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Le sport peut-il prévenir le burnout ?

Rédigé par: Magali Duqué
Date de publication: 18 janv. 2024
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L'évolution rapide des conditions économiques, environnementales et géopolitiques, l’arrivée de technologies révolutionnaires avec l’intelligence artificielle, le tout associé à un rythme de vie effréné, ont fait de la santé mentale un sujet de préoccupation majeure pour de nombreux Belges. Afin de mieux comprendre la situation actuelle et d'explorer les solutions possibles, le Dr. Caroline Depuydt*, psychiatre de renom, apporte un éclairage précieux sur les tendances actuelles en matière de santé mentale et les voies à suivre pour améliorer le bien-être psychologique.
Sport et burnout
Un mal-être passager peut évoluer vers un trouble mental en fonction de son intensité, de son impact sur le quotidien, de sa durée et de la combinaison de symptômes. Les dernières statistiques de l'INAMI sont éloquentes : le burnout est en tête de liste parmi les problèmes mentaux en augmentation, avec une hausse de 46 % des cas de burnout et de dépression à long terme. Les personnes âgées de 50 à 64 ans demeurent les plus touchées, mais la croissance la plus marquée concerne les travailleurs indépendants âgés de 25 à 39 ans, avec une augmentation de 151 % sur les 5 dernières années.

Les différentes causes du stress
Les problèmes de santé mentale sont multifactoriels, résultant de l'interaction entre de nombreux facteurs génétiques, biologiques, développementaux, psychologiques, sociaux, ainsi que des éléments liés au mode de vie et au stress. Caroline Depuydt souligne que les facteurs déclencheurs varient, allant de la maladie à l’accident ou au décès d'un proche, au stress au travail et à l'isolement social. Parfois un événement mineur vient réveiller un ancien traumatisme et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans un contexte sous tension permanente.

Une vision holistique
Les approches psycho-corporelles connaissent un essor remarquable. Elles associent la psychothérapie à la méditation de pleine conscience, et des activités physiques telles que le yoga ou le pilates. Ces thérapies reconnaissent l'importance de l'équilibre entre le corps et l'esprit, en incluant des aspects tels que l'alimentation et le sommeil dans le maintien du bien-être mental. Caroline Depuydt insiste sur l'impact positif de l'activité physique sur la santé mentale. La pratique régulière de l'exercice influence la concentration, diminue le stress et l'anxiété, améliore l'humeur et favorise un sommeil de meilleure qualité. Elle recommande également de prendre soin de soi, en s'autorisant des moments de pause et de récupération. Mais l'une des leçons les plus précieuses de cette experte est celle de la bienveillance envers soi-même : « Point n'est besoin de trop en faire pour bien faire. Nous faisons tous de notre mieux, et c'est déjà beaucoup ! ». Il est primordial de choisir ce qui procure du bien-être, que ce soit une pratique sportive intensive ou la méditation, et de le faire régulièrement, en laissant de côté, sans culpabilité, ce que l'on n'apprécie pas. Et son emploi du temps chargé… en se mettant des rendez-vous avec soi-même dans l’agenda ? Stacy Jacques, Wellbeing Manager à l’Aspria Avenue Louise, complète ce message par la notion essentielle du plaisir : « Pratiquer un sport doit être avant tout motivé par le fait de se faire du bien. Le sport est en quelque sorte un voyage vers un équilibre entre le bien-être physique et le bien-être mental. » Et il n’est pas le seul à être persuadé. Une étude récente menée par la University of South Australia et publiée dans le British Journal of Sports Medicine démontre que l’activité physique entraîne une réduction de 43% des symptômes liés à des problèmes de santé mentale. Et si c’était le meilleur médicament ?

*Dr Caroline Depuydt, psychiatre, directrice médicale adjointe à Espsylon (anciennement La Ramée et Fond’Roy) est également l’auteur de « Bien dans ma tête grâce aux neurosciences » et « J’arrête d’en faire trop ! ».