Le train: "T’es au courant que la directrice s’en va ?"

Tous les matins, du lundi au vendredi, c'est le même rituel : rendez-vous à  7 h au bout du quai, dernier wagon, avant-dernières banquettes de quatre. Direction Bruxelles pour Patricia, Pénélope, Marjorie, Céline et Sabine. Comme tous les jours depuis plus de cinq ans maintenant.

Certaines sont collègues, d'autres non. Certaines se connaissent depuis l'école, d'autres se sont rencontrées dans le train. À force de se croiser, elles ont fini par sympathiser. Puis par faire connaissance avec la " première banquette ", un groupe de banquiers-navetteurs. Tout l'arrière du wagon se connaît désormais. On y fête les anniversaires, on affronte la mauvaise humeur de ceux qui ont eu du mal à  quitter leur lit, on organise parfois des soupers entre " filles du train ", on parle de sa vie, des enfants, du mari... Et, inévitablement, de boulot aussi. Le sujet de conversation ce matin-là  : " - Tiens, tu es au courant que la directrice va bientôt partir ? - Ouais, il paraît qu'elle va se marier et qu'elle a décidé de s'en aller ! "

Près de 360 000 personnes font chaque jour la navette vers Bruxelles pour se rendre au travail. Sans parler de tous ceux qui boulottent dans une autre grande ville belge, mais qui n'y vivent pas. Pour beaucoup, le train peut donc devenir un lieu stratégique, où l'on rencontre ses collègues dans un cadre moins formel et où l'on n'a finalement pas grand-chose d'autre à  faire que de discuter. Mais toujours en jetant un rapide coup d'œil prudent autour de soi avant de lancer le dernier ragot : on ne sait jamais qu'une paire d'oreilles indésirable ferait également partie du voyage...

 

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