
(source : références)

Les effets de la crise du subprime se font déjà  senti

Danielle Sougné Professeur en Finances à  HEC, Business School de l'ULG

Nos étudiants en gestion ayant choisi une orientation financière, notamment ceux qui suivent notre master complémentaire en gestion des risques financiers, sont très sollicités par les entreprises depuis plusieurs années, et force est de constater que ce mouvement s'amplifie ces derniers mois. Tout ce qui touche à  la transparence financière, à  la régularité des comptes, au contrôle interne, à  la gestion des risques, a le vent en poupe. C'est une tendance lourde qui est liée notamment aux accords de " Bâle II " mais que l'on peut aussi inscrire, plus récemment, parmi les premiers effets de la crise du subprime. Les sociétés d'audit se montrent très actives sur les campus, tout comme les banques, les sociétés de consultance, entre autres. C'est donc tout bénéfice pour nos étudiants, qui peuvent effectivement compter sur un bon salaire de départ, mais n'en perdent pas pour autant leurs repères. Ce qui les intéresse avant tout, ce sont les perspectives de carrière et la possibilité qui leur sera accordée de poursuivre leur formation dans le cadre de leurs premières fonctions. À cet égard, l'image et la réputation de l'employeur restent déterminantes à  leurs yeux. À l'inverse, les PME ne constituent pas souvent leur premier choix, bien que de telles entreprises puissent elles aussi offrir des jobs très intéressants.

C'est la spécialité qui est recherchée et bien rémunérée

Andy Rogiest Institute of Management Accountants & Controllers

Je partage le constat relatif à  une demande croissante des entreprises vis-à -vis de profils financiers, pour autant cependant qu'ils soient spécialisés. Beaucoup d'entreprises cherchent aujourd'hui davantage qu'un " simple comptable ". Elles souhaitent pouvoir compter sur des techniciens expérimentés, susceptibles de leur apporter la valeur ajoutée qu'elles recherchent dans des métiers fort prisés comme la gestion des risques ou le contrôle de gestion qui ont acquis, dans l'environnement actuel, une dimension véritablement stratégique. C'est d'ailleurs ce qui explique que les collaborateurs, dans de telles fonctions, soient régulièrement sous tension... justifiant peut-être l'importance accordée à  la conciliation entre vie professionnelle et vie privée quand ils se décident à  changer d'employeur, comme le relève cette enquête. Quant aux salaires perçus, ils peuvent effectivement être très élevés mais ne concernent cependant pas la totalité des profils financiers. Une fois encore, c'est la spécialisation qui est recherchée et d'autant plus récompensée qu'elle est relativement rare. Certaines entreprises paient plusieurs centaines d'euros par jour pour obtenir les services de spécialistes externes, dès lors qu'elles ne parviennent pas à  les recruter en bonne et due forme dans leur effectif, en raison de l'étroitesse du marché.

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