Les « apps » ont créé 800 000 emplois en Europe

Le jeune marché du développement d’applications mobiles pour smartphone est en ébullition. La Belgique compte 600 développeurs d’applications mobiles. Et le marché croît de 20 % chaque année. Un nouveau sésame pour l’emploi ?

Près de 800 000 emplois en Europe

Petits logiciels, effets macro : cinq ans à peine après l’apparition des premiers apps stores, le nouveau secteur des applications mobiles compte déjà 529 000 emplois directs en Europe (en majorité des développeurs) et a contribué à créer 265 000 emplois indirects dans d’autres domaines, notamment la santé, l’éducation, les médias et le divertissement. C’est ce que révèle une étude publiée par l’Association for Competitive Technology (ACT), une association professionnelle qui défend les intérêts des PME du logiciel. L’industrie des applications pour tablettes et smartphones ferait donc travailler près de 794 000 personnes à travers les 28 pays membres de l’Union européenne. À titre de comparaison, l’industrie de l’aéronautique, autre fleuron de l’économie européenne, emploie à ce jour 730 000 personnes dans les mêmes États. Le marché des applications, en constante augmentation, rapporterait plus de 10 milliards d’euros par an à l’économie européenne. En 2016, le marché européen devrait s’approcher des 15 milliards d’euros.

85 sociétés en Belgique

En Belgique, le monde des développeurs d’applications est pour ainsi dire né en 2010. Il compte aujourd’hui 85 sociétés qui occupent 600 développeurs, soit 200 de plus qu’un an auparavant. Selon Agoria, la fédération du secteur technologique, on assiste à une véritable explosion et un marché qui évolue et se professionnalise à une vitesse vertigineuse. Délais d’accès au marché très réduits, coûts de développement faibles, prix très compétitifs... Le modèle économique des applications est plus souple que celui des logiciels classiques. Résultat : le marché des développeurs d’apps croît de 20 % chaque année.

Un secteur qui se professionnalise

En Belgique, 16 % des développeurs sont des free-lances. Mais le secteur se professionnalise et, à côté des startups (48 %) et des PME, c’est l’arrivée en force des intégrateurs IT que l’on remarque depuis un an, explique Tanguy De Lestré, Business Development Manager chez Agoria. Environ 16 % des développeurs travaillent pour ces intégrateurs IT. S’il a d’abord été l’apanage d’autodidactes, le développement d’applications mobiles est devenu un métier à part entière, exigeant une bonne compréhension des nouvelles technologies, des principes ergonomiques, mais aussi de l’impact que la mobilité a sur les processus métier. Le mobile crée un nouvel écosystème au sein des entreprises. Selon Google, 60 % des Belges utiliseront des smartphones en 2014. C’est ce qui explique ces nouveaux besoins d’intégration, confie Tanguy De Lestré. En l’espace de deux ans, la gamme des métiers liés aux apps s’est largement diversifiée. Développeurs iOS et Android, ergonomes, graphistes, consultants en stratégie mobile, architectes réseaux, device managers, responsables sécurité… Mais le nerf de la guerre reste le développement d’applications, insiste Tanguy De Lestré. Du coup, beaucoup de développeurs qui étaient spécialisés dans le Flash ou le Java s’orientent désormais vers le mobile.

Un secteur d'avenir

Ces profils sont très rares et il est presque impossible de trouver quelqu’un avec plus de cinq ans d’expérience sur les plateformes mobiles, observe Claude Demoulin, Managing Director d’Afelio. Cette startup liégeoise, qui fait partie du groupe NRB, a été lancée il y a deux mois. Signe de la santé du secteur : elle compte déjà douze employés et prévoit de créer une cinquantaine de nouveaux emplois d’ici cinq ans. Nous recrutons des bacheliers et des masters en informatique, mais aussi en économie de gestion, détaille Claude Demoulin. D’autres intégrateurs comme Cegeka ou Cronos Mobile recrutent également. Reste que le passage par la case « formation » est toujours indispensable, tant les innovations sont rapides. La société Into The Web a par exemple décidé d’engager systématiquement ses stagiaires. Comme ça, ils sont déjà formés, explique le propriétaire, Anthony Heukmes. Le problème de ce nouveau métier, c’est que soit on prend le temps de former quelqu’un, soit on sous-traite.

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