Le travail à domicile peut coûter cher à l’entreprise

Travailler chez soi ? Cette tendance séduit de plus en plus de travailleurs effrayés par les embouteillages ou d'employeurs qui souhaitent réduire leurs dépenses en matière d’infrastructures. Mais pour ces derniers, ce choix peut s'avérer à double tranchant.

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En présentant le nouveau guide de Randstad sur le Travail qu’il a écrit, Filip Tilleman a mis en garde les entreprises face aux frais inattendus que ce type d'organisation peut engendrer. Le spécialiste du droit du travail juge que « sans convention clairement établie » , le travail à domicile pouvait « coûter cher à l’entreprise si le remboursement des frais, établi forfaitairement à 10% du salaire, est exigé par la suite. »

Il recommande d’apporter un addendum aux contrats de ceux qui travaillent à domicile. Cet accord devrait établir avec précision le cadre de l'activité de l’employé à son domicile et reprendre, notamment, les différents frais d'énergie engendrés par la présence du travailleur à son domicile. Une question d’actualité, car selon le SPF économie, le nombre de travailleurs à domicile a augmenté de 20 % ces cinq dernières années.

L'absentéisme : « lutter contre les abus »

L’avocat a également présenté les différentes actualités liées au monde du travail, dont l’entrée en vigueur du statut unique ouvriers-employés a impliqué la suppression des jours de carence pour ces premiers. Ce qui s’est traduit par une hausse de 10 % de l’absentéisme chez les ouvriers dans certaines entreprises, selon Filip Tilleman. Il pousse ensuite ces entreprises à lutter activement contre le « faux absentéisme » via des mesures contraignantes (mise en demeure, licenciement pour motif grave,...) et des stimuli positifs (trajet de réintégration, adaptation des tâches selon le profil du travailleur,...). Il souligne enfin le rôle-clé du médecin dans le processus de lutte contre cette problématique.

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Hausse des discriminations

Que ce soit pour l’embauche ou le licenciement, les discriminations ont toujours autant la peau dure en entreprise pour l’avocat. Selon ce dernier, ces discriminations passeraient principalement par le critère de l’âge. S’il reconnaît que la sensibilisation à ce niveau est bien pensée, il regrette le flou législatif qui persiste autour des notions de discrimination. Que ce soit pour leur interprétation souvent trop large, le fait que les discriminations indirectes ne sont pas prises en compte et que sous le regard de cette insécurité juridique, chaque décision des ressources humaines peut être attaquée.

> Voir aussi : Avez-vous déjà été victime de discrimination ?

Enfin, l’avocat a tenu à épingler le nombre de commissions paritaires - plus de 300 - qu’il juge beaucoup trop élevé ou encore la robotisation de l’emploi et ses conséquences sur la vie privée et la sécurité sociale.

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