Le travail rend plus heureux que les vacances

Face à une petite baisse de régime, 'rien de tel qu'une petite semaine de congé', pensez-vous. Et bien non: contre toute attente, le travail rendrait plus heureux que les vacances. Pour retrouver la forme, le remède est donc de rester au bureau.

Selon une étude menée par le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihaly, 66% des gens ciblés se déclaraient heureux au travail, mais ils n'étaient que 22% à  éprouver ce sentiment pendant leur temps libre. Des chiffres difficiles à croire quand l'on sait que notre travail, aussi intéressant soit-il, nous prive quand même d'un temps précieux que l'on pourrait plutôt consacrer à  notre famille, à  nos amis et à  nos passe-temps, des activités censées nous apporter bonheur et plénitude.

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Paradoxe: oisiveté vs. sentiment d'utilité

C'est un véritable paradoxe : lorsque nous sommes au bureau, la journée de travail semble durer indéfiniment et nous fixons désespérément l'horloge murale dans l'espoir de voir les aiguilles afficher plus rapidement l'heure de plier bagages et de rentrer à la maison. Et pourtant, notre activité professionnelle nous donne un sentiment d'accomplissement et d'utilité qui nous comblerait davantage que nos occupations pendant notre temps libre. C'est pourquoi, aussi séduisante l'idée d'oisiveté soit-elle, notre sentiment de bonheur diminue lorsque nous ne travaillons pas

Animal heureux en troupeau

Les études sont en effet sans appel : les gens sans emploi sont moins heureux que les salariés. Et l'absence de revenu n'est pas la seule cause à  cette différence. Jolet Plomp, psychologue du travail, fournit en effet une autre raison: 'les êtres humains sont des animaux de groupe', dit-il. Accomplir des tâches et remplir des missions, souvent en partageant avec des collègues un objectif commun dans l'intérêt général de l'entreprise, nous donne un sentiment d'appartenance à un groupe et nous permet de nous sentir plus épanouis. 'Le travail donne une structure à  notre vie, nous permet d'exploiter nos talents, de nous développer. C'est une façon de former notre identité,' précise Jolet Plomp.

Et c'est vrai. Nous sommes reconnus comme membre de la société au travers de ce que nous faisons. A chaque rencontre au moindre événement social sera posée la question fatidique : 'Et toi, tu fais quoi dans la vie?' Pouvoir y apporter une réponse nous confirme que nous faisons partie du groupe, que nous avons une utilité, un rôle à  jouer dans la communauté.

> Voir aussi : Devez-vous rester joignable pendant vos vacances ?

L'autonomie au boulot plus épanouissante

Naturellement, la nature de notre travail n'est pas sans importance dans le degré du bonheur qu'il nous apporte. Un emploi où nous pouvons opérer de manière autonome et où l'on est reconnu pour nos accomplissements rendrait plus heureux. Ou, en tout cas, la perte d'un tel emploi rend nettement plus malheureux que la perte d'un job moins gratifiant. Ainsi, 75% des travailleurs satisfaits de leur boulot seraient contents d'y retourner après les vacances, ce qui n'est le cas que de 17% des employés frustrés. 

Danger pour le moral : les neurones en inactivité

Un phénomène neurologique mis en lumière par Nilli Lavie, une neuropsychologue britannique, ne serait également pas étranger à  la surprenante conclusion de l'étude de Mihaly Csikszentmihaly. La scientifique a mené des expériences sur l'effet de la complexité des tâches que l'on accomplit sur notre cerveau. Elle a découvert que seule une tâche assez compliquée, qui sollicite suffisamment nos ressources cérébrales, provoque la production de dopamine, une hormone qui favorise la créativité et nous apporte un sentiment agréable de légère euphorie.

Pour guérir un burn-out ? Continuer à  bosser

Si les vacances sont donc nécessaires pour se reposer et recharger ses batteries, elles ne sont bénéfiques que parce qu'elles constituent des pauses de courte durée. Une interruption plus longue, comme les congés sabbatiques ou les pauses-carrières ont déjà  un effet plus négatif. Les quelques études sur le sujet arrivent toutes à  la même conclusion : la déception est au rendez-vous.  'Les travailleurs qui prennent un congé sabbatique accomplissent au final moins que ce qu'ils avaient prévu, et ont du mal à reprendre le travail par la suite,' explique Jan Auke Walburg, directeur de l'institut Trimbos, un centre de connaissances du bien-être psychologique et mental.

Il pousse même la réflexion plus loin, recommandant la mise au travail comme remède contre le burn-out. 'Dans le cas du burn-out, comme dans celui de la dépression, le travail est un véritable médicament.  Rester à  la maison à ne rien faire est loin d'être un traitement indiqué.' Guérir un ras-le-bol du travail en continuant à  bosser plutôt qu'en passant une semaine à  se reposer sous les palmiers? Voilà  en tout cas une cure au burn-out, problème très présent actuellement, qui n'avait pas encore été envisagée...

Source : Intermediair

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